Publié le 28 Décembre 2014

Cercles, Kandinsky

Cercles, Kandinsky

Moïse avait le pouvoir d'interpréter les rêves. La Bible et le Coran sont remplis de versets qui indiquent que les prophètes recevaient en grande partie leurs révélations en rêves et l'on peut constater à quel point le rêve est pour chacun d'entre nous la possibilité de s'ouvrir à une vision différente de la réalité, et surtout de notre réalité intérieure. Le rêve est donc d'une importance considérable sur le chemin de la transformation intérieure. Le lecteur qui a lu avec attention les articles de ce blog a pu constater que bon nombre d'expériences décrites prennent naissance d'une intense activité onirique. De tous temps, les songes ont été considérés comme une porte d'entrée vers nos mondes intérieurs. Je vais donner ici quelques éléments toujours issus de ma propre expérience pour donner un aperçu du travail que l'on peut réaliser à travers les rêves, et aussi lorsque la Lumière divine oeuvre en nous.

Quelques précisions avant d'aller plus loin : je ne m'intéresse ici qu'aux expériences qui sont les miennes, il ne s'agit pas d'une étude comparative avec qui que ce soit d'autre. Je ne fais référence à aucun enseignement ni aucune étude sur le sujet et pour le lecteur qui arriverait sur ce sujet directement, seul ne m'intéresse que le travail intérieur. Manipuler un rêve pour jouer ou devenir quelqu'un d'autre n'a pour moi aucun intérêt.

La question qui est de savoir à quoi un rêve correspond est la plus délicate. Certes il existe des dictionnaires qui permettraient d'interpréter les rêves, donc qui feraient référence à une symbolique qui serait commune à l'humanité et à laquelle on pourrait se référer pour comprendre pourquoi nous rêvons ceci ou cela. C'est certes possible, je ne rejette pas l'idée d'emblée. Je m'interroge tout de même : là où un occidental de plaine rêverait de tomber d'un gratte-ciel, est-ce qu'un oriental montagnard rêverait de tomber d'une falaise ? et est-ce que cela aurait la même signification symbolique ? Je n'ai pas la réponse et je ne m'aventurerais pas sur ce terrain-là. Une chose est certaine, c'est que le rêve est un élément commun à chaque humain sur cette planète. Et à partir des rêves, il est possible de créer de la conscience et de la présence, à condition de passer du rêve inconscient au rêve conscient.

Commençons par les plus communs : les rêves inconscients. J'ai remarqué qu'il en existe plusieurs états selon la lumière qui les éclaire. J'appelle rêve inconscient ceux où un spectacle se joue sans que l'on soit véritablement conscient de ce qui se passe; on subit mais on ne peut agir dessus, et souvent on oublie tout au réveil. Encore une autre précision. Lorsque je parle de lumière avec un L minuscule, je ne parle pas de Lumière divine où je mets un L majuscule. Je définis les rêves comme un contact non contrôlé, donc non volontaire, entre l'esprit et certains niveaux de conscience que l'on occulte à l'état de veille, qu'ils soient sub ou sur conscients. L'esprit est l'organe de perception, qui passe, à l'état de veille, à travers les sens, pour entrer en contact avec le réel. Dans le sommeil, et donc a fortiori dans les phases de rêves, l'esprit se déconnecte plus ou moins des sens et alors restent les impressions sensorielles, c'est-à-dire les éléments de conscience résultant du contact des sens avec le réel. Pour faire simple, dans le sommeil, il y a l'esprit qui vagabonde dans la conscience, dont un espace est considéré comme personnel, et l'esprit, habituellement identifié à tout cet univers que l'on appelle "moi", se désidentifie partiellement pendant le sommeil. Il a donc une liberté que l'état de veille ne lui offre habituellement pas et une relation au corps et à la conscience différente de l'état de veille. L'esprit peut entrer en contact avec toutes sortes de consciences : la conscience collective, ou la conscience d'un voisin, ou la conscience d'une personne décédée, ou la conscience d'un lieu ou de je ne sais quoi d'autre. Tout cela est tout à fat possible et même ordinaire, car il n'y a pas de séparation. Et ceci se fait de façon tout à fait incontrôlée, donc inconsciente. La lumière qui éclaire donc la conscience à ce moment-là est donc la lumière de l'esprit (de couleur blanche pour ceux qui la voient), que j'écris avec un L minuscule. Le rêve semble être un mécanisme nécessaire qui permet d'évacuer tout ce qui nous "colle", comme par exemple les projections émotionnelles que l'on peut s'envoyer allègrement les uns sur les autres. C'est certainement un mécanisme de survie qui amène l'esprit à ne pas se cristalliser sous de multiples couches de consciences non intégrées, tant que c'est possible. Prenons un exemple : un proche est mécontent de vous mais ne vous le dit pas forcément. Il projette cette intention vers vous mais votre sensibilité ne vous permet pas de ressentir cette projection à l'état de veille. Or, cette projection est désormais présente dans votre environnement personnel et "adhère" à votre propre conscience. Il y a de très fortes chances pour que celle-ci passe à travers votre sommeil et se révèle sous une forme ou une autre à travers un rêve. On peut ainsi se retrouver en rêve dans un état que l'on cache à l'état de veille, ou que l'on travestit pour préserver l'image que l'on a de soi aux yeux des autres. Ou au contraire, exprimer des états émotionnels que nous ne nous autorisons pas. Souvent avec ce type de rêves, nous nous retrouvons au réveil avec des sensations et des impressions résultantes de nos réactions nocturnes et au mieux avec la possibilité de mettre en place dans le réel un comportement dont nous n'aurions pas eu la lucidité d'appliquer auparavant. Le rêve est alors enseignement.

Il me semble que les rêves inconscients nous révèlent surtout un état émotionnel. Par exemple une nuit, je devrais dire sur le petit matin puisque c'est surtout à ce moment-là que l'on se souvient de nos rêves (quand on s'en souvient) et après une journée de travail qui m'a laissé insatisfait, je me vois sortir d'un train, au terminus, avec mes enfants. Nous sommes obligés de passer par ce qui semble être un chantier naval, nous passons sous de gros paquebots, je connais cet endroit et je leur fais le guide pour leur expliquer un certain nombre de choses (j'ai passé une partie de la soirée à expliquer des maths à ma fille...). Puis nous avançons et devons passer par tout un dédale de quais et de couloirs, dans une forêt de machines diverses, montant et descendant des escaliers, passant sur des ponts métalliques, ou en dessous,... Au bout d'un moment, je m'aperçois que des personnes nous suivent, des proches, des inconnus, cherchant la sortie; certains ont beau être dirigés, ils n'en font qu'à leur tête; ça m'agace. Ils sont perdus et se collent à nous pour pouvoir sortir. Ce qui s'avérait être une balade sympa avec les enfants est soudain devenue une "prise de tête". Je me sentais obligé d'orienter tout ce monde vers la sortie, mais cette situation est vite devenue galère. J'avais beau essayer d'appliquer toute la présence que je pouvais à ce rêve, la seule chose que je percevais était l'agacement. Et c'est bien dans cet état que je me suis couché la veille... J'ai donc décidé de me réveiller pour en sortir. C'est, au passage, une belle allégorie à l'état de rêve éveillé et inconscient que l'on vit au quotidien à l'état de veille... Comprenne qui pourra !

Lorsque le rêve est inconscient, incontrôlé, il nous possède, avec le risque que derrière le rêve se trouvent des entitiés qui manipulent notre conscience et se nourrissent à travers nos émotions. J'ai déjà décrit ces phénomènes par ailleurs. Tout le travail va résider dans le fait d'amener de la présence et de la conscience. Pour cela, il faut réaliser que nous sommes en train de rêver, c'est la première étape. Le rêve doit passer à l'état conscient, mais je conviens que ce n'est pas évident. C'est un "truc" à trouver, une vigilance à avoir dans un état où en principe cette vigilance est éteinte, je dirais plutôt amorphe. Ca peut ne pas marcher tout le temps. Ici se trouve un point important : la vigilance n'est pas un état de tension qui mobilise de l'énergie, c'est un état d'éveil, d'éveil de l'esprit, qui est présence à soi, et qui possède sa propre énergie. Cette vigilance de l'esprit se travaille principalement en méditation, assise ou allongée, statique ou dynamique. Cette vigilance qui est présence à soi, à nos sensations, perceptions, impressions,... à chaque instant. Alors cette présence se prolonge dans le sommeil. Le corps se détend et plonge dans le repos, l'esprit se détache partiellement et capte les mouvements qui s'opèrent alors dans la conscience, qu'il transforme en ce que l'on appelle "rêves". Tant que la présence à soi ne se développe pas à l'état de veille, elle a peu de chances de se développer à l'état de sommeil. Mais je ne veux pas en faire une règle absolue. Je sais que certaines techniques ne se concentrent que sur le travail nocturne et moins sur l'état de veille.

Lorsque l'on a "accroché" un rêve, on cherchera ensuite à en intensifier sa lumière. Pour cela, il s'agit d'amener un maximum de concentration dans le rêve pour en ressentir l'ambiance, percevoir un maximum d'éléments, de sensations,.. tout en gardant le corps sans tensions. A ce niveau-là, il est important d'avoir une respiration lente et profonde. Cela signifie que l'attention ne doit pas être ciblée, mais élargie; élargie à ce qui se passe dans le rêve, aux sensations du corps, à la respiration. On peut dire que c'est une méditation à part entière, même si elle ne dure pas longtemps. Si l'on n'arrive pas à faire cela, je devrais dire : tant que l'on n'arrive pas à garder ces éléments en place, on se réveillera à coup sûr car trop en tension ou perturbé par un détail. Qu'à cela ne tienne, il suffira de recommencer une prochaine fois. Car c'est à partir de là que l'on peut commencer à creuser davantage et à tirer profit de notre activité onirique.

Au lecteur qui considèrerait ce travail comme ardu, je dirais que c'est surtout un travail de patience et donc, de longue haleine. Et je dois dire aussi que retirer l'essence de ce qui se passe dans nos rêves est loin d'être évident. Par exemple, il y a un rêve récurrent, qui ne se produit pas toutes les nuits, mais qui revient de temps à autres. Il a démarré il y a quelques années, je crois que c'est au moment de l'activation de la kundalini, ou quelques temps après. Dans ce rêve, je me retrouve systématiquement dans des combles. Je suis accroupi, le toit est très proche de ma tête, les pieds sont sur un sol instable. Parfois, ce sol est fait de planches très minces. Parfois, il n'y a que des linteaux qui se croisent. Parfois, c'est un sol en verre ou en glace friable. L'ambiance est toujours la même, même si le décor est à chaque fois différent. Je suis accroupi dans cette situation et j'ai besoin de me déplacer. Et systématiquement, dès que je fais un pas, le sol se dérobe sous mes pieds et je tombe...et je me réveille en sursaut. J'ai fini par comprendre qu'il s'agissait d'une allégorie sur mon état intérieur : le toit signifie que je ne peux pas monter vibratoirement plus haut tant que je ne suis pas descendu complètement, mais je suis toujours aussi réticent à cette descente (intégrer les aspects plus bas vibratoirement, les aspects qui se situent en dessous du deuxième chakra et en deçà). Pourtant, c'est le seul chemin à prendre, même si au final, je ne l'ai pas encore complètement accepté... Ce rêve est significatif d'un état d'être et s'il revient régulièrement, c'est bien parce que cela fait des années que j'en suis finalement au même point. Passons.

Une fois accroché le rêve et après y avoir inscrit davantage de présence tout en gardant le corps relâché et en sommeil, on peut amener davantage de conscience en captant les éléments les plus significatifs, ceux qui sont les plus en avant plan. A partir d'ici, je conseille d'intensifier sur un aspect en particulier : regarder un personnage dans les yeux, émettre une intention d'avancer dans une direction déterminée, s'interroger sur la présence de tel ou tel élément, affiner des perceptions particulières,... Cela demande de focaliser l'esprit sur un sujet, tout en gardant la conscience d'un maximum d'éléments. C'est à partir de ce moment-là que l'on peut découvrir les raisons sous jacentes à l'apparition du rêve, et entrer en contact avec l'élément de conscience qui le sous-tend, voire même entrer en contact avec des plans de toutes sortes. Mieux on réussira cette étape, plus on aura de chances d'accéder au réel, et au Divin lorsque Celui-ci agit à travers nos rêves. On aura ainsi entraîné notre esprit à agir, et notre corps à rester relâché et immobile. C'est un complément très intéressant et complémentaire à nos méditations. (je ne parle pas de voyage astral qui est autre chose)

Car les méditations vont nous permettre de travailler également sur l'ouverture du coeur, pour accueillir la Lumière divine en notre être, en plus des éléments décrits ci-dessus. La Lumière divine va faire naître notre Etre et le nourrir, puis il finira par trouver des modes d'actions non seulement dans nos activités du quotidien, par l'intuition, la sensibilité, l'empathie ou autre chose, par des formes de pré science ou de ressouvenance, mais aussi par les rêves et l'activité onirique, l'être en action nous donne une force supplémentaire, et la possibilité plus affirmée d'accéder aux espaces divins, ou à la conscience de l'univers, ou au-delà, ou à la réalité de ce qui se passe dans notre activité onirique. Les ouvertures qui seraient difficiles à avoir en méditation peuvent passer plus facilement par les rêves, justement parce que le corps est relâché et l'esprit moins contrôlant. L'être ravit alors l'esprit et dans cette unité, des distances vibratoires peuvent être franchies qui sont impossibles à entreprendre pour l'esprit encore conditionné à l'ego à l'état de veille et enfoui sous ses épaisses couches de conscience. La Lumière de l'être vient amplifier la lumière de l'esprit et présente l'avantage d'être le regard de Dieu en oeuvre à travers soi. Et au regard de Dieu rien ne peut se cacher. On voit donc le Réel. L'obscurité ne peut pas rester cachée lorsqu'elle est soumise à ce regard. Et c'est par ce biais également que la Lumière divine prend du terrain sur l'obscurité en soi. C'est avec la Lumière divine que l'être plonge dans les profondeurs obscures de notre conscience, et la transforme. Car partout où porte le Regard de Dieu, par la Lumière divine, la transformation s'opère. On a donc tout intérêt de s'ouvrir à ce regard, qui ne s'imposera à nous que si on en a fait le choix, pour que ce regard agisse à travers nous,par notre Être. Lorsque l'Être prend ainsi les rênes de l'esprit, la présence s'étend au coeur. Les concentrations décrites plus haut fonctionnent de la même façon, mais elles intègreront l'espace de l'Être. On peut ainsi vivre une sorte de dissociation entre le corps et l'être/esprit, qui laisse le corps dans un état de repos total, et donc de récupération rapide, tout en s'épanouissant dans le Divin, duquel on ramènera des forces pour creuser davantage en soi et approfondir le travail de transformation.

Pour que l'on puisse être pleinement vigilant en rêve, il est nécessaire que le corps soit disponible. Il nous est certainement déjà arrivé à tous d'avoir une grosse fièvre. Dans ces cas-là, celle-ci est souvent accompagnée de maux de tête et d'affreux cauchemars. C'est le cas typique où l'esprit ne peut pas se concentrer sereinement car le corps n'est pas disponible. Cela peut faire sourire, mais j'ai constaté que lorsque le corps est malade, perturbé ou obstrué, les rêves deviennent incohérents ou pour le moins bizarres. Il faut comprendre qu'un corps qui a des difficultés de fonctionnement ou une faible vitalité n'arrivera pas à éliminer toutes les entités qu'il contient. Celles-ci vont donc se manifester avec véhémence, provoquant des troubles au niveau de la conscience, ce qui va se traduire par des rêves impossibles à comprendre. Cela se passe lorsque nos viscères (notre deuxième cerveau !) sont encombrées et malpropres. Par exemple, faites l'expérience d'aller vous coucher la vessie pleine. Si vous arrivez à vous endormir (ce qui n'est pas assuré), observez vos rêves. Vous verrez qu'ils partent dans tous les sens. J'ose affirmer qu'il en est de même avec tout ce que le corps n'arrive pas à éliminer. On a donc tout intérêt à faire en sorte d'être le plus "propre" possible, aussi bien extérieurement qu'intérieurement. Je reviendrai sur le corps dans un autre article.  

J'en ai déjà touché deux mots ailleurs mais il me semble intéressant d'en reparler ici. Il existe des forces qui apparaissent comme des forces spirituelles mais qui n'en sont pas. Ce sont des forces de type kundalini, que la Lumière divine nous montre sous la forme du serpent. Ces forces ont la capacité de manipuler notre esprit à un point que nous ne saurions imaginer. Elles utilisent nos peurs et nos désirs pour nous maintenir dans une forme de dépendance, en leur donnant un aspect spirituel. C'est le cas par exemple des forces qui sont véhiculées par le tantrisme cachemirien, qui exacerbent les désirs et nos bas instincts en leur donnant une apparence de spiritualité. Les rêves qu'elles procurent sont lumineux, certes, mais il s'agit de leur propre lumière, et lorsque l'on résiste, elles en arrivent à contraindre l'esprit qui peut ne plus avoir de latitude et d'autonomie. Les maîtres de ses traditions finissent tous plus ou moins par devenir fous, comme celui (dont j'ai oublié de le nom), qui vivait dans des poubelles et mangeait ses excréments sous prétexte qu'ils avaient un goût de rose... C'est par la présence de l'être dans les rêves que ceux-ci finissent par apparaître dans leur réalité, et que l'on peut arriver à passer au travers pour voir qui les manipulent. Ainsi, on ne se laisse plus hypnotiser par les forces aniti divines, quand on les croise.

C'est de la même manière que l'on peut reconnaître un être divin. Ainsi cette fois où il m'est arrivé de commencer à rêver la vie de Sri Aurobindo, dans des détails qu'aucun livre ne raconte (ou pas à ma connaissance). Dans le cas où "l'inspiration" (si on peut exprimer cela comme cela) provient d'un être extérieur, que ce soit une personne décédée ou un être divinisé, l'énergie que l'on perçoit est forcément différente de celle de notre état d'être habituel. Dans ces cas-là, il est plus "facile" d'amener de la présence et de la conscience dans le rêve car on percevra que quelque chose n'est pas habituel ou naturel. Et plus on amène de présence et de conscience, et ce surtout lorsque notre être est actif en notre coeur, plus on va pouvoir passer à travers le rêve. C'est ainsi que des scènes de vie de Sri Aurobindo ont défilé dans ma conscience, et qu'ensuite, j'ai pu voir la présence de Sri Aurobindo à mes côtés. Sri Aurobindo, comme tout être divin ou divinisé, est respectueux de notre état d'être; les personnes décédées (celles qui restent attachées au plan terrestre surtout), quant à elles, le sont moins, et par volonté ou désir d'utiliser notre énergie, elles n'hésiteront pas à nous obombrer pour utiliser nos énergies à leur profit. D'où la nécessité d'une grande vigilance, au risque de se voir vite dépérir. L'Être en action en nous nous permet d'avoir ce regard qui démasque et donc cette protection nécessaire.

Pour être exhaustif, je terminerai cet article sur ces rêves si particuliers et si troublants que sont les rêves prémonitoires. Ils sont pour moi à la frange entre un rêve et ce que peut être une vision. Ils posent de véritables questions sur notre perception du temps et sur notre libre arbitre. Lorsque j'étais enfant, j'ai vu ce que serait ma vie jusqu'à à peu près l'âge de 25/30 ans, par une succession de rêves prémonitoires. Dernièrement, c'est une femme que j'ai vue en rêve/vision, une femme blonde avec un manteau et un sac blancs, dans une circonstance que je devrais savoir reconnaître lorsque ça arrivera. Je reconnais ce genre de rêve car ils se manifestent toujours de la même façon. C'est comme un vortex qui s'ouvre au milieu du front, une porte aux contours de vague qui bouge régulièrement, comme si je regardais dans une eau très claire. Je ne sais pas ce qui les provoque, je pense que l'esprit seul est capable de multiples possibilités; je ne les recherche pas. Ils arrivent parfois, me prévenant que certaines circonstances vont se manifester. La Lumière divine permet aussi de regarder dans le futur, mais de façon tout à fait différente selon le plan qu'Elle nous montre. Cela peut être sous forme de symbole, par exemple lorsque "le Roi vient épouser la Reine déjà présente" (car assise sur son trône), ce qui représente la mise en place de nouvelles énergies  pour l'âme sur la Terre. Ou cela peut être des scènes tout à fait réalistes, peut-être justement pour que l'on reçoive l'énergie de les manifester. Mais là on glisse sur un autre terrain, trop troublant à mes yeux et surtout non intégré, ce qui m'amène une grande prudence pour l'exprimer.

Nos expériences nocturnes peuvent être une grande richesse dans notre quête intérieure. Le sommeil est le repos du corps et permet à l'esprit de s'arracher temporairement de l'identification au moi. Par le sommeil, et à travers nos rêves, nous découvrons la richesse de notre univers; et nous découvrons que nous ne sommes pas ce corps. Ou pas que...

Rêve rouge, Kandinsky

Rêve rouge, Kandinsky

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Rédigé par Serge Zimmermann

Publié dans #connaissance de soi

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