Publié le 21 Octobre 2017

Le point de départ de cette réflexion est une publicité qui passait sur les écrans pendant un moment. Dans ce petit film, qui vante les mérites d'un steak, on voit une groupe de diables qui dégustent un barbecue en enfer, ce qui suscite le désir à un groupe d'anges se trouvant derrière la porte. Du coup, les anges rejoignent les démons et ils festoient ensemble.

Dans la même veine, on a aussi ce film qui raconte l'histoire d'un diable qui s'est coupé les cornes pour devenir un super héros, signifiant par là qu'il renie son origine et ses tendances pour les mettre au service du bien.

L'inversion des valeurs

Evidemment ces deux exemples peuvent prêter à sourire et on peut se dire qu'il faut les prendre au second degré. Certes ! Mais quels messages véhiculent-ils dans l'inconscient collectif, et surtout dans celui de la masse qui ne réfléchit pas à l'impact de ce qu'ils consomment de visuel et d'auditif à travers les médias, les pubs, la musique, le cinéma... ? Comment la conscience de nos enfants, qui est abreuvée de ces messages, se construit-elle avec ces visuels constamment sous leurs yeux ? Quels messages sont véhiculés à travers une sexualisation de plus en plus indécente du corps humain où dans presque n'importe quelle publicité, il faut une femme ou un homme à moitié déshabillé pour attirer l'oeil et susciter le désir ? Lorsque l'on sait que les publicitaires travaillent avec des chercheurs en neurosciences, je reconnais qu'il faut faire preuve d'une certaine vigilance pour ne pas se laisser soi-même piégé. A moins que l'on ait intégré une grande partie de la sphère vitale, surtout le vital bas, et qu'ainsi on n'ait plus à confondre désir et possession. Pour la petite histoire, saviez-vous qu'aux abords de certaines viennoiseries/pâtisseries, des odeurs artificielles de croissants chauds étaient vaporisées pour attirer le client ? C'est une jeune neuroscientifique avec qui j'avais un peu discuté il y a une vingtaine d'années qui m'a vendu la mèche.

Des exemples comme ceux-là, il y en a à foison. Et je ne parle pas des jeux vidéos dont les plus populaires mettent en exergue la violence ou dans certains autres, toutes sortes de malversations vous donnent des points. Néanmoins, il ne s'agit pas de tomber dans une religiosité rigoriste ou de se voiler la face dans un puritanisme exacerbé. Les stades de foot sont bien plus remplis que les églises, mais la religion a tellement réduit l'être humain à un être plein de défauts que, dans un certain sens, je peux comprendre que l'on ait davantage envie d'aller s'amuser avec ses potes plutôt que de se prendre des leçons de morale dans les confessionnals. Remarquez, l'un n'empêche pas l'autre... 

A travers ces quelques considérations, je souhaiterais mettre en avant deux choses : pourquoi on en arrive à cet état de fait et comment l'aborder en chercheur d'authenticité que nous sommes. Il faut savoir une chose, c'est que ce n'est pas un hasard que le monde tourne de cette manière. D'abord parce qu'il se livre, dans le subtil, une guerre sourde entre des forces lucifériennes (dont le but est justement d'inverser les valeurs) qui ont pris possession de la Terre et, de l'autre côté, des forces de Lumière qui tentent de nous en sortir. Les premières misent sur notre ignorance, nos bas instinct, l'obscurité de notre conscience pour nourrir nos trois chakras inférieurs (ceux qui régissent la matière et la possession, le désir, la sexualité et notre relation à l'argent, ainsi que notre émotionnel), l'égo et l'émotionnel non intégré. Lorsque nous venons au monde, nous naissons avec un potentiel de lumière certes, mais surtout avec une masse ténébreuse héritée des générations précédentes. Ainsi, la masse humaine est surtout une masse ténébreuse, nivelée le plus souvent par le bas. Les forces de Lumière, quant à elles, tentent de toucher notre coeur, de solliciter l'étincelle divine qui sommeille au fond du coeur, de nous amener à la vérité, à la simplicité, à la joie, à l'humilité, à la beauté, à la légèreté etc... Or, face à chacun de ces principes, c'est l'inverse que cette société exacerbe : face à la vérité, on voit le mensonge caractérisé (regardons nos politiciens) ou des contre vérités; face à la simplicité, c'est tout un monde complexe qui sollicite le mental de façon ininterrompue; face à l'intériorité, on sollicite la possession ou l'on nous fait miroiter de fausses gloires; face à la joie, on exacerbe le plaisir (c'est pour cela que l'industrie des loisirs est en plein essor); face à l'humilité, on nous vend l'arrogance, l'orgueil et/ou la domination; face à la beauté et à la pudeur, on nous expose à l'impudicité et à la pornographie; face au silence de Dieu, le monde vocifère de plus belle...

Toutes ces informations sont pernicieuses et sont entrées secrètement et discrètement dans nos consciences au fur et à mesure du temps. Et c'est pour cela que les valeurs finissent pas s'inverser. Si nous prenons ces comportements comme normaux, c'est que nous sommes déjà presque (con)damnés. Si nous prenons comme normal d'être cyniques ou impudiques, de passer notre temps à courir les plaisirs ou à démontrer la puissance de notre ego à travers une sélection impitoyable qui commence à l'école et qui se poursuit dans le monde de l'entreprise jusqu'à notre retraite, ou je ne sais quoi d'autre, c'est en fait tout l'inverse que l'on devrait mettre en oeuvre, pour faire de ce monde un monde meilleur, un monde de Lumière. Et le danger tient au fait qu'il devient de plus en plus difficile d'acquérir ce discernement, d'autant plus qu'on est de plus en plus nombreux et que ça ne facilite pas les choses.

Lorsque l'on est conscient de cela, il n'est pas utile de se battre, car si l'on souhaite évoluer dans la direction du développement de l'âme, il faut savoir que l'âme ne se bat pas. Au mieux, elle se défend, en émettant davantage de lumière, pour renvoyer son "agresseur" à lui-même. L'âme ne juge pas, elle console, pardonne, compatit. Mais surtout, elle suscite la transcendance, en amenant en lumière les aspects conditionnés, troubles, cristallisés de la conscience. Il n'est donc pas rare que dans une perspective de transcendance de la nature humaine, on peut se retrouver en proie à davantage d'obscurité en soi; là où l'on mettait un couvercle, l'âme va enlever les verrous et il n'est pas impossible, mais ce n'est pas une règle, que ce que l'on tentait de cacher ressorte de façon flagrante dans notre comportement, de  façon temporaire. Et c'est aussi en partie pour cela que certains ne sont pas complètement noyés dans l'obscurité ambiante de ce monde. Car le Ciel a toujours suscité des vocations, des plus ou moins grandes lumières à travers le monde, et à travers les âges. Et chaque petite lumière compte.

Je reviens sur la pub et l'image du haut. La caractéristique d'un diable, c'est la rage. Un diable ne peut pas changer de nature. L'enfer n'est pas sympathique et rien ne dit qu'on y déguste des steacks avec des diablesses en mini jupe. On ne s'ennuie pas avec les anges et l'enfer n'a rien d'attirant pour qui que ce soit. Pour s'en apercevoir, il suffit de regarder en soi, et de regarder en face les entités qui nous habitent et de quoi elles se nourrissent. Seule la Lumière divine peut nous mettre cela en évidence. Après, je vous assure, on regarde ce monde avec un autre regard, et une fois ce qui est tordu redressé, on ne se laisse plus piéger par les lanternes de ce monde. Car au fur et à mesure du travail, ce monde a de moins en moins d'emprise sur nous, on en devient libre. Mais il est indispensable de rester humble et vigilant, car comme disait Mère : "si tout n'est pas fait, rien n'est fait". Le travailleur gnostique peut, et je dirais même, doit se demander comment il contribue à ce monde car il sait qu'il est le monde et que le monde est en lui. Et non seulement il le sait, mais il le perçoit de plus en plus finement avec le travail intérieur. Si donc ce monde est ténébreux, il a à travailler sur ses propres ténèbres pour les mettre en lumière et les soumettre au Divin. Ce monde ténébreux nous renvoie donc obligatoirement à notre obscurité intérieure.

Et pour terminer, voici deux photos. La première représente une exposition dont nous a gratifiée la mairie de Lille et qui représente des bébés monstres. Ces sculptures ont bordé l'avenue en face de la gare de Lille pendant quelques semaines. La seconde est le "Domestikator" exposée en ce moment (oct 17) sur l'esplanade du centre Georges Pompidou à Paris. Si pour vous, tout ça c'est de l'art au second degré et que vous trouvez que ça inspire l'âme, l'élévation spirituelle et le développement harmonieux de nos enfants, alors tout va bien...(sic !)

L'inversion des valeurs
L'inversion des valeurs

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Rédigé par Serge Z.

Publié dans #Réflexions

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