Au service

Publié le 6 Octobre 2013

Au service

La sensibilité se développait de plus en plus et je ressentais l'autre en mon coeur comme une partie de moi-même. Il y avait donc quelque chose de naturel à étendre à l'autre le travail intérieur, comme un besoin pressant de mettre les possibilités qui s'offraient à moi au service. Je commençais donc par proposer des séances de méditation sur la Lumière, un samedi sur deux, tout en conservant mon job en entreprise.

Très rapidement, et grâce à quelques publicités ciblées, des personnes venaient de temps en temps pour essayer cette forme de méditation. Les groupes ne se composaient que de quelques personnes au début, rarement les mêmes, ce qui me permettait de travailler mon approche mais aussi d'accroître la confiance en la possibilité de me rendre disponible et ouvert pour un travail de groupe. Les premières difficultés n'allaient pas tarder. Peut-être deux mois après la première séance, une dizaine de personnes est arrivée d'un bloc pour participer à une méditation. Ils se connaissaient tous et de mon côté, je ne connaissais qu'une seule personne sur tout le groupe. Il y avait ce jour-là trois autres personnes qui devinrent ensuite des habituées. Nous démarrons la méditation et je passais sur chacun pour poser les mains et essayer de mettre les personnes en contact avec la Lumière. Une fois le tour des participants effectué, une personne commença à se contorsionner au sol et à gesticuler dans tous les sens. J'essayais de la calmer, ce que j'arrivais à faire en posant mes mains sur sa tête et son ventre. Puis après être retourné m'asseoir, la gigue repris de plus belle. Alors une autre personne se leva, sortit d'une sacoche une bible et commença à psalmodier quelques incantations et prières; une vraie scène d'exorciste ! Ne sachant plus trop quoi faire et sentant la situation m'échapper, je renvoyais cette personne s'asseoir et ai arrêté la méditation en demandant à tout le monde de faire de même. Mon objectif était d'attendre que la dame qui apparemment était en transe sorte de son état et retrouve ses esprits, ce qui finit par arriver mais cela dura un temps extrêmement long. Croyant en avoir terminé de cette mésaventure, une troisième personne souhaita que l'on se prenne tous dans les bras pour communier. Je refusais et stoppais la séance sur ces entrefaites. J'étais psychiquement épuisé et je ne demandais qu'une chose, bien qu'on était dans l'après midi, c'était d'aller dormir.

Si je raconte cette anecdote, c'est parce qu'elle m'a énormément marquée, et servie. D'abord je me suis demandé si je devais continuer parce que, il faut l'avouer, si c'était une épreuve, ça commençait plutôt fort. Je n'imaginais pas qu'une telle situation puisse arriver, je me rendais bien compte que je n'étais pas préparé à ce que je pouvais rencontrer et que ça ne pouvait être qu'un avant goût. Il était clair qu'il serait plus facile et confortable de ne travailler que pour moi mais je ne voulais pas en rester là. D'un autre côté, je me disais qu'il fallait bien apporter de la lumière à ce monde qui en avait bien besoin, malgré les bizarreries que je pourrais rencontrer, Dieu est toujours là. Certes, j'y avais laissé des forces mais mon travail personnel m'aidait à les récupérer. J'apprenais qu'il fallait que je fasse à ma mesure et ne pas outrepasser mes forces. Se mettre au service du monde d'accord, mais pas au point de me brûler les ailes. Pour la petite histoire, je ne revis jamais aucune des personnes de ce groupe...

Une autre fois, une dame d'un certain âge accompagnée d'un monsieur un peu plus jeune vinrent à une séance de méditation. Cette dame ne pouvait pas s'asseoir sur un coussin à même le sol, je lui proposais donc une chaise. Bien qu'elle n'ait pas été très sensible à l'énergie, elle me demanda tout de même si j'avais la possibilité de lui faire une séance de soin par imposition des mains pour ses genoux qui la faisaient souffrir. Mon seul outil de l'époque étant le Reiki, je lui proposais un rendez-vous un peu plus tard dans la semaine. La veille du rendez-vous, j'entamais une méditation comme d'habitude lorsqu'à un moment, mes mains se mirent à chauffer plus qu'habituellement. Rien de bien particulier à signaler cette fois-là mais dans la nuit qui suivit, je vis apparaître très clairement une main, ou plutôt un gant. On m'annonça : la main guérisseuse. Le matin, je médite très rapidement sur cette vision. Par le souvenir, je me replace en alignement avec la vision et j'envoie le "gant de lumière" se matérialiser vers ma main droite. Je dis "matérialiser" bien qu'il n'y ait pas eu de matière à proprement parler mais une densité d'énergie suffisamment intense pour bien sentir la forme de la main de lumière autour de ma propre main physique. Puis je laisse faire. L'heure du rdv arrive, je me rends chez ces personnes et commence la séance en suivant plus ou moins le protocole du Reiki. Arrivé aux genoux, je sens la chaleur tout autour des mains s'activer, je perçois alors dans mon corps un noeud d'énergie dans mes propres genoux. Qu'à cela ne tienne, tout en laissant l'énergie se propager dans les genoux de la personne, je décide de me centrer sur le noeud d'énergie dans mon propre corps. En positionnant mon esprit à cet endroit, je m'aperçois que je ne ressens pas de douleur mais seulement le noeud sous forme d'un point, comme une empreinte. Puis une ligne énergétique apparaît dans mon corps de ce point vers mes hanches. Je déplace alors mes mains vers les hanches de la personne et je sens que l'énergie qui entre dans le corps de la dame dessine son parcours en moi. C'est comme si on me positionnait une carte du corps de la personne dans mon propre corps. Et c'est exactement ce qui se passait, j'en ai fait bien d'autres fois l'expérience au cours de plusieurs autres séances de soins sur des personnes différentes et pour des problèmes différents également. La possibilité qui m'était offerte était de ressentir à travers mon propre corps les phénomènes qui se passaient dans le corps de la personne sur qui je me centrais, même lorsque celle-ci est une femme avec des problèmes typiquement féminins. Je me suis donc plusieurs fois retrouvé à ressentir des ovaires et l'appareil génital des femmes dans mon propre corps.

Cette expérience illustre que se mettre au service est laisser le Divin agir. Dieu agit à travers l'âme et le corps qui se tournent vers l'autre, car l'âme est le Divin incarné. Mais ça n'allait pas s'arrêter là et la Lumière offrit de m'accompagner dans le travail de connaissance de soi que je proposais également comme service.

Je m'étais aperçu par ailleurs que lorsqu'une personne me posait une question, la réponse appropriée jaillissait de ma bouche avec la plus grande précision dans les mots.pour toucher le coeur du problème que l'on me soumettait. Or, ceci ne se faisait pas en conscience. Il y avait un côté aléatoire à ces phénomènes et là encore, j'y laissais souvent beaucoup d'énergie. La Lumière allait m'aider à perfectionner cette approche. Sur la base des possibilités que je me connaissais, je proposais donc des séances de connaissance de soi. Les premières personnes qui venaient étaient issues des séances de méditation qui commençaient à prendre un certain rythme avec un groupe d'habitués. Lorsque des rendez-vous étaient planifiés, je m'étais aperçu que pendant ma douche, je percevais au-dessus de ma tête des éléments indicatifs concernant certaines problématiques humaines avec une approche pour leur résolution. Il ne me fallut pas longtemps pour comprendre que les indications que je recevais étaient directement en rapport avec les personnes que j'allais voir dans la journée. Et plus j'étais conscient de ce phénomène, plus celui-ci s'amplifia. Ce qui était somme toute assez drôle, c'est que cela se passait tout le temps quand je me douchais, je recevais une douche d'informations. L'aspect le plus intéressant est que ces informations nourrissaient à la fois ma conscience et mon être : ma conscience parce que ça me permettait d'apprendre sur la nature humaine qui est d'une infinie variété; un être humain seul ne peut pas tout connaître de la nature humaine, que ce soit dans sa manifestation mais surtout dans ses recoins les plus sombres et cachés. L'aide divine s'avérait essentielle pour être juste dans ce travail. D'un autre côté, l'être s'enrichissait des possibilités que le Divin offre pour nous guérir et nous transcender, possibilités somme toute infinies. Dieu agissait sur mon être pour qu'il se perfectionne dans la mise au diapason de la personne et qu'il puisse agir sur elle, par les mots d'abord, ceux qui parlent au coeur, et par l'énergie ensuite pour transmettre la qualité d'énergie nécessaire à l'ouverture, au déblocage et/ou à la compréhension de la problématique par la personne elle-même. Ce processus en oeuvre était indispensable à la connaissance des maux de la nature humaine que j'ai pu avoir à traiter, et Dieu sait à quel point ils sont nombreux. Un homme seul ne pas tout connaître et si Dieu ne travaillait pas à travers mon être, certaines avancées n'auraient pas été possibles.

Bien que les choses progressaient, je n'avais pas encore fait le pas de mettre ces possibilités au service d'un grand nombre de personnes. Par prudence, je gardais ces possibilités confinées à un cercle restreint de gens. Deux expériences associées à un événement extérieur m'ont fait franchir le cap vers une "professionnalisation" de ces activités. La première est le résultat d'une méditation lors de laquelle j'ai souhaité savoir quel était l'état actuel de l'humanité. La réponse à cette question m'est venue dans la nuit qui suivit. J'entendis : (voilà) l'homme ! Et je vis un énorme gorille en train de manger des bananes et de salir son environnement avec ses détritus. Un singe pensant, voilà ce qu'est l'être humain d'aujourd'hui, et voilà à quoi Dieu nous compare. Pas vraiment flatteur... La seconde expérience est arrivée quelques mois plus tard. Alors que nous étions en vacances en famille en Dordogne, mon épouse et moi-même avions loué une petite maison. A peine arrivés sur place, je m'aperçois que la maison est complètement polluée par des entités de toutes sortes. C'était à ce point insupportable que même mon épouse, pourtant pas vraiment sensible, ne pouvait pas rester en ce lieu. Je demandais à Dieu de l'aide et très peu de temps après, un éclair sortit de mes yeux. Il se créa alors sur place un phénomène particulier qui nettoya instantanément l'environnement et qui nous permit de nous installer dans cette maison le temps des vacances. Il était vraiment impressionnant de voir à quel point l'état vibratoire du lieu avait changé. Le soir venu, je me reposais dans une chaise longue sur la terrasse et fermais les yeux quelques instants en réfléchissant à la tournure que prenait ma vie quand une vision intérieure m'interrompit : une abeille en gros plan était en train de travailler à construire sa ruche et l'on me dit : au travail ! Pour parachever une réflexion qui faisait son chemin et que Dieu alimentait, une crise dans mon métier arriva en 2002 et m'interrogea sur l'avenir que je devais donner à mon existence.

C'est avec ces éléments que je pris la décision, cette même année 2002, de faire de cette activité de thérapeute une activité à temps plein. Quasiment du jour au lendemain, je démissionnais de mon emploi de cadre, sans trop réfléchir à la façon dont j'allais mener cette affaire. La suite n'allait pas être de tout repos.

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