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Publié le 2 Mars 2014

On est en 2006. Après avoir essayé de retrouver par mes propres moyens mais sans y parvenir un semblant de stabilité, je cherchais quelles pratiques pourraient m'aider à aller de l'avant et à sortir de l'ornière somme toute profonde dans laquelle je me trouvais. J'avais passé trop de temps dans l'inertie à me lamenter sur mon sort, et même si je suffoquais sous les pollutions, il était temps que je me reprenne en main et que je me remette dans l'axe de la transformation, même si à ce moment-là, l'objectif était surtout de retrouver un peu de calme intérieur et le lien avec mon coeur, et si possible, de trouver l'énergie qui saurait me nettoyer intégralement. Je me suis alors tourné méthodiquement vers tout ce que je connaissais, directement ou par ouï dire. Plusieurs de mes connaissances du sud de la France pratiquaient au Sahaj Marg. C'est donc par là que j'ai  décidé de commencer.

Le Sahaj Marg est le descendant du Raja Yoga, le yoga du mental, qui est lui-même une des branches du Yoga de Patanjali. Dans les temps anciens, on demandait aux disciples de mettre en oeuvre dans tous les plans de sa vie une discipline de vie stricte, pour ceux qui souhaitaient se mettre dans l'axe d'une spiritualité authentique; c'est la partie disons morale nécessaire, préliminaire à toute démarche. Tant que cette discipline n'était pas instaurée, ou qu'elle était instable, le disciple n'accédait pas au stade suivant. Une fois que le maître avait jugé que le disciple était prêt, il lui faisait pratiquer les postures puis les respirations pour le préparer physiquement au stade suivant du yoga de l'énergie, lui-même composé de plusieurs aspects dont le yoga du mental, le dernier stade de la discipline. Au fur et à mesure des époques, ce système s'est dégradé mais il s'est aussi rationnalisé et étendu pour atteindre le plus de personnes possibles. En effet, aujourd'hui le yoga des postures n'est plus réservé aux disciples cherchant la transcendance ou l'immortalité et est devenu, pour beaucoup, une gymnastique douce ou un moyen de garder la santé et la souplesse. D'un autre côté, on ne trouve plus beaucoup aujourd'hui de yoga des postures qui intégre une dimension énergétique, j'en parle d'expérience. Et quand on en trouve, il faut faire très attention aux énergies qui sont véhiculées. Mais c'est un autre débat. Ainsi, le yoga du mental, appelé aussi le roi du yoga, qui était auparavant réservé aux disciples les plus prêts et les plus expérimentés, a perdu peu à peu de son aspect élitiste pour se démocratiser. Quand les maîtres du Raja Yoga ont voyagé et qu'ils ont connu l'Occident, ils ont estimé que les occidentaux étaient, contrairement à eux, des êtres mentaux et qu'il était préférable qu'ils abordent le yoga par le Raja Yoga. Ainsi s'est-il davantage rationnalisé pour devenir ce que nous connaissons sous le nom de Sahaj Marg, qui signifie Voie Simple ou Naturelle.

Pour comprendre ce qu'est le Sahaj Marg, il faut savoir au moins deux choses : la première est que le but de cette discipline est de se débarasser des "samskaras", terme indien qui sgnifie "tendances, impuretés", par la pratique de la méditation d'un côté, et par la transmission du maître, d'un autre côté. Ensuite, et cela découle du premier précepte énoncé précédemment, c'est que le maître, qui ne peut pas être partout, délègue, si l'on peut dire, son pouvoir à des personnes triées sur le volet qui vont lui servir de relais pour le travail intérieur avec les disciples; on appelle ces personnes dans le système du Sahaj Marg : des précepteurs. Chaque disciple a un travail régulier à faire avec le précepteur qui lui est attitré, qui consiste en une méditation en face à face pour que le maître, à travers le précepteur, puisse nettoyer le coeur du disciple, sur un plan subtil bien entendu. Pour démarrer dans la pratique du Sahaj Marg, il faut donc connaître au moins ces deux éléments et accepter de faire le travail qui est demandé : voir le précepteur une fois tous les 8 à 10j, assister à la méditation du dimanche matin qui est internationale, et pratiquer tous les jours la méditation du matin et celle du soir.

Je pris donc contact avec la préceptrice chargée du travail du Sahaj Marg à Lille. C'était une femme d'une cinquantaine d'années, qui habitait dans un appartement bourgeois du centre de Lille. Comme je ne travaillais plus et que c'était assez près de chez moi, j'y allais en vélo et en profitais pour choisir des horaires de séances en dehors des heures de bureau. Le premier contact fut sympathique. Elle m'expliqua en quoi consistait le Sahaj Marg, qu'il fallait démarrer par trois "cleaning", càd trois séances de méditations en face à face avec elle, rapprochées de quelques jours seulement, et ce pour initier le travail. Suite à ces trois séances, je pourrai engager les méditations quotidiennes puis la méditation du dimanche.

Je remarquai très vite à quel point les séances de cleaning activaient le coeur et permettaient un travail d'intériorisation. Les séances duraient 30 minutes maxi et même si ça me paraissait court, cela me paraissait suffisant. Il y avait bien une action subtile de forces que je n'allais pas tarder à voir de mes propres yeux. Dès que je fus autorisé à aller à la méditation du dimanche, je n'en manquais pas une. Celles-ci se passaient dans le salon de la préceptrice, pièce qui était réservée à cette pratique le dimanche matin mais que nous devions libérer très vite pour que son mari puisse profiter du reste de son dimanche devant la télé. Le groupe se composait d'à peine sept personnes, préceptrice comprise; toutes ces personnes ne venaient d'ailleurs pas de façon régulière. L'énergie en présence avait cette particularité de nous appuyer tellement sur la tête qu'à chaque fois que j'ouvrais les yeux, je nous voyais tous penchés en avant, le menton sur la poitrine, quand on ne dormait tout simplement pas. 

Les semaines passaient donc sur un rythme qui avait fini par s'établir sur les pratiques du Sahaj Marg. Ca ne réglait pas mes problèmes de mauvaises énergies, ou seulement en surface, mais au moins, ça me permettait de retrouver des sensations au niveau du coeur et je voyais que ma sensibilité retrouvait son fonctionnement naturel au contact de bonnes énergies. Quelque part, ça me permettait de trouver un certain équilibre et de me reconnaître; je n'avais pas encore compris que ce que je traversais devait tout au contraire me pousser à aller de l'avant et non pas à m'accrocher à qui j'étais; je reviendrai plus précisément sur ce point important. Au fur et à mesure des pratiques, je m'apercevais que l'énergie commençait à ouvrir des points sur le sommet du crâne, puis de méditation en méditation, un système de points d'énergie commençait à se dessiner dans la colonne vertébrale, partant du front, passant par le sommet du crâne puis decendant le long de la colonne jusqu'au sacrum. Je crois me souvenir que onze points avaient finis par s'ouvrir, tels des fleurs en éclosion, après quelques mois de pratiques. J'avais doucement commencé à en parler à la méditation du dimanche, car la préceptrice nous sollicitait pour connaître nos perceptions. Au début, je parlais en dernier pour ne pas trop en dire, de façon à garder une certaine continence dans mes propos et à ne pas attirer l'attention. Comme personne du groupe n'avait de perceptions subtiles, et que la plupart attribuait l'appui de l'énergie sur la tête à la fatigue, je décidais de ne pas trop en dire et ne dévoileait que ce qu'il me semblait être le strict minimum, pour conserver le partage des perceptions subtiles avec la préceptrice lors des séances de cleaning.

Elle, par contre, aimait exprimer son ressenti, que ce soit pendant les cleaning que pendant les méditations du dimanche. Je me pris donc au jeu et lui exprimais assez vite mes propres perceptions. Plus les points s'ouvraient, plus les perceptions devenaient subtiles et profondes, et plus j'avais de choses à raconter. L'énergie véhiculée par le Sahaj Marg est de type descendant. Elle est une émanation de la conscience de Krishna, comme peut l'être le Supramental de Sri Aurobindo par exemple, mais dans un autre mode d'action. Son action sur le mental est donc bien réelle et amène beaucoup de douceur, j'en avais bien besoin. Le Sahaj Marg dit que les tendances sont comme des rivères qu'il faut d'abord assécher puis tel le vent, les éroder progressivement jusqu'à ce qu'elles disparaissent. Je voyais de mon côté que l'énergie progressait profondément en moi jusqu'à atteindre des zones profondes de conscience et évacuer des entités ainsi que certaines énergies. J'avais exprimé à la préceptrice ce que je vivais par ailleurs et à quel point il était important pour moi de faire tout ce qui était possible pour me sortir de ma situation que je vivas si mal. Alors je lui confiais certaines expériences faites avec l'énergie du Sahaj Marg ou comment l'énergie déstructurait des consciences cristallisées pour ensuite en évacuer les samskaras, résidus psychiques issus de cette déstructuration. Je lui confiais également l'ouverture du système de points et ce que je ressentais en rapport. Je ne me rendais pas compte que je lui en disais trop, et un jour, elle me fit part de son agacement par rapport à ce que je lui disais. Du coup, je n'ai pas osé lui dire que lors d'une méditation de groupe, j'avais eu la vision de Sri Ram Chandra (le second maître du Sahaj Marg, la photo ci-dessous) qui voyageait dans la conscience en nageant une brasse coulée du plus bel effet et qui avait ouvert une sorte de vortex au-dessus de nous.

Pour elle, il n'était pas possible que quelque disciple que ce soit ouvre autre chose que le point du sommet du crâne. Il n'était pas possible que quelqu'un, dans le système du Sahaj Marg, puisse avoir plus de sensibilité que les précepteurs qui étaient spécialement entraînés pour plonger, par le pouvoir du maître, dans le coeur des disciples. Et il n'était pas possible, selon elle toujours, de recevoir quoi que ce soit directement, sans passer par le maître actuellement incarné ou par le précepteur. A ce propos, il planait un doute chez les disciples du Sahaj Marg car à cette époque, un livre aurait été dicté par Sri Ram Chandra en channelling à une disciple; de l'avis des précepteurs, cela écorchait leurs croyances dans le tout pouvoir du maître actuel, qui lui, n'avait rien reçu. 

Au bout de quelques temps, je décidais de ne plus lui parler de mes perceptions. Je continuais néanmoins le travail et même de l'approfondir en participant à d'autres activités. Parmi celles-ci, il y avait des groupes de paroles locaux et des méditations au centre national de Paris. Les groupes de parole étaient uniquement basés sur les enseignements du maître transmis par les livres ou par les précepteurs qui recevaient, dans des conditions spécifiques, un enseignement plus approfondi. Ils devaient ensuite se charger de transmettre ces mêmes enseignements à leur groupe de disciples. Le souvenir qu'il me reste de ces quelques moments passés avec les disciples lillois, et une fois avec les disciples belges au centre de Bruxelles, est cette phrase répétée inlassablement : "le maître a dit que...". Il s'agissait de faire part de ce qui pouvait surgir en nous de réflexion à l'écoute de l'enseignement transmis par le maître. Mais lorsque nous en discutions la signification, voire même le bien-fondé de ce qui nous était transmis, nous étions sans cesse recadrés sur le thème que parce que le maître l'a dit, il ne pouvait en être autrement. Et là, pour moi, ça commençait à coincer. Je demandais fréquemment à la préceptrice : "mais toi, tu penses quoi de ce thème-là ?" Et elle revenait inlassablement sur : "rien, c'est le maître qui l'a dit, alors c'est comme cela.". 

Je suis resté un peu plus d'un an à pratiquer au Sahaj Marg. L'énergie est bonne et très intéressante d'un point de vue spirituel. Lorsque j'ai annoncé mon départ après une méditation de groupe, j'avais au préalable bien réfléchi la décision, celle-ci apparaissait comme un soulagement pour la préceptrice, car je la dérangeais de plus en plus. De mon côté, il n'était pas possible de poursuivre une voie qui, même si elle était intéressante, constituait par ses pratiquants une forme d'emprisonnement, presque une religion. Suivre un maître n'était pas dans mes intentions initiales mais dans les circonstances, cela me semblait être nécessaire quelque temps. Or, je sentais bien intérieurement que me conformer à des principes rigides ne répondait pas au besoin de liberté et d'intelligence que je devais développer pour sortir de la situation compliquée que je vivais. Donc prendre la décision de quitter était mettre dans un côté de la balance la réalité de mon coeur et de l'autre, la sécurité d'une voie certes intéressante mais qui ne faisait pas avancer mon problème de pollutions. Je ressentais l'attachement à un maître ou à des enseignements ou à quoi que ce soit comme une chaîne de plus, même si j'ai pu me reposer un peu sous cette protection. Or, il me fallait me libérer de toutes mes chaînes, même de celles sécurisantes que l'on peut trouver sur une voie balisée. Je ne reproche rien à cette préceptrice qui a cherché à faire du mieux qu'elle pouvait, ni au groupe de personnes qui sont dans cette voie et qui se sont mis sous la protection du maître et de ses enseignements. Mais ce n'est pas entrer dans une démarche d'adulte spirituel que de tout le temps tenir la main de quelqu'un.

Début 2007 je reprenais une activité salariée. Je n'avais donc plus beaucoup de lattitude pour les activités du Sahaj Marg; la décision précédente m'emmenait donc vers l'inconnu, et d'autres pratiques. 

Depuis tout ce temps, Sri Ram Chandra continue de nager joyeux dans l'océan de félicité en aidant à la descente des forces...

Sri Ram Chandra de Shahjahanpur

Sri Ram Chandra de Shahjahanpur

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