La kundalini (3)

Publié le 11 Janvier 2013

La kundalini (3)

Je continuais mes méditations quotidiennes, la kundalini m'ouvrait à de nouvelles expériences. Dans certaines méditations, je rencontrais des êtres de toutes sortes. Par exemple, une fois, deux têtes de bouddha sont apparues sur l'écran de ma conscience : une de couleur bleue, une autre de couleur verte. Je les fixais lorsque le bouddha vert me lança un rayon de couleur verte qui me toucha au milieu du front, entre les sourcils. Puis ils disparurent.

Une autre fois, un être de feu vint me voir. Il avait une allure de personnage de manga, et ressemblait à un jeune adolescent à la chevelure un peu folle. Son "costume" était de couleur jaune et rouge, et il émanait de lui une aura dans les mêmes couleurs. Elle était mouvante comme une flamme, dans les mêmes tons, c'est assez difficile à décrire. Il était apparu de façon très soudaine, très joueuse. Je le fixais quand il me dit "viens avec moi" avec une intonation qui me faisait vraiment penser à un jeune garçon. J'étais prêt à accrocher mon esprit à cet être quand une voix s'éleva de mon coeur et dit : "Dieu sera mon seul Maître". Il disparut d'un coup et pendant quelques temps qui me semblaient très longs, je ne rencontrais plus grand-monde dans les plans subtils.

Par ailleurs, je m'intéressais aux écrits de différents auteurs. Parmi ceux-ci, "l'autobiographie d'un yogi" de Yogananda ou "kundalini et troisième oeil" de Gopi Krishna m'avaient complètement transportés. Les livres de Krishnamurti m'apportaient aussi beaucoup. Je notais plusieurs choses à propos de la lecture. Je ne pouvais plus lire que des expériences humaines intérieures profondes et réelles. Tous les autres types de livres que je pouvais absorber auparavant non seulement n'avaient plus aucun intérêt à mes yeux et davantage, je ressentais comme une grande lourdeur dans la tête. Littéralement, lire des romans (par exemple) me "prenait la tête". J'observais aussi que lorsque je lisais une expérience vécue, j'arrivais à prendre contact avec son essence et sans la vivre moi-même, j'arrivais à percevoir sa source. C'est ainsi par exemple que je percevais ce que Krishnamurti appelait pour lui-même "le processus", cette connaissance n'était pas mentale, Elle nourrissait mon être un peu sous la forme d'une impulsion mais sans se graver dans les souvenirs. Ces lectures n'encombraient pas le mental mais j'en gardais tout de même une imprégnation. Un autre phénomène curieux, je savais à l'avance quelle connaissance j'allais lire. Je me laissais guider par l'intuition pour choisir mes lectures et très fréquemment, je lisais avec le sentiment d'avoir déjà lu le livre, alors que je venais de l'acheter. Ces phénomènes de ressouvenance ou de pré science n'apparaissaient pas que pour la lecture. Certaines situations imrpiment des images qui amènent un sentiment de déjà vu ou de déjà vécu. Bref, j'avais l'impression non seulement de vivre plusieurs vies à la fois, mais aussi de vivre carrément sur un autre plan d'existence.

La kundalini était active en permanence, de jour comme de nuit. Je découvrais que je pouvais l'activer chez certaines personnes sensibles en me concentrant sur celle-ci, ou qu'à l'inverse, d'autres ne supportaient absolument pas ma présence. Mais je ne maîtrisais rien et il fallait parfois ouvrir une fenêtre en grand pour permettre à ces personnes de pouvoir rester dans la même pièce. Il fallait composer avec toutes les possibilités et toutes les personnes avec qui je relationnais. Au travail, ce n'était pas toujours simple à gérer.

Je n'avais pas remarqué de différences flagrantes après ma visite chez le maître tantrique. Toutefois, et je ne savais pas dire si c'était une conséquence de ce que j'avais vécu avec lui, j'avais tout de même observé que mes désirs étaient exacerbés. Je poursuivais les séances de massage qui m'aidaient à intégrer le corps, tout en me procurant un plaisir très au-delà que tout ce que j'avais connu auparavant. Je ne pouvais plus m'en passer. Il y avait quelque chose d'obsédant dans cette démarche, et j'étais profondément dérangé de vivre cette aventure très intime avec quelqu'un qui n'était pas mon épouse. Mais mon vital y trouvait tellement son compte qu'il n'était pas pensable que j'arrête. Or, qui dit désirs exacerbés dit également frustrations exacerbées, car désir et frustration sont les deux faces de la même pièce.

Vu que la kundalini était très active, chaque sensation intérieure était non seulement mise en lumière, mais elle prenait une telle envergure qu'il n'était pas possible de passer à côté ou de la refouler. Ce mécanisme de refoulement, de fuite, ne fonctionnait plus. Je crois même qu'il a disparu au moment de l'activation de la kundalini car depuis ce jour, impossible de refouler quoi que ce soit. Le seul moyen d'être libéré de ce qui remontait était de travailler dessus, de comprendre sa nature, sa source, ce qu'il y avait de caché derrière puis de lâcher prise. Alors le blocage, le noeud libérait une émotion, souvent avec un souvenir et je me retrouvais libre de cette problématique et gagnais un peu plus en disponibilité intérieure. Ce que la kundalini était en train de m'apprendre, c'était le processus d'intégration de la conscience et de connaissance de soi. Ce travail était devenu permanent et je ne pouvais pas y échapper. En même temps, cela me ramenait à la source de ce que j'avais connu adolescent. D'une certaine façon, une boucle était bouclée. La kundalini était l'instrument de connaissance de soi qui me permettait d'affiner ce travail que j'avais commencé à l'adolescence, sauf que je passais d'une connaissance de soi par survie (j'avais compris que vivre avec ses souffrances n'était pas vivre) à une connaissance de soi orientée vers l'évolution spirituelle et l'apprentissage intérieur.

Donc je travaillais sur les frustrations quand elles remontaient mais ce travail dans le vital n'avançait pas vite. J'en avais perçu l'urgence, à la fois pour moi-même, mais aussi parce que d'une façon indirecte, ce que je vivais de plaisir faisait du mal autour de moi. Entre deux séances de massage, les frustrations étaient intenses et difficiles à supporter. Je compensais par une forte activité sexuelle. Lentement se dessinait une dualité flagrante : d'un côté un plaisir que je considérais de plus en plus comme interdit et dont je sentais bien qu'il me tirait vers le bas, de l'autre une envie de pureté, de légèreté et d'élévation dont je sentais l'aspiration par le haut. J'étais coupé en deux, je le sentais dans mon corps comme dans ma conscience. Le milieu se situait au sternum et chaque jour qui passait me faisait voir le travail intérieur comme une conquête de territoire.

Je continuais ma recherche de quelqu'un qui pouvait m'aider à avancer parce que je sentais bien que seul, ce serait très difficile. Internet me permettait de prendre contact avec différentes personnes mais comme je l'ai déjà dit dans un précédent article, je trouvais davantage de théorie et de spéculations que d'expérience réelle. Il suffisait que je pose une ou deux questions pour percevoir si la personne qui me répondait parlait sur la base du vrai ou non, indépendamment de sa réponse que je n'avais d'ailleurs pas besoin de lire. En effet, il suffisait que la personne oriente ses pensées vers moi pour que je la perçoive. Ces phénomènes arrivent régulièrement. Mes perceptions étaient identiques avec la littérature papier. J'ai lu des livres épais qui se sont retrouvés sans intérêt car uniquement basés sur des spéculations et pour moi qui cherchait des réponses, ça ne faisait qu'ajouter aux frustrations déjà présentes.

A peine quelques semaines après avoir totalement abandonné le groupe et le formateur de Reiki, ma recherche allait aboutir à une rencontre qui allait s'avérer capitale dans la suite de mon chemin.

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