Publié le 15 Juin 2018

Une force d'âme

Répondre à l'appel de la Lumière n'est pas chose aisée. D'abord il faut avoir une certaine sensitivité, une certaine ouverture ou alors une prédisposition. Ensuite, il faut que les conditions soient réunies pour que la Lumière crée et alimente cette force ascensionnelle qu'est l'âme. Puis ensuite il faut que cette âme puisse se développer, qu'elle trouve d'abord le chemin vers les hauteurs, et qu'ensuite, elle trouve la force de creuser en nous pour extraire tout ce qui n'est pas divin, redresser tout ce qui est tordu, purifier tout ce qui est perverti, défaire les noeuds de la conscience et restructurer nos énergies... Puis ensuite elle doit grappiller chaque espace et faire entrer la Lumière dans chaque ombre de chacune des dimensions qu'elle va conquérir lentement, ou pas d'ailleurs, nourrie en cela des forces divines auxquelles elle se soumettra. Jusqu'à ce qu'elle finisse par dissoudre les limites entre intérieur et extérieur, entre Dieu et soi, entre soi et les autres. Pour qu'à un moment elle puisse s'accomplir en ce monde et être une lumière pour les autres.

Pour en arriver là, combien de difficultés faudra-t-il affronter et dépasser ? A chaque pas ses difficultés, ses pièges, mais aussi ses épreuves. La Lumière nous est donnée si nous voulons bien la reconnaître et lui permettre d'oeuvrer en nous. Mais vu notre état actuel qui tend vers l'entropie et la dégénérescence, il sera de plus en plus difficile d'y être réceptif et de renverser la tendance. Sauf... Sauf si nous disposons de cette force d'âme qui va nous confronter à une série ininterrompue de circonstances qui seront tout autant d'expériences pour créer et renforcer en permanence cette force. Mais pour cela, il faut être prêt, et peu le sont, même chez ceux qui se croient prêts.

Car tout peut être piège, même le bonheur qui peut être un déguisement d'une certaine inertie. Certes, on ne "muscle" pas son âme comme l'on muscle ses biceps car l'ennemi, ou ce qui peut apparaître comme tel, peut user de mille ressorts. Pour les lecteurs habitués à ce blog, j'use ici d'un vocabulaire quelque peu guerrier alors qu'ailleurs, je dis que l'âme ne combat pas au sens strict du terme. Je vais rentrer un peu plus dans le sujet et montrer que lorsque l'on parle de "combats de l'âme", on ne mène pas de guerre, ou pas au sens où l'ego peut l'entendre habituellement. Car lorsque l'on parle de l'âme, on rentre dans un autre paradigme, et donc les mots que l'on peut employer ne feront pas appel à la même définition que celle issue du paradigme de l'ego.

Parfois des gens sont venus vers moi en me disant de but en blanc qu'ils avaient "un grand destin spirituel". Systématiquement, je leur demandais s'ils étaient prêts à affronter les plus grands dangers. Et là souvent, il y a déjà beaucoup moins de monde. Bon, déjà, "un grand destin spirituel", je ne sais pas ce que ça veut dire. Je pousse un peu le bouchon en disant ça car il s'agit souvent, pour ne pas dire toujours, d'une inflation de l'ego qui s'imagine ou projette une forme de pouvoir. Ce n'est pas aussi simpliste et il peut y avoir toutes sortes de raisons à cela, mais c'est surtout l'envie d'être connu ou reconnu qui prime quand on se croit sorti de la cuisse de Jupiter. Là plus qu'ailleurs, l'humilité doit être systématique. Nos valeurs humaines ne valent rien face au Divin. Et ainsi, même si l'on a pleins d'expériences, d'un point de vue de Dieu, ça ne veut rien dire. C'est pour cela qu'on ne peut finalement jamais savoir et qu'il faut avancer dans les pas de Dieu en restant humble et simple. Dieu dans La Révélation d'Arès dit simplement : "qui peut savoir qui est sauvé et qui n'est pas sauvé ?". C'est qu'à tout moment, par manque de vigilance ou par excès d'orgueil, la chute peut être redoutable et il peut être difficile de récupérer. Il faut bien le dire aussi, on peut parfois être complètement " à côté de la plaque ".

Donc cette force d'âme se développe déjà dans l'humilité et la simplicité. Mais cette âme doit aussi être nourrie de l'Eau de Dieu : par la méditation, la prière, l'art,... N'oublions jamais que lorsque nous faisons un pas vers Dieu, Il en fait 100 vers nous : c'est une image évidemment, car Il est toujours là, "notre face est moulée à Lui". Or, nous voyons bien que faire ce pas peut être déjà difficile. Il ne suffit pas de méditer une fois ou deux, de faire une prière par ci par là, ou d'avoir une "bonne pensée". On peut être "quelqu'un de bien", mais rempli de noirceur au fond; l'habit ne fait pas le moine. Son corollaire est vrai également : chacun d'entre nous est rempli de noirceur, personne ne fait exception, sinon nous illuminerions le monde d'une lumière qui n'est pas de ce monde. Nous sommes "des êtres en devenir" comme disait Sri Aurobindo, "une humanité de transition", des êtres hautement perfectibles qui devons nous en remettre au Créateur pour qu'il puisse parfaire Son Oeuvre. Méditer, prier, ou autre chose de noble, pour cela, c'est l'orientation intérieure qui compte, moins la posture ou la technique.

S'en remettre, voilà un acte, ou plutôt un "non acte", si difficile à comprendre pour le mental qui cherche à tout contrôler et à tout comprendre. "Abdique" m'a plusieurs fois dit la Lumière, et face à cette force de contrôle qui m'habite, je me retrouvais dépourvu comme jamais. Soudain, ce mental si puissant qui m'a sorti de bien des ornières ne m'était plus d'aucune utilité. Sauf que je n'ai pas réussi à lâcher. Il m'était impossible de me laisser envahir de cette lumière qui attend à la porte. La force d'âme, c'est aussi ne pas faire preuve de résistance, et trouver le ressort pour lâcher. Alors plutôt qu'un acte brut, Elle a pris un autre chemin, plus long, plus laborieux, peut-être plus adapté à cet ego si résistant.

Cette force d'âme se développe par ailleurs par les épreuves. Certains vont les rechercher, pour aller se confronter à leurs limites, mais là encore on peut être l'objet de tromperies, et les motivations doivent être absolument claires. Ce n'est pas un combat pour vaincre, c'est un combat pour aimer. La force d'âme, c'est celle qui réussira à transformer chaque situation en situation d'amour, de vérité, d'harmonie, de beauté,...Et qui grandira par le don qu'elle fera d'elle-même. Et là est peut-être le plus grand défi, car aimer, et évidemment pas dans le sens affectif du terme, je parle ici du véritable amour, celui qui rend libre, celui qui fait grandir l'autre et soi-même, celui qui pardonne et qui permet d'être pardonné, celui qui crée de l'intelligence et de la sagesse, celui qui guérit et qui prend sur lui l'obscurité qu'il rencontre, cette force-là est la véritable force d'âme. Et elle commence par soi-même.

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Rédigé par Serge Z.

Publié dans #connaissance de soi

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