Publié le 27 Janvier 2018

Visions et modes de connaissance

La possibilité de visions intérieures m'interroge régulièrement, ce blog en relate quelques-unes au fil des articles. Je pose par écrit ici quelques compréhensions de ce type de phénomènes. J'en profite également pour expliquer ce que cela apporte et comment je vis cela dans mon quotidien, car rien n'est jamais anodin dans un chemin spirituel. J'expliquerai également à quelles difficultés cela me confronte également. Je tiens tout de suite à préciser une chose au lecteur. Je suis toujours en chemin et j'ai parfaitement conscience que ce que je décris ici peut apparaître extraordinaire au lecteur non averti, mais que pour moi, ce ne sont que les prémices de possibilités plus extraordinaires encore, que je ne recherche d'ailleurs pas. C'est une conséquence du travail, et non un but en soi. Donc je traite le sujet ici comme un épiphénomène et non comme un accomplissement car ça fait partie de mon quotidien, ou disons d'expériences qui arrivent sans que je ne m'attarde trop dessus. Mais le fait que ça arrive demande à les considérer.

Une grande partie de mon cheminement est basée sur la sensibilité du corps, donc plutôt sur le sens kinesthésique, mais aussi depuis de nombreuses années sur des visions intérieures qui me permettent de découvrir le monde non plus seulement avec les sens objectivables et certains autres sens subtils (car à chaque sens grossier correspond un sens subtil), mais aussi avec cette possibilité qui s'est offerte de voir apparaître différents phénomènes et situations les yeux fermés. 

Un petit peu de théorie pour commencer

Lorsque l'on parle de perceptions, grossières ou subtiles, c'est toujours la même chose qui entre en action : l'esprit. L'esprit a en lui sa propre énergie, à condition qu'il ait suffisamment de liberté, nous y reviendrons. Cette énergie est de couleur blanche et son centre est dans la tête. Une grande partie de l'esprit est, pour la quasi majorité d'entre nous, encombrée. Il porte en lui tout ce qui n'est pas intégré, comme un sac. Ce sac, esprit + éléments de conscience, c'est la personnalité, contenant en elle tout ce à quoi l'on s'identifie, et donc a fortiori qui n'est pas intégré. L'esprit n'est pas la conscience. La conscience est de couleur bleue outremer. Elle est, disons, pour parler simplement, le substrat sur lequel vient s'imprimer les expériences. Je parle ici de la conscience ordinaire, celle de notre quotidien, celle dans laquelle nous évoluons habituellement, celle qui constitue notre personnalité de surface. Il y a d'autres fonctionnements possibles mais je vais essayer de rester simple pour être compréhensible, je conçois donc que cette explication ne pourra être que partielle et ne pas satisfaire les experts. Qu'ils m'en excusent par avance.

Quand on ferme les yeux, et que l'on se concentre sur la vision, il fait noir. Heureusement, sinon on serait incapable de dormir. Le simple fait de se concentrer est une action de l'esprit. Nous appliquons cette concentration, ce qui amène à ramener l'esprit dans les yeux. Remarquez que lorsque vous faites cela, c'est un peu comme si vous enleviez un peu de l'esprit du reste de votre corps. C'est ce même phénomène qui peut nous amener à nous endormir pendant la méditation, si on n'est pas vigilant. La vigilance, c'est la présence, et donc la capacité de l'esprit à rester attentif aussi bien au corps qu'à tout le reste. On sent bien que ça nous demande un certain effort, car l'esprit est habituellement trop encombré pour avoir cette souplesse d'être "partout" à la fois, ou même centré sur quelque chose. Dans le cas ordinaire, l'esprit conscient est enfermé dans un pli de la conscience en mouvement centripète, on appelle cela l'ego. L'esprit est identifié à l'ego et en est en quelque sorte prisonnier. Il n'a alors que peu de liberté, voire pas du tout. S'il en a un peu, il peut accéder à des plans de conscience un peu plus élevés et former une intelligence plus subtile que l'intelligence ordinaire qui consiste à trouver tous les moyens de survivre en ce monde ou à profiter du peu auquel on est sensible. Il peut aussi avoir quelque disposition à la contemplation ou à la réflexion. Un peu comme un ballon baudruche dans lequel il y a un peu d'air, on peut alors modeler la partie où il y a l'air un peu comme on veut, jusqu'à la limite de tension du ballon. C'est un peu la même chose pour l'esprit. Sa plasticité et sa limite de tension dépendent de plusieurs facteurs liés au corps, à la psyché, à certaines conditions intérieures et extérieures,...

Ici, deux choses importantes. Si le pli de l'ego se défait, par une action extérieure, alors cela nous libère de l'identification, mais ça ne change rien au contenu de l'esprit. Il acquière davantage de liberté certes, mais ça ne change rien à la nature humaine. On peut ainsi voir des éveillés qui continuent à avoir des tendances humaines tout à fait ordinaires, tant qu'ils ne font pas ce travail d'intégration de la conscience. Ca explique aussi que des tas d'éveillés n'ont pas une fine sensibilité.
Ou alors l'ego est toujours là mais naît l'âme. Ce qui va se passer dans ce cas-là, c'est que l'âme va commencer à intégrer le peu de liberté qu'à l'esprit en elle. Ca ne va rien changer à l'ego ni à l'esprit, du moins pas dans un premier temps, sauf que les deux natures, celle de l'esprit d'un côté, celle de l'âme naissante de l'autre, vont finir par fusionner, prenant ainsi chacun la nature et les possibilités de l'autre. Les gnostiques appellent cela le "Nous" (prononcer "nousse").
Encore une fois, je simplifie beaucoup. L'expérience humaine est très vaste et complexe, mais je pense que ça donne un premier aperçu.

Revenons à notre sujet. Il y a plusieurs façons pour que les visions se mettent en place donc : par l'esprit seul s'il dispose de suffisamment de liberté et d'énergie, par le Nous si l'esprit ou l'âme ont suffisamment de liberté et d'énergie, ou parce que l'énergie qui est portée par la vision est suffisamment puissante pour pénétrer l'obscurité de notre conscience et y envoyer "de l'éclairage". Ainsi, la kundalini éveillée va suffisamment libérer l'esprit pour lui donner la liberté et l'énergie nécessaires pour pouvoir percevoir des choses. Ou alors, l'âme est touchée par une Lumière divine, intègre l'esprit et finit par acquérir suffisamment de lumière ontologique pour éclairer ce sur quoi elle se pose. Ou comme dans le taoïsme, l'esprit acquiert suffisamment d'énergie par les pratiques pour avoir une liberté et une énergie suffisantes pour capter des choses. Cette liste n'est pas exhaustive.

Concernant l'évolution des visions dans mon chemin

Quand j'étais enfant, j'avais quelques visions du monde subtil extérieur, mais de façon spontanée. Je mets ça sur le compte de la toute première expérience qui a libéré l'esprit, du moins en partie (voir le tout premier article de ce blog). Cela m'apparaissait parfois fugacement dans l'instant, jusqu'à la fois d'après. Entre 15 ans et 30 ans, plus rien, me sentant "surchargé" par tout ce qui arrivait, j'ai demandé que ça s'arrête, c'était trop pour la personne que j'étais à l'époque. Puis c'est revenu un peu avec le Reiki et davantage avec l'ouverture de l'orbite microcosmique et la kundalini qui s'est mise en marche dans la foulée. Je voyais quelques phénomènes extérieurs, toujours de façon aléatoire, j'en ai aussi décrit quelques-uns dans ce blog. C'est lorsque j'ai accentué le travail sur la kundalini que j'ai commencé à percevoir des lumières intérieures les yeux fermés, souvent dans le bleu outremer au début. Si des formes apparaissaient, c'était au début assez difficile de les observer de façon continue. J'étais comme "loin" et je ne tenais pas longtemps l'effort d'observation. Avec les purifications intérieures provoquées par le travail énergétique, je percevais une sorte d'élévation intérieure, comme un allègement de l'être, ce qui permettait d'éclaircir de plus en plus les perceptions visuelles tout autant que le temps que je pouvais les percevoir s'allongeait progressivement. Lorsque la Lumière divine est entrée dans ma vie, elle a envoyé des visions "lumineuses en soi" à travers la conscience et pendant mes méditations assises, ce qui me permettait d'observer des choses fascinantes dans des qualités de lumière de plus en plus lumineuses, avec davantage de variations de couleurs et de profondeur. Je m'en apercevrai un peu plus tard, mais un des critères de la vision subtile est la nécessité d'une grande détente du corps. C'est fondamental, et logique. Un corps souffrant, tendu ou crispé entraîne l'esprit vers le bas, et donc vers l'obscurité. Pas pour les "maîtres" évidemment, enfin certains.. C'est pour cela qu'il est plus facile d'avoir des visions allongé qu'assis, surtout pour nous occidentaux. Mais c'est aussi plus difficile de rester vigilant et perceptif. Ici, je me suis pris les pieds dans le tapis, pour le dire ainsi. J'ai cru que j'étais arrivé, je trouvais le travail intérieur facile, un peu trop même, je ne me rendais pas compte des protections et de l'aide à ma disposition. Les anges étaient nombreux à travailler autour et en moi et je pouvais les observer aussi bien à l'extérieur qu'à l'intérieur. Là encore, la façon de les observer évoluait avec le travail. Parfois c'était très clair, parfois de simples formes. Ils peuvent aussi faire varier leur lumière et ils disposent d'autres possibilités pour nous faire évoluer. La Lumière ne travaillait pas encore dans les profondeurs du corps et les visions lumineuses étaient telles que j'avais vraiment l'impression de toucher le Ciel. Lorsque les "mauvaises" énergies sont arrivées, les protections enlevées, et la boîte de Pandore du vital ouverte, l'esprit a sombré. J'avais toujours des visions intérieures, mais celles-là, je m'en serais bien passées ! Les rêves étaient devenus plus lumineux, plus lucides avec la Lumière divine. C'était toujours le cas ensuite, mais pour voir ma propre obscurité dans la lumière des énergies shivaïtes. J'apprenais donc que le fait de voir est conditionné par ce qui nous permet de voir. Pour le dire simplement, selon les énergies en oeuvre en soi, on peut voir la même chose mais dans des formes différentes selon l'énergie en action. Par exemple, une peur peut apparaître dans sa forme d'énergie pure dans la Lumière divine, et donc Elle nous en libérera. Mais dans une énergie démoniaque, c'est l'objet de la peur que l'on voit et qui nous habite entièrement, avec la désagréable impression que l'on ne pourra jamais s'en libérer. Avec toutes sortes de variations possibles bien entendu. Autant dire que le but de la première est de nous en libérer rapidement dès que c'est mis en évidence alors que le but de la seconde est de nous y maintenir enfermé. Il faut disposer d'instruments puissants lorsque l'on est pris ainsi dans des forces obscures pour les voir telles qu'elles sont et voir comment elles nous manipulent. Et le fait d'avoir des visions subtiles soutenues par une énergie divine est une aide précieuse, à un détail près : c'est qu'au stade où j'en suis, je ne les commande toujours pas !

Quelqu'un m'a demandé récemment si j'avais retrouvé toutes les "facilités" d'avant. Oui et non. Oui car je n'ai pas tout perdu, ou plutôt certaines possibilités réapparaissent au fur et à mesure que le déblayage intérieur continue. Ce qui s'est passé, je l'analyse comme cela aujourd'hui mais ça reste à affiner, c'est que l'esprit est tombé profondément dans le vital, encombré par la personnalité non intégrée et a perdu beaucoup de sa liberté d'avant. L'identification n'a pas perdu de sa force, mais elle s'est déplacée vers le bas. Les mauvaises énergies sont restées agrippées à l'obscurité d'un plan tant que les aspects de la personnalité en rapport n'ont pas été intégrés, puis la Lumière faisait le nettoyage au niveau de conscience où se trouvait l'esprit. Mais au fur et à mesure des ouvertures, les serpents plongeaient plus profondément. Je ne vais pas trop rentrer dans le détail. Depuis quelques temps donc, des visions plus lumineuses sont revenues, portant en elles d'autres messages et enseignements. Mais plus loin que cela, il y a davantage de détails qui apparaissent dans les visions selon le travail à réaliser. Néanmoins, cela reste toujours un peu aléatoire et non encore véritablement stable. Dans tous les cas, ce n'est pas sur demande, c'est ce qui est un peu perturbant. Ce travail dans les profondeurs devait être fait quoi qu'il en soit, car pour transformer la nature humaine et la faire évoluer vers une nature divine, c'est bien dans les profondeurs qu'il faut s'orienter. Mais bon, mieux vaut être porté par des forces divines qui travaillent en conséquence.

Ce qu'il se passe depuis quelques années, c'est qu'il y a des périodes pendant lesquelles aucune vision n'apparaît. De ce que j'ai pu en constater, c'est que parfois de gros déblayages se font. Ca amène l'âme-esprit, le Nous, à rentrer plus profondément dans le corps et la conscience, donc dans des zones plus opaques. Selon les circonstances, les visions peuvent changer de nature, de couleurs, d'aspects, mais avant que cela n'arrive, il peut se passer du temps pendant lequel rien n'arrive, plus aucune vision, jusqu'à ce qu'autre chose soit en préparation et que l'esprit soit illuminé par la Lumière qui creuse et donc, qui amène des éclairages. Ce qui fait que pendant ces périodes, il faut prendre patience et garder le cap, car il est facile de se laisser emporter par l'ego qui n'y trouve plus forcément son compte. C'est pour cette raison qu'il est important d'être enraciné dans le coeur et de laisser faire, sans rien chercher. Néanmoins, les rêves portent une qualité de lumière plus forte, et dans une partie des cas, ils font place à des visions puis des ouvertures qui amènent d'autres qualités de Lumière. J'ai déjà expliqué cela par ailleurs.

Mais on peut aussi être éclairé "de l'extérieur". Il suffit pour cela qu'une source lumineuse puissante pénètre notre conscience pour l'éclairer, ou pour montrer un phénomène spécifique. C'est ce que fait la Lumière divine quand elle accompagne l'esprit dans les profondeurs, et c'est ainsi aussi qu'elle progresse dans le corps. C'est une voie possible, mais pas la seule. Il serait extrêmement réducteur de ne circonscrire le travail de la Lumière qu'à cette seule possibilité. D'une manière un peu similaire, lorsqu'une conscience entre tout ou partie dans l'espace de notre propre conscience, on peut percevoir des éléments de la conscience de la personne. Mais pour cela, il faut que notre propre conscience soit éclairée "de l'intérieur", par l'esprit par exemple, pour ainsi pouvoir éclairer la conscience de la personne qui entre en contact avec nous. Et ceci est valable aussi bien physiquement qu'à distance. Donc selon l'état de chacun, surtout l'état de transparence de la conscience, il est possible de connaître l'autre sans forcément qu'une relation physique se soit mise en place. La Lumière divine est également capable de nous donner de l'information sous forme de vision d'une personne qui oriente sa conscience vers nous. Forcément, ça ouvre des perspectives qu'il est difficile de décrire exhaustivement. Je dois dire aussi que le "langage" divin n'est pas facile à comprendre car notre intelligence est très limitée. L'apprentissage est donc très long.

Jusqu'ici, j'ai expliqué différents phénomènes. Ceux-ci créent de la connaissance, je vais tenter d'expliquer comment et cela m'amène tout d'abord à mettre à plat la manière dont l'humain fonctionne aujourd'hui, du moins, de la façon dont je le comprends...

Visions et modes de connaissance

Les modes de connaissance

Dans son oeuvre, la Lumière divine a comme finalité de faire de nous des êtres accomplis, unifiés, transfigurés, totalement ouverts. Mais entre ce que nous sommes aujourd'hui, et cet objectif divin, il y a un nombre considérables d'étapes qui sont fonction de là où on part et de la pureté d'intention que l'on y met, entre autres choses. Beaucoup d'appelés et peu d'élus... La Lumière nous fait entrer dans une alchimie intérieure permanente, et donc crée ou nous permet de retrouver des ouvertures que nous n'avions pas ou que l'humanité a perdu. Ces ouvertures nous amènent de l'information, pour utiliser un langage moderne. C'est le cas lorsque la sensibilité du corps se développe, lorsque la psyché se débloque et nous ouvre à de nouvelles expériences, lorsque les sens subtils nous amènent à intégrer de nouvelles sensations, et a fortiori, c'est le cas aussi lorsque la vision subtile nous amène à voir les phénomènes subtils. Toutes ces informations qui arrivent et qui se combinent, dans des complexités de plus en plus importantes, nous enseignent sur l'autre et sur le monde, et développent ainsi notre intelligence. Mais selon ce qui nous est montré, comment cela nous est montré, par quoi cela nous est montré, l'apprentissage peut être long et l'intelligence un peu compliquée à arriver. Je le dis humblement, c'est mon cas. Et je m'aperçois à quel point l'intelligence humaine est à ce point limitée; un "faible lumignon" nous dit la Révélation d'Arès.
Et donc cette connaissance du monde toujours un peu plus profonde se fait par étapes. L'une des étapes importantes pour l'humanité a été la descente du mental, ce qu'explique très bien Sri Aurobindo. C'est grâce au mental que nous pouvons analyser le monde. C'est aussi grâce au mental que nous avons eu la possibilité de nous connaître comme des êtres individuels, ce qui nous a fait sortir de notre état animal vivant en meutes ou en troupeaux, faisant fi parfois de l'individu au profit du groupe. Et c'est aussi grâce au mental que nous avons un ego... Ces étapes étaient sans doute nécessaires, mais elles ne sont pas notre accomplissement. L'évolution continue, et d'autres forces sont à l'oeuvre pour faire évoluer l'humanité vers d'autres états, sans forcément renier les états précédents, mais en les amenant dans une autre nature. Je ne vais pas rentrer dans ces détails, d'autres le font bien mieux et les écrits de Sri Aurobindo l'expliquent très clairement.

J'identifie trois formes de connaissance par analyse :

la connaissance par observation de l'objet

Que ce soit un être vivant, un système mécanique, électrique, ou autre, ou un phénomène physico chimique, la première des manières d'appréhender la chose est une analyse par les sens objectivables. On va donc effectuer une panoplie de mesures et d'observations selon des protocoles établis pour mesurer la chose étudiée et ses effets sur différents systèmes.
On va soumettre l'objet de l'étude à une multitude de tests et d'expériences pour observer comment il réagit.

la connaissance par la reproduction du phénomène

J'entends par là le fait de pouvoir reproduire le phénomène ou le système et ainsi de vérifier que ce que l'on en a compris est bien conforme à l'objet initial. On va ainsi créer de toutes pièces le phénomène ou le système et en le créant, ou en tentant de s'en approcher, cette approche amène à déterminer les lacunes de notre connaissance. On pourra également vérifier par comparaison avec ce que l'on connaît et ainsi tracer des similitudes de fonctionnement pour le rapprocher de systèmes connus. D'une certaine façon,  c'est avancer dans l'inconnu mais en se référant au connu. C'est typiquement aussi ce mode de connaissance qui nous amène à parfois disséquer l'objet pour essayer de le reconstituer.

la connaissance par déduction ou par la logique

A ce niveau, on va tracer des modèles de fonctionnement en élaborant des théories et on va essayer de rapprocher les mesures, l'observation et l'expérimentation en les plaquant sur un modèle conceptuel ou un méta modèle. C'est avancer un peu au hasard en espérant que notre représentation mentale de la chose étudiée corresponde à la chose elle-même.
A partir de là, on fait évoluer le modèle pour comprendre comment il pourrait en être autrement. Et ainsi on  boucle sur le premier mode.

Il y a certainement d'autres formes et ce que je décris là peut apparaître comme basique mais ces trois premières typologies se confondent souvent en une seule : l'objet est analysé de l'extérieur, je veux dire par là qu'il y a l'expérimentateur d'un côté, et l'objet de l'autre, créant un troisième membre qui est la connaissance.

Mais lorsque l'esprit et l'âme s'ouvrent et que le moi tend à disparaître, on approche le monde d'une autre façon, complémentaire à ce que j'ai décrit précédemment. Car la première chose que l'on étudie, c'est soi-même, avec le regard de l'âme, de Dieu et de la Lumière qui travaillent en nous, le processus de connaissance de soi continue ensuite en s'étendant au-delà de soi, façon de parler. Pour être plus précis, le soi n'est plus contrit à la personnalité, et le monde se découvre alors parce qu'il n'y a plus de séparation. Ainsi, d'autres modes de connaissance apparaissent.

la connaissance par intuition

J'entends par là la possibilité de s'imaginer connaître la chose, un peu comme une révélation que l'on aurait l'impression de percevoir, mais sans pour autant l'objectiver par une vision ou un autre sens subtil. Ne nous faisons pas d'illusions, c'est la plus aléatoire des façons de connaître car il faut disposer d'un discernement à toute épreuve pour ne pas plonger dans les méandres d'un mental ou d'une dimension astrale qui se jouerait de nous. Mais c'est possible. Ca peut ressembler à "la science infuse", avec son cortège de contre vérités possibles ou d'illusions projetées sur la chose. C'est, quoi qu'il en soit, celle qu'il faudra à tout prix ramener aux modes de connaissance précédents pour s'assurer de ne pas partir dans les délires. L'intuition doit toujours être objectivée pour se révéler un sens efficace. Et toujours : discernement et humilité sont de rigueur.

la connaissance par identité

On EST la chose à étudier, il n'y a plus de séparation. Si je veux étudier une feuille d'arbre, il se passe un phénomène particulier, je DEVIENS la feuille le temps de l'observation. Ainsi, il n'y a plus besoin de détruire la chose pour l'étudier, que ce soit un système ou un être vivant. Le fait d'être la chose, de la percevoir, de la ressentir, nous amène à "nous mettre à sa place". On ne perçoit alors plus le monde à travers nos sens objectivables, bien qu'à ce niveau ça ne veut plus dire grand-chose. On entre à un niveau qu'aucun appareil mécanique ou électronique ne peut percevoir. Il n'est plus nécessaire de projeter des rayons (X ou UV ou lumière noire par exemple) pour faire ressortir des détails qui n'apparaissent pas lorsqu'ils sont soumis à ce genre d'analyse. Le corps, l'âme et l'esprit sont les instruments qui permettent de percevoir tout aussi bien l'infiniment petit que l'infiniment grand, et même bien plus que cela, comme si cet objet était nous-même.(*)

la connaissance par révélation

C'est évidemment celle qui nous permettra d'appréhender l'inconnu, et évidemment lorsque c'est le Divin Lui-même qui nous la transmet. Les prophètes en sont le meilleur exemple mais chacun peut aussi être prophète si Dieu Lui révèle un pan de la réalité. Je suppose que les nouvelles civilisations ne naissent pas par hasard, et qu'il y a naissance d'une civilisation par révélation d'un nouveau paradigme et de nouvelles connaissances. C'est une spéculation.
Bref, une fois la chose révélée, on peut l'intégrer par identité. C'est ainsi par exemple que si l'on soumet sa vie au Divin et que l'on est tourné vers l'autre, alors le Divin peut nous montrer des éléments de la personne qui se tourne vers nous. J'observe que c'est ce genre de connaissance qui a commencé à se mettre en place. Mais ça ne marche pas (encore !) à tous les coups pour des raisons que je n'ai pas vraiment toutes cernées. C'est toute une science à apprendre et une intelligence à acquérir.

Et c'est là où je voulais en venir. Les révélations se font par la vision intérieure comme sens principal, et utilisent nos ouvertures et notre sensibilité pour nous offrir une compréhension unifiée par le corps, l'âme et l'esprit. Nous n'appréhendons plus, ou plus seulement le monde par le mental, froid et distant, mais de plus en plus avec tous les sens unifiés et de l'intérieur. Et c'est valable aussi bien pour les choses inanimées, qui ne sont d'ailleurs inanimées que pour les sens grossiers, que pour les êtres vivants. Autant dire que la Création est une source inépuisable de connaissance, et que dire du non manifesté... Ainsi il arrive d'avoir des informations sur les choses et les gens, selon les circonstances, mais de là à les comprendre, puis à savoir quoi en faire, c'est une toute autre histoire.

Conclusion

Il me semble logique que l'être humain se développe dans cette direction et que c'est la seule viable qui puisse nous permettre d'approfondir notre connaissance à un point inimaginable aujourd'hui, tout en respectant le monde. Car aucune technologie ne pourra être aussi performante qu'un être humain divinisé que Dieu enseigne. Aucune technologie ne saura être l'équivalent des possibilités que Dieu implante dans notre âme. Il n'y a que Dieu qui puisse nous assurer de la Vérité, car on peut bien imaginer des méta modèles ou des concepts, créer des théories et même s'appuyer dessus pour créer des technologies, mais la plupart de ces théories ou modèles ne sont souvent que de simples croyances, rien de plus. Et jamais le mental seul n'arrivera à percer les secrets de la matière et de la Vie. Il faut plus que cela, bien plus.
C'est par cette approche que l'on peut mieux comprendre la fameuse inscription du temple de Delphes : "Connais-toi toi-même, et tu connaîtras l'univers et les dieux". Du coup, ça en devient évident. Tant que l'on n'est pas débarrassé de soi-même, on ne voit finalement que soi-même, ou le monde à travers nos propres croyances. Mais lorsque le moi est intégré, que l'esprit devient limpide, et que le corps et l'âme sont mis au service du Divin, alors on devient l'instrument de connaissance à travers lequel le monde peut alors être connu. Objet connu, connaissance et connaissant ne sont plus alors qu'un.

 

(*) ce genre de phénomène ne m'arrive que très très rarement encore...Donc j'en parle avec beaucoup de prudence.

Extraits d'un texte de Sédir trouvé sur le site livres-mystiques.com

"Nous avons vu que le fruit de la pensée est la Connaissance. Mais il y a plusieurs ordres de connaissance. Le plus bas est celui que procurent les perceptions sensorielles; vient ensuite celui qui résulte de l'étude des phénomènes physiques, laquelle constitue le travail propre du savant et que couronne le labeur du philosophe. Au-dessus s'élève la connaissance métaphysique qui a pour domaine les spéculations de la pensée pure. Encore plus haut, la pensée s'essaie sur le point de vue surnaturel et, se guidant sur les phares de la foi, rassemble et sublimise les facultés rationnelles en les exerçant sur les objets du monde divin: telle est la connaissance théologique. Enfin, dépassant décidément l'intellect, l'homme en arrive à expérimenter ce divin, et c'est la connaissance mystique, domaine propre du contemplatif.

Ainsi, l'on peut être intelligent dans la pratique de la vie courante; on peut l'être dans la compréhension des phénomènes, ou dans celle des idées, pour se construire une vue systématique d'une partie de la Nature, ou de l'Homme, ou de l'un et de l'autre en général. Là s'arrête l'effort de l'intelligence; pour monter encore, pour obtenir une science expérimentale, réelle et vivante des choses, il faudra implorer une aide spéciale de Dieu.

...

L'intelligence, dans son état pur, est intuitive; elle saisit ses objets immédiatement; chez l'homme, cette saisie se trouve empêchée par les sens et par la raison. Seulement, étant construits de la sorte, le plus sûr est de nous servir de ces moyens imparfaits; nous ne pouvons pas employer le moyen parfait, l'intuition, parce qu'elle exige l'harmonie et l'unité que nous sommes loin d'avoir réalisées en nous. La connaissance du mystique véritable nécessite donc une longue discipline préparatoire, une réforme totale de l'individu, dans son caractère d'abord, et ensuite dans son mental et dans son corps. "

Livres mystiques

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Rédigé par Serge Z.

Publié dans #experience energetique spirituelle

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