Publié le 17 Décembre 2015

La nature humaine : les désirs

Lorsque la Lumière divine creuse dans la nature humaine, elle va ouvrir et mettre à jour tous les éléments qui la constituent. Nous avons vu cela à propos des peurs, des instincts, des émotions, etc. dans un ordre qu'il est difficile d'établir car selon la nature de chacun, nos ouvertures et nos difficultés, elle va nous appréhender d'une façon spécifique, celle qui correspond le mieux au chemin que nous devons parcourir. Compte tenu toutefois que le préalable est l'ouverture du coeur et la mise en action de l'étincelle divine qui réside tout au fond de notre coeur.

Donc Elle va régulièrement plonger dans les différents aspects qui nous constituent et notamment les désirs, afin de décristalliser les énergies bloquées et purifier le corps dans lequels ils circulent : le corps astral. Toute la difficulté va consister à laisser la Lumière agir sans y opposer de résistance, une chose pour le moins difficile à réaliser tant ces désirs nous paraissent souvent pertinents et plus importants à faire aboutir que n'importe quoi d'autre. Il est clair que si nous laissons prédominer notre nature, le Divin nous laissera faire, et ce, même si l'étincelle divine est active et que nous faisons le choix de la transformation intégrale. C'est la raison pour laquelle la Lumière divine agira d'abord sur les autres aspects de nous-mêmes susceptibles de lâcher et de s'ouvrir, avant d'attaquer ces couches profondes du corps astral.

En soi ce n'est pas le désir en lui-même qui est gênant, c'est la cristallisation de l'énergie sur un objet d'une part, qui provoque des obsessions et des frustrations, ce sont aussi les désirs contradictoires qui se bousculent d'autre part. Par exemple, on veut méditer mais on aimerait tout autant faire autre chose de plus "sympa". On voudrait tel travail ou sortir avec telle personne ou acquérir tel objet puis une fois que c'est fait, ou même parfois sans attendre, nos désirs se dirigent vers un autre travail, une autre personne ou un autre objet. Une fois tel désir accompli, un autre surgit et le phénomène continue sans s'arrêter, parfois jusqu'à devenir compulsif, et alors le système prend le dessus sur la volonté et nous domine. Pour le plupart d'entre nous, il est normal de fonctionner de la sorte, à moins que le système s'emballe et alors on entre dans un état psychologique considéré comme une maladie.

L'énergie du désir fait partie de la vie. C'est une des énergies que nous avons en commun avec les animaux. Chez l'être humain, cette énergie est souvent prise au piège par la pensée. En effet, le mental, sous l'impulsion du mouvement centripète de l'ego, a une tendance à s'accaparer les énergies en circulation en les bloquant et en les cristallisant. Cette pensée devient alors prédominante, elle se charge de l'énergie capturée. Observons combien elle peut être puissante et manipulatrice lorsque l'énergie du désir ne peut pas circuler. Cela fonctionne comme une cocotte minute : l'énergie du désir monte en puissance, la pensée s'en nourrit et devient obsessionnelle. L'obsession arrive en avant-plan, devient prédominante et une projection de l'ego se crée autour, alimentant encore un peu plus le noeud central, qui va mettre en branle tout le "système humain" pour tenter de le réaliser....sans jamais vraiment y arriver dans sa plénitude car la présence de cette obsession est ce qui contribue à l'existence de cet ego. De cette façon, l'ego justifie sa propre existence en se nourrissant des désirs. Remarquons que c'est un peu la carotte qui se trouve devant l'âne pour le faire avancer. Si l'âne mangeait la carotte, il ne saurait plus avancer ni où aller, à moins de remettre devant ses yeux une autre carotte. Que ferait l'âne face au "vide de carottes" ? Il prendrait certainement compte de son existence, commencerait à se poser des questions, essaierait sans doute de revenir à lui-même et à des choses simples, là où il se trouve. Et peut-être qu'il s'y reprendrait à deux fois avant de suivre la prochaine carotte... Bon, c'est vrai, j'attribue à l'âne des qualités d'introspection qu'il n'a certainement pas développées. Que ceux qui ont des (grandes !) oreilles entendent ! 

C'est un peu de cette façon que l'on fonctionne vis-à-vis des désirs lorsque l'on vit exclusivement par l'ego. Et c'est ainsi par exemple que l'on en arrive à exprimer des phrases telles que : "je veux vivre l'éveil". Je prends exprès cet exemple pour tenter de faire comprendre le fonctionnement de l'ego face à ce qui apparaît comme un jeu subtil autour de croyances. Car une fois que l'on a compris que chercher à posséder du matériel ou d'autres humains (son conjoint, ses enfants, ses conquêtes, son patron ou ses employés,...) pour son propre profit était vain, nous allons passer à un niveau plus subtil, plus conceptuel. On ne désire plus une chose palpable, on va désirer développer une idée, une croyance, un concept, un rêve, un idéal que l'on habillera d'une certaine noblesse. Une fois que l'on a passé en revue tout ce qu'il est possible de désirer, et de réaliser, et lorsque l'on pousse la réflexion jusqu'à cette extrêmité, nous arrivons à la compréhension que la vie humaine trouve son accomplissement à travers "'l'éveil" (mettons de côté ce que l'on entend par éveil, là n'est pas le propos). Mais "vouloir vivre l'éveil", c'est entrer dans une histoire que l'on se raconte, ô combien narcissique, pour peut-être vivre la suprême gratification que la vie "ordinaire" ne nous apporte pas. Ou alors, plus subtil encore, c'est le désir d'une fuite par le haut, d'un monde dans lequl on a du mal à s'insérer. 

C'est à chacun de regarder de façon lucide en soi ce qu'il en est.

Je ne dis pas qu'il est bien ou mal de fonctionner de la sorte. Je regarde simplement ce qu'il en est. Je ne dis pas non plus qu'il faut mettre tous les désirs à la poubelle. Pour ma part, ma nature vitale était très forte et fonctionner en laissant passer certains désirs sans les réaliser était parfois physiquement très douloureux. La seule solution à cela était de les vivre de façon consciente, voire "hyper consciente", pour aller en chercher la substantifique moëlle, de façon à voir qu'elle en était la source, toutes les implications et toutes les composantes. Puis à partir de là, chaque élément perçu était scruté et décortiqué, vécu lui aussi pleinement et offert à la Lumière jusqu'à dissolution. Evidemment, et cela va sans dire, il était hors de question de faire du mal à qui que ce soit. Mais regardons notre nature en face, bien dans les yeux, et remarquons que chacun d'entre nous avons un pouvoir de nuisance proportionnel à notre volonté égotique de réaliser nos désirs coûte que coûte... Notre nature humaine profonde et considérée comme animale, grégaire et inconsciente regorge de ces désirs-là. Il suffit de nous retrouver dans un environnement dans lequel les règles sont moins pressantes et alors un être humain propre-sur-lui au premier abord peut se retrouver être une bête féroce dans un environnement plus laxiste. Ce n'est pas pour rien que la Lumière désigne comme étant "la Bête" notre nature vitale.

Alors si on ne vit plus sur les désirs, ou de moins en moins, comment notre existence se réorganise-t-elle ? Eh bien l'autre pôle est le Coeur, qui lui, fonctionne sur base de l'aspiration. Par exemple il naîtra en nous une forte aspiration à la liberté, à la joie, à la vérité,... A partir de ce nouveau pôle, les désirs qui vont procéder de l'ego vont être perçus comme contraignants, directifs, et fermés. L'aspiration est un appel qui communique avec la conscience par intuitions, rêves lucides, visions. L'aspiration est le potentiel divin qui s'exprime dans l'ouverture à soi, à l'autre, et au monde. Il ne s'agit donc plus de foncer bille en tête et comme un forcené dans une direction établie d'avance et immuable. Elle nous amène à imaginer et à évaluer la mise en place de situations pour concrétiser cette aspiration, dans une ouverture toujours plus grande et sans attentes préétablies. L'énergie du désir devient alors soumise à l'aspiration du coeur. Elle va aider à la concrétisation, car elle est une énergie de vie qui trouve sa pleine expression lorsqu'elle est mise au service. De dominatrice pour l'ego, elle devient une servante efficace et efficiente du Coeur, qui s'exprime alors dans la plénitude des actions qu'elle génère. Elle ne laisse donc plus de trace ni d'obsession, et encore moins de compulsion, puisqu'elle trouve sa juste place et sa juste action dans un humain réagencé par la Lumière pour devenir divin. La nature vitale devient alors tout entière tournée vers le divin. Elle n'est plus désordonnée. Elle brûle d'un feu doux, apaisé et harmonieux qui amène calme, paix et lucidité. Et face à cela, la Vie nous répond, car la Vie est faite pour apporter au Coeur tous les éléments de sa réalisation et de sa pleine expression... La Bête a alors été domptée par la Lumière et la Vie nous comble au-delà de toute attente.

La nature humaine : les désirs

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Rédigé par Serge Z.

Publié dans #connaissance de soi

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