connaissance de soi

Publié le 29 Août 2021

La poutre, la paille, l'oeil,...

Parce que la Lumière continue à travailler en profondeur et dans les zones les plus obscures et souvent les plus denses, les structures du moi mettent du temps à se révéler. Il est également nécessaire que certaines situations se mettent en place et permettent plus que d'autres de mettre à jour ces mécanismes et structures enfouis profondément. Car on peut se fuir en permanence, s'occuper le corps et l'esprit de mille façons, on peut s'aliéner à des activités extérieures pour éviter de se confronter à soi-même, mais lorsque l'on se situe dans un chemin de transformation intérieure, chaque circonstance devrait être le support d'un travail sur soi. Mais encore faut-il que ce soit des situations en rapport avec ce qui est à mettre à jour. Vibratoirement parlant, on se met au diapason d'une situation et pas d'une autre, ce qui amène forcément à faire apparaître une partie de soi spécifique, parfois de façon plus exacerbée qu'à d'autres moments. Avec telle personne, il est plus propice de vivre certaines situations qu'avec d'autres. Et c'est ainsi que sur le chemin, on peut rencontrer la personne qui va consciemment ou non mettre à jour telle ou telle partie de soi.

En tout état de cause, ce travail demande de recentrer son énergie dans l'observation et la vigilance et d'être plus présent à soi-même, même lorsque l'on peut être très occupé. Dans cet article, j'aborde certains éléments particuliers de la relation de couple, car c'est à travers cette relation et des situations précises que plusieurs éléments me sont apparus dernièrement, de façon claire et nette.

Il est facile de voir en l'autre ses défauts ou ses failles à partir du moment où l'on est lucide et détaché. Dans le cas où c'est le compagnon ou la compagne qui met en lumière nos manques ou nos défauts, c'est peut-être plus difficile à accepter. Encore faut-il reconnaître en soi ce qui est réel, de ce qui est de l'ordre de la projection de l'autre sur soi. L'inverse est vrai également : reconnaître que l'on projette sur l'autre ses propres structures n'est pas évident mais s'avère nécessaire, pour soi et pour l'autre. Cela demande beaucoup d'humilité.

Car lorsque l'on est impliqué(e) émotionnellement et affectivement dans la relation, entre en jeu un commerce de projections et d'émotions dont il peut être très difficile de savoir ce qui est vrai pour soi, de ce qui est projeté de l'autre sur soi, de ce que l'on projette sur l'autre, tellement nous pouvons être ancrés dans nos croyances, nos schémas de pensées, nos mécanismes hérités de notre éducation, et nos habitudes réciproques, qui se mettent en place le plus souvent à notre insu. On peut être lucide en observant les comportements de l'autre, en les comprenant, ce sera peut-être plus difficile de retourner le regard et de faire ce même travail sur soi. Quoi qu'il en soit, et quels que soient les comportements de l'autre, la première chose est de les accueillir, d'en parler, de les accepter, de les pardonner le cas échéant, surtout lorsqu'ils mettent à jour nos structures, même maladroitement. 

Par exemple, on peut être vu(e) comme le plus beau des anges ou le pire des démons, ça va dépendre des structures de personnalité qui entrent en jeu dans la relation. Pour le coup, il est nécessaire d'avoir un fort discernement et beaucoup d'amour pour accueillir ce que l'autre voit de nous, ou ce qu'il croit voir, et plus loin, pour se remettre en question. On peut répondre aux projections de l'autre, et alors nous pouvons montrer uniquement ce qui l'arrange, quitte à ne montrer qu'une part de nous-même, et d'extérioriser d'autres parts dans d'autres circonstances, plus ou moins partagées avec notre conjoint. Ou alors nous pouvons y résister, et le risque est que ce soit source de conflits et de tensions, chacun essayant de tirer la couverture à soi. Ou alors nous n'osons pas bouger, quitte alors à s'étouffer pour une sécurité relative ou pour maintenir une situation qui arrange les deux parties. Il est donc important de déterminer quelles sont les mécanismes qui agissent de part et d'autre, et de reconnaître ce qui est vrai de ce qui est projection. Cela peut parfois être vraiment complexe tellement il peut y avoir d'entrelacs.

Il est important de signaler que c'est pour incarner l'amour dans sa plénitude et pour être en phase avec des valeurs spirituelles qui me sont importantes que ce travail est, pour ma part, mis en oeuvre. C'est pour faire grandir l'âme par le bien existentiel que l'on fait, à soi-même et à l'autre, et non juste pour des concepts plus ou moins fumeux. Car tant que l'on n'incarne pas dans le moindre détail cet amour, donc au final cet absence d'ego et ce déploiement de l'âme, jusque dans notre corps et dans le quotidien, avec nos intimes tout comme avec d'autres relations, on ne peut pas vraiment dire que l'on aime intégralement. Car on se raconte aussi pleins d'histoires et même si certaines de nos actions sont désintéressées et procurent du bien-être à des tiers, il s'agit bien d'incarner l'amour dans le moindre de nos actes pour être entier dans notre incarnation de l'âme dans le corps. On pourrait en dire autant de la relation à nos enfants par exemple, j'y reviendrais probablement dans un prochain article. 

J'ai esquissé dans cet article sur la relation de couple les bases de ce qui me semble être nécessaire pour s'épanouir dans une relation intime lorsque l'on est sur un chemin d'évolution. Ce sont, en tous cas, ces quelques principes qui me guident dans mes relations. Mais c'est bien parce que nous sommes des êtres en perpétuelle évolution (ou du moins on devrait l'être) que l'on ne peut figer une relation sur la base de principes qui peuvent s'avérer rigides si l'ego s'en empare. D'autre part, il est important de noter qu'avant d'évoluer au sens strict du terme, il faut guérir. Car si l'on ne guérit pas des traumatismes, il y a fort à parier que ceux-ci finiront par ressortir tôt ou tard dans la relation. Et ce sont souvent ces résurgences du passé qui sèment le trouble dans la relation présente, une fois passés les premiers moments innocents. Pour ne pas que le couple devienne un conflit ou un bras de fer entre egos, guérir est une étape importante.

Tous les mécanismes que nous mettons en oeuvre plus ou moins consciemment peuvent se transformer en amour, à condition de les reconnaître puis de les intégrer. Car il est important de voir le réel comme il est pour mettre à jour les mécanismes et les structures du moi. Et j'ai toujours trouvé que c'était dans les mécanismes en relation à l'intime et à l'affect que le moi était le plus difficile à résoudre. Mais c'est comme cela qu'on libère l'autre de soi-même, et la relation devient alors un choix consenti d'être en relation avec l'autre. Sinon, le couple peut devenir une prison, un enfermement pour l'autre ou pour soi qui peut sentir porter la responsabilité du bien-être ou du bonheur de l'autre ou de soi-même. On peut paralléliser cette image par une relation d'une mère vis-à-vis de son enfant qui lui dirait : "sois sage et gentil, sinon tu vas faire pleurer ta mère" ou "tu auras un bonbon". Vous voyez le piège pour l'enfant ? Quels sont les mécanismes que vous mettez en oeuvre dans la relation qui pourraient ressembler à cela, que ce soit par la culpabilisation, par la gratification (par la sexualité par exemple) ou autre ? Quel poids faisons-nous porter à notre conjoint pour éviter que nous soyons "malheureux" ? Quels sont nos héritages qui nous amènent à fonctionner de la sorte ? C'est tout ce jeu qu'il faut démêler pour que le moi s'intègre dans les profondeurs, et les racines sont vraiment profondes. Ce sont ces mécanismes qui se sont mis à jour graduellement, au fur et à mesure des relations qui ont jalonnées ma vie jusqu'alors.  

S'il n'y avait pas ce travail énergétique profond et cette aspiration de l'âme à incarner le Divin jusque dans chaque détail de la vie, je reconnais qu'il serait sans doute bien plus difficle d'aller chercher les mécanismes et structures si profondément enfouies, mais si structurantes dans la vie de tous les jours. L'aspiration porte tout à la fois à guérir qu'à accomplir, et c'est bien pour cela que malgré les difficultés et les bonheurs relatifs, c'est bien dans l'expérience que l'on peut avoir une chance d'avancer. Et si c'est un projet partagé dans une définition commune du couple, alors l'accomplissement peut être réciproque et source des plus grandes joies.

Voir les commentaires

Rédigé par Serge Z.

Publié dans #connaissance de soi

Repost0