Un projet personnel, voire plus : faire entrer la spiritualité en entreprise, par la grande porte...

Publié le 3 Décembre 2014

Voilà un article iconoclaste que j'avais envie d'écrire il y a longtemps. Il s'agit d'une réflexion mais aussi d'un projet, peut-être osé et avant-gardiste, dont je ressens le besoin de mettre en place, une fois un certain nombre de freins dépassés : amener une forme de spiritualité "laïque" en entreprise, y introduire des notions d'énergies, de sensibilité, de travail intérieur, d'alchimie interne par la connaissance de soi, mais aussi mettre ma sensibilité et mes "talents" au service de l'entreprise, du management aux collaborateurs opérationnels. L'idée, c'est pour moi d'allier deux sortes de compétences : celles acquises depuis de nombreuses années en entreprise, en pilotage de projets et animation d'équipes et les autres, acquises depuis de nombreuses années dans le travail intérieur, la connaissance de soi et l'énergétique. Les deux sont pour moi un point de convergence: l'aide, l'accompagnement et l'évolution de l'humain. Je vais certainement remettre en place prochainement pour les particuliers une démarche d'aide et d'accompagnement mais aller porter la démarche en entreprise sera un autre challenge. C'est aussi parce qu'en mon être, j'ai intégré des compétences que je mets au service de mon métier et que je peux les transmettre et apprendre à les développer. Je suis aussi poussé en ce sens par des forces intérieures.

Au-delà du projet personnel, et au demeurant d'en faire une activité professionnelle à part entière, je ressens aussi une demande, ou tout au moins une aspiration, qui émerge de la conscience collective, comme un appel. Certainement parce que l'on entre dans une ère où l'on remet l'humain au centre de l'entreprise (article Les Echos : remettre l'humain et ses émotions au coeur de l'organisation;  article de l'Express du 19/08/14), parce que les changements de conscience sont réels et avérés et qu'ils demandent un accompagnement, et parce que cet humain qui se cherche attend désormais autre chose que "perdre sa vie à la gagner" (Thoreau, 1994). Même s'il ne sait pas forcément quoi. Il ne sait pas forcément comment. Il ne sait pas forcément où chercher ni vers qui se tourner ni même comment formuler sa recherche.

Démontrer l'intérêt de cette démarche me semble vain. Soit on l'a intuitivement comprise, soit on ne dispose pas de cette dimension et il y a alors peu de chances qu'un raisonnement n'y fasse adhérer. J'ai de toutes façons bien conscience qu'elle n'est pas pour tout le monde, il est encore trop tôt. Pour en décrire quelque peu le principe au lecteur intéressé, c'est de travailler sur nos profondeurs, de prendre contact avec notre être intérieur pour faire passer l'ego à l'arrière plan, pour ouvrir les consciences aux énergies en oeuvre et accompagner les changements de comportements ou de structures que cela implique. Ce qui fait partie de nous, au plus profond de nous, ne peut plus rester enfoui et caché sous prétexte que la société n'est pas prête ou que nous ne voyons pas comment allier notre humanité, nos qualités d'être, nos talents, à nos contraintes professionnelles, ou parce que c'est peut-être plus rassurant de ne montrer que les aspects de surface ou conventionnels dans un monde encore trop régi par l'ego... Oui, mais cet ego peut être dépassé, intégré au profit d'un projet d'une dimension qui le dépasse. On peut largement mieux vivre en entreprise et s'accomplir en sachant manifester nos qualités d'être, pour soi, pour nos équipes, pour notre direction, pour nos clients, pour nos collègues, selon le poste où l'on se trouve. On peut apprendre à intégrer nos émotions tout en restant humains et professionnels, et d'ailleurs en intégrant nos émotions on acquière davantage d'écoute, de disponibilité et d'efficacité. On peut apprendre à être dans l'écoute et dans l'empathie tout en étant juste. Ou tout simplement retrouver l'humain en soi pour travailler à d'autres formes de relations entre les individus qu'au système hiérarchique et pyramidal tel qu'on le connaît encore trop. Je n'aborde là que quelques aspects mais les thèmes que l'on pourrait traiter par cette approche sont nombreux et dépassent la "simple" connaissance de soi. Cela reste à construire...

Lorsque l'on rencontre des difficultés, il est souvent plus facile de se poser face à quelqu'un de neutre qui saura écouter, poser les bonnes questions, aller chercher et faire ressortir le vrai et le juste en soi. Pour le permettre à l'autre, il faut avoir trouvé au préalable sa propre humanité. Or, les changements de conscience actuels nécessitent une autre approche que ce qui existe et qui est disponible pour l'entreprise : la voie du Coeur. Parce que de plus en plus, l'environnement nous demandera d'être authentique, et que toute forme de dissimulation ne sera plus possible, il faudra alors incarner ce que l'on transmet.

Le métier du coaching, qui englobe tout un tas d'approches diverses et variées, est selon moi une première tentative de réponse à cet appel. Mais la grande majorité des coachs ne parlent pas de spiritualité (en France cela se fait encore dans des cercles spécifiques et pas encore au grand jour), ou pas explicitement, et ne connaissent que peu de choses à ce qui se passe intra muros au sein des entreprises. Ils apportent des techniques, des trucs clé en main qui ont leur utilité dans des situations précises. Mais de là à avoir une approche globale, unifiée et profonde de l'individu dans l'écosystème dans lequel il évolue, les plus aptes à cela doivent se compter sur les doigts de la main. Pour regarder l'autre dans sa réalité et non à travers le filtre d'un modèle, il faut avoir fait soi-même un certain travail. Or, la transformation que l'on peut vivre à travers un processus tel que l'alchimie intérieure offre ces possibilités.

Je constate qu'énormément d'enseignants se tournent vers la spiritualité, très certainement parce que l'éducation nationale prend l'eau de tous les côtés du fait qu'elle est le miroir d'un malaise sociétal profond. Cette recherche leur donne certainement un sens, et une force intérieure dont ils ont besoin pour appréhender leur public et leur transmettre un savoir, peut-être aussi des valeurs. Mais le malaise n'atteint-il pas également l'entreprise ? On parle beaucoup des risques psycho sociaux (RPS) liés au stress (cf article) car de nombreuses études ont montré qu'ils jouaient un rôle de plus en plus important dans la baisse de performance des entreprises. Avec la crise, les plans sociaux et la pression toujours plus importante pour rester rentables, les entreprises ont tout intérêt à investir dans leur capital humain, et à éviter que ces RPS ne prennent trop d'ampleur.  Parce que sinon, au bout du compte, elle s'essoufle voire s'arrête et tout le monde est perdant, tout simplement.

Je le répète, je ne cherche pas à convaincre de l'intérêt d'une telle démarche. Pour moi, il est clair depuis de nombreuses années qu'il faille introduire dans l'entreprise les fondamentaux du travail sur soi et des notions plus vastes, pour que s'établisse un environnement sain et épanouissant, respectueux de chacun, ouvert et créatif. L'entreprise qui saura mettre en place un environnement permettant l'ouverture de conscience, un rapport aux autres, humain et productif, dans le respect des valeurs et des individualités (ce qu'on appelle plus pudiquement l'intelligence collective), l'écoute, le respect, l'humilité, qui favorisera la joie, le bien-être et la reconnaissance, qui fera adhérer ses employés à une vision éthique, à des valeurs fortes et profondes, et dont les managers seront l'exemple, il est évident que celle-ci gagnera forcément en efficacité et en intelligence. Comment la rentabilité pourrait-elle alors ne pas suivre ? Même si je pense que la recherche de profit déshumanisée tendra à disparaître. Il est certainement temps d'amorcer ce changement.

Je n'aborderai pas ici les aspects purement opérationnels de ce que j'envisage. Je vais tout de même aborder quelques notions qui pourraient émerger d'un accompagnement tel que je le perçois pour des dirigeants, des managers opérationnels, des responsables de service ou de domaine, des directeurs ou du middle management... en rapport avec ce que je vois et ce que je vis en entreprise d'un côté, et fonction de ce que je perçois intérieurement de l'autre côté.

Avant toute chose et parce que la période "obscurantiste" n'est pas terminée, une précaution s'impose : l'idée n'est pas de devenir un grand gourou coach de managers, ni un thérapeute de l'entreprise, qui va proposer une nouvelle façon de tayloriser le travail. Dès que l'on aborde un tant soit peu la notion de spiritualité accolée à celle du monde de l'entreprise, et surtout en France, les sonnettes d'alarme retentissent de tous côtés : attention danger ! Même si la démarche commence à être introduite en entreprise, elle l'est dans un cadre spécifique(cf articles plus bas). Pour l'avoir vécu il y a peu de temps, lors d'un entretien passé dans un grand groupe informatique, mes compétences "humaines" ont été appréciées comme étant trop "au premier plan", c'est pour dire que l'on est encore loin d'avoir l'unanimité quant à la compréhension d'amener ces valeurs en entreprise. Mais la personne que j'ai eue face à moi, et que mon expérience passée "d'accompagnateur" faisait sourire, avait bien besoin d'un travail sur lui... Si je ne nie pas les dérives qui peuvent exister, l'important c'est que chacun garde son discernement et sa liberté. A partir du moment où cette déontolongie est respectée, et que chacun sait quel est son domaine de compétences, alors il n'y a plus de problème. Cette relation de confiance sera évidemment à mettre en place mais je ne me fais aucun souci là-dessus...

Un projet personnel, voire plus : faire entrer la spiritualité en entreprise, par la grande porte...

Les notions et exemples que je présente maintenant pourront paraître fumeux au lecteur néophyte. Je vais néanmoins parler un peu des égrégores, d'énergie, d'ouverture de coeur. Les coachs que j'appelle classiques, formés à la PNL et à d'autres techniques, vont aborder l'accompagnement en s'adressant au moi et à la personnalité. Le développement dit "personnel" tient à rendre le moi plus performant, De mon côté, le lecteur l'aura certainement compris, j'aborde cet accompagnement par "l'être", ce que nous sommes réellement au plus profond de nous, et qui fait de nous des êtres uniques, des "êtres" spirituels incarnés dans la matière. Cela fait toute la différence. Je parle au coeur et c'est de ce coeur que peut naître la parole juste et l'acte juste, l'humanité et les qualités d'être de chacun... et une nouvelle façon d'être au monde... de l'entreprise.

Lorsque plusieurs personnes passent du temps ensemble, réfléchissent ensemble, oeuvrent ensemble vers un objectif commun, leurs consciences assemblées forment ce que l'on appelle un égrégore. L'entreprise est donc sous la coupe d'un égrégore, c'est-à-dire un ensemble de consciences et d'énergies qui constituent l'intelligence commune, "l'âme" de l'entreprise. La première chose que je fais quand j'ai l'occasion d'aller chez un client, c'est de percevoir cet égrégore et de m'en imprégner, cela me permet de comprendre dans quel écosystème je me trouve et quelle en est l'ambiance, la lourdeur ou la légèreté, le dynamisme... Cette perception est intéressante, puisqu'elle permet d'avoir une première idée de la qualité d'énergie dans laquelle le groupe humain qui y travaille se situe. Chaque secteur de l'entreprise a lui aussi son propre égrégore, en interrelation avec l'égrégore général. Cela permet de constituer une sorte de plan de fonctionnement de l'entreprise sur un plan subtil. Il faut noter un fait important, cet égrégore imprime des énergies, un état vibratoire sur le groupe d'individus qui y sont soumis. Or, j'ai remarqué que cet état vibratoire est impulsé par le patron de l'entreprise, ou le directeur du service, donc de façon générale par le responsable du groupe. Il est donc intéressant de noter que lorsque le responsable modifie profondément son état d'être, ou seulement légèrement, cela a un impact fort sur le groupe, ne serait-ce que parce que son état vibratoire change. L'orientation initiale qu'empruntent les énergies de l'égrégore sont imprimées par les responsables, mais elles peuvent être ralenties ou déviées par des consciences lourdes qui peuvent agir, à quelque niveau de l'organigramme que ce soit. Ce fonctionnement est similaire à celui d'un être humain seul, un organe peut à lui seul accaparer une quantité importante d'énergie s'il est endommagé, et par là ralentir l'organisme tout entier. Notre organisme fonctionne de la même façon, il est régi par une conscience globale au corps, tout comme chaque organe a sa propre conscience fonctionnant en relation avec la conscience globale. Lorsque l'organisme fonctionne de façon unifiée, il y a besoin de moins d'énergie pour avancer, l'énergie n'est plus dissipée. Dans une entreprise, c'est la même chose. C'est tout un monde d'énergies à percevoir, avec lesquelles travailler et qui s'inscrit dans un ensemble plus vaste. Pouvoir adopter cette perspective, c'est s'ouvrir l'esprit au fonctionnement subtil d'une organisation. Or, quand on sait que c'est d'abord dans le subtil que se font les premiers mouvements, et que ceux-ci influent ensuite sur le "corps", sur la matière de l'entreprise, ou sur le corps physique d'une personne, on notera l'importance d'agir à ce niveau, en travaillant profondément sur la conscience des individus qui la composent, en commençant donc par les dirigeants.

Que le lecteur n'y voie rien de mystique là-dedans... En portant soi-même de bonnes énergies, en étant droit et aligné sur son être intérieur, et en restant centré, notre champ vibratoire peut émettre des fréquences suffisamment élevées à travers nos actions et nos paroles pour d'abord écouter puis ensuite transformer une situation. Ce n'est pas un concept new age, C'est la réalité. Je vais donner un simple exemple, personnel celui-là. Il peut m'arriver d'être directif avec un collaborateur, lorsque par exemple le besoin de le recadrer est nécessaire. Quand je suis amené à faire cela, je me centre systématiquement (en fait c'est tout le temps mais j'y applique davantage de conscience pour cet acte de management délicat qu'est le recadrage), cela me permet de me situer dans une attitude positive, orientée solution, tout en étant authentique et empathique, et surtout pour trouver les mots justes qui ne vont pas fermer la personne. L'objectif est de parler à la tête, mais également de toucher le coeur et de faire circuler les énergies dans une situation où elles auraient tendance à se bloquer. Pour ceux qui connaissent le terme, c'est une forme de management par influence, même si je n'aime pas cette expression (comme savoir-être, c'est un terme qui ne m'a jamais parlé). Dans la tête de beaucoup de monde, influence sous-entend manipulation. Ici, je signifie plutôt le fait d'imprimer une direction et un mouvement aux énergies du collaborateur dans la direction qu'il est nécessaire de prendre, tout en le respectant. Je vais être honnête, ça ne marche pas forcément du premier coup, sauf pour les personnes très réceptives. Et auquel cas, je me suis déjà trouvé dans des situations où les énergies circulaient tellement bien que ça produisait une ouverture du coeur et de la conscience du collaborateur, qui est devenu alors moteur lui-même du groupe dans lequel il travaillait, alors qu'auparavant il pouvait être un frein.

Pour illustrer une autre situation où cette fois c'est moi qui étais sur la sellette, je renvoie le lecteur à cet article : ce que Dieu attend de nous. Cet article illustre comment amener la Lumière dans une situation pour le moins difficile. Sur la base de cet exemple, je suis convaincu que tout manager manifestant une ouverture de coeur et travaillant de bonnes énergies peut contribuer naturellement et de façon efficiente à un meilleur climat dans l'entreprise, mais aussi à son développement. économique, créatif, humain en agissant par l'intelligence du coeur, car étant lui-même dans cette dynamique. Quoi qu'il en soit, il faudra bien en arriver à cela un jour ou l'autre parce que c'est ce vers quoi l'humanité tend.

Alors certes il y a des techniques toute faite pour à peu près tout ce qui se passe dans l'entreprise. Le coaching est cette discipline qui fait prendre un certain recul et donne des techniques aux managers principalement pour appréhender rapidement les situations professionnelles auxquelles ils sont confrontés. Dans une démarche d'amélioration continue et rapide, je trouve que c'est plutôt une bonne chose, bien que beaucoup des "trucs" donnés lors de ces formations sont issus de modèles psychologiques (pyramide de Maslow, triangle de Karpman,...) qui ont leurs propres limites "déshumanisantes". Pour avoir suivi quelques-unes des formations à ces outils, j'ai vu que beaucoup de managers revenaient d'eux-mêmes à leurs comportements instinctifs et que ces techniques étaient vite oubliées, ou en tous cas peu intégrées à leur management. D'autres les utilisent pour obtenir davantage de pouvoirs et entrer dans des jeux de manipulation, avec l'objectif d'en être le "maître". Le fait d'avoir pu participer à ces formations me permet de voir qui utilise les techniques, comment et pour quels objectifs. Concernant les techniques elles-mêmes, elles ont le mérite de donner des outils clés en main pour aborder certains types de situations, à condition d'être utilisées à bon escient. Cet aspect n'est pas contradictoire avec la nécessité d'un accompagnement au travail sur soi. Cela demande d'être clairvoyant sur ses motivations.

Parlons un peu de l'ego. Ce qui oriente une personne vers l'enfermement et les comportements dysfonctionnels, ce sont ses objectifs égoïstes, souvent motivés par un émotionnel non intégré et des croyances limitantes. On a tous des objectifs spécifiques, mais il faut bien faire le distingo avec les objectifs égoïstes, c'est-à-dire ceux qui sont élaborés aux dépens des autres. Je crois que l'on peut remédier à cela en apprenant le détachement, ou pour formuler autrement, en s'oubliant soi-même. On donne ainsi une chance de grandir... C'est ce que j'apprends aux chefs de projet que j'ai l'occasion de piloter ou d'accompagner. Le fait d'être au centre d'un projet ne fait pas de nous le roi du projet. Au contraire, c'est un rôle de facilitateur, qui permet de mettre le projet en musique comme il se doit. Ceux qui commettent l'erreur de se mettre en avant (le projet, c'est moi !) finissent par le payer rapidement : en pensant trop à eux-mêmes, ils en oublient le projet lui-même et l'équipe qu'ils gèrent, ou le client, ou l'entreprise qui les rémunère. En ne provoquant pas la réunion délicate au bon moment par exemple, parce que celle-ci les mettrait peut-être en difficulté, ils vont perdre du temps à trouver des raisons pour ne pas le faire, ou pour rejeter la faute sur un tiers. Puis par effet domino, un projet peut vite se retrouver en risques majeurs, le responsable en souffrance et la crédibilité de l'organisation en danger. Combien de fois j'ai vu cela !

Apprendre à s'oublier soi-même, donc à mettre son égo à l'arrière plan, ou mieux, à l'intégrer, c'est de la connaissance de soi pure et dure, ou pour être plus juste, pure et douce ! C'est apprendre à discerner nos émotions, nos peurs, nos faiblesses, nos croyances,...et à les dépasser ou les intégrer pour en faire des forces. Je n'ai pas vérifié mais j'ai lu un jour que les "entreprises" (au sens large du terme) qui marchaient le mieux étaient celles qui étaient tenus par des moines, en tous cas des personnes au service d'une oeuvre plus grande que leur propre vie. Les entreprises situées à Auroville par exemple sont sur ce modèle où les personnes travaillent, non pour un salaire (là bas, dans la communauté, il n'y a pas d'argent pour les habitants, tout est mis en commun) mais pour une oeuvre plus grande. (le développement intérieur de chacun et le développement de la communauté). C'est d'ailleurs ce que je dis à tous les chefs de projet : vous êtes au service du projet. Cette notion de service est particulièrement importante pour chaque acteur de l'entreprise, mais elle ne pourra être effective que si l'entreprise n'en tire pas un profit au dépend de l'individu.  Evidemment, chacun attend une reconnaissance, financière d'abord, mais humaine également, c'est...humain ! Cette reconnaissance fait partie des premiers facteurs de motivation bien connus. Or lorsque l'on travaille dans un esprit non égoïste, on a forcément un retour, pas toujours immédiat, mais il vient toujours, et surtout, nous apprenons à fonctionner sans attentes. On a au moins sa conscience pour soi, et un projet réussi grâce aux actions efficientes que l'on aura menées nous amènera forcément une force sur laquelle capitaliser. Travailler de la sorte procure une grande liberté, même dans un cadre restreint. Et la liberté amène de la créativité. Donc toute l'organisation est susceptible d'en tirer bénéfice. Cela demande donc de dépasser toute forme d'égo, et cela aussi s'apprend. Par exemple, on apprendra à ne plus réagir à certaines situations, à se poser pour prendre une décision sereinement, ou à appréhender une situation sous un autre angle; les possibilités sont quasi infinies parce que chaque personne est unique, et évolue dans un cadre particulier. C'est la raison pour laquelle j'ai personnellement des difficultés avec les techniques clés en main. Elles tendent à faire entrer l'humain dans un modèle en occultant souvent le réel, et donc à le déshumaniser.

On voit donc bien, du moins je l'espère, à quel point un "coaching" orienté "spirituel" peut être d'un grand apport pour l'entreprise. J'emploie le mot "spirituel" pour justement appuyer sur les notions de "plus grand que soi", de sagesse de fonctionnement et de phénomènes subtils, entre autres choses. Dans le meilleur des cas, et à mon avis c'est l'avenir proche, l'entreprise sera elle aussi au service du tout. En effet, une entreprise qui fait de l'argent aux dépens d'un tout plus grand (le pays, la société, le monde) ne pourra plus exister (par exemple les armes, le tabac, la malbouffe,...). Chaque personne devenant conscient de lui-même deviendra conscient du tout, et donc sentira qu'il fait partie du tout, et qu'en agissant de façon égoîste, il tirera son égrégore vers le bas, plutôt que de l'emmener vers le haut, acceptera des situations positives, en rejettera d'autres qui contrarieront sa conscience... Et par effet domino, lorsque l'on tire un égrégore vers le haut (ou vers le bas), c'est toute la conscience collective qui est tirée vers le haut (ou vers le bas); tout le monde est acteur. A l'inverse, en fonctionnant à l'encontre de l'éco système, ou au prix de la santé des collaborateurs (tel un organe défectueux dans notre corps), une entreprise ne pourra pas exister longtemps, ou alors il faudra qu'elle se réajuste au prix d'efforts colossaux.

Le sujet est particulièrement vaste. Un seul article ne peut pas traiter tous les aspects ou les applications possibles de ce genre d'accompagnement. Peut-être y en aura-t-il d'autres plus spécifiques. Donc si vous lisez ces lignes et vous en percevez l'intérêt, pour vous ou votre organisation, personnellement ou professionnellement, n'hésitez pas à me solliciter par l'espace de discussion ci-dessous (cliquer sur le lien voir les commentaires ci-dessous). Vos questions et remarques sont aussi les bienvenues.

Quelques liens intéressants en rapport avec le sujet :

La télé de Lilou, interview de Frédérik Leloup (35 min)

http://ecologie-manageriale.fr/category/spiritualite-et-management/

Une nonne chrétienne qui fait du coaching en entreprise : http://mariechristinebernard.org/docs/la_croix_article_coaching_26-09-04.pdf

Demande croissante d'un coaching "plus profond" : http://www.paraboles.net/site/business_4.php

http://www.lexpress.fr/emploi/business-et-sens/sagesses-et-business_1211989.html

un très long mais intéressant article sur le sens et l'avenir possible du travail, ici

 

Rédigé par Serge Z

Publié dans #Réflexions

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