Rencontre sur le chemin

Publié le 27 Janvier 2013

L'expérience avec le maître tantrique m'avait laissé sur ma faim. Je savais ce que je ne voulais plus trouver, mais je ne savais pas vraiment ce que je cherchais. Certains autres enseignements ne m'attiraient pas, soit parce qu'ils faisaient appels à des "maîtres" ou prétendus, soit parce que mes perceptions m'interdisaient d'y aller. J'allais abandonner toute recherche lorsqu'un jour, je tombais sur un site internet qui m'interpella.

L'expérience d'éveil de kundalini qui y était décrite, même si elle n'avait pas grand-chose à voir avec ce que j'avais pu vivre quelques mois auparavant, m'apparaissait comme très intéressante. Les perceptions que l'auteur relevaient ressemblaient par contre très fort à ce que je ressentais et à la façon dont je vivais les choses depuis l'activitation de ma propre kundalini. Outre mes perceptions, je me sentais particulièrement enclin à rencontrer cette personne, à la fois pour me mettre les idées au clair sur ce que j'avais vécu, mais aussi pour vérifier si son expérience était réelle, comme tous les signaux me l'indiquaient. Je l'ai donc contacté pour prendre rendez-vous.

Nous nous sommes rencontrés à Paris un week-end de mai. Arrivé en avance je m'assois sur une contre marche située sur le pas de porte à côté de l'immeuble où nous devions nous retrouver. Peut-être 10 minutes plus tard, je vois sortir la personne en question que j'avais reconnue grâce à la photo de son site. Comme j'étais un peu en retrait, il m'est apparu de dos mais je remarquais de suite une aura assez étendue de couleur dorée. J'avais la certitude intérieure que son témoignage relatait une expérience en complète corrélation avec sa réalité, il ne restait plus qu'à faire connaissance pour savoir ce que je pouvais retirer de cette rencontre.

Nous nous sommmes assis en tailleur l'un en face de l'autre, dans une salle étroite et peu éclairée. Il engagea la conversation en me demandant pourquoi j'étais là. J'expliquais à Paul (appelons le ainsi pour respecter son identité) les quelques dernières expériences, et que j'avais fait le déplacement pour avoir son avis sur ce dont il s'était agi. Ses réponses étaient plutôt évasives. Autant j'étais dans l'ouverture et le partage, autant je le trouvais renfermé, froid et peu enclin à la discussion. J'essayais de capter son état intérieur et plus je ressentais, moins les mots me venaient facilement.

Je vais faire ici une petite digression. Quand je suis en relation avec quelqu'un, même si c'est un peu moins vrai aujourd'hui, mais ça l'était particulièrement à l'époque, mon état de perception est tel que ce qu'est l'autre en lui m'oblige à adapter mon langage et, de façon générale, tout mon état d'être. Ainsi, face à quelqu'un qui serait un menteur invétéré, je ne peux rien dire, je suis comme bloqué, même si c'est la première fois que je le vois. A quelqu'un qui souffre, même s'il cache sa souffrance derrière une attitude ouverte, je perçois sa souffrance et j'essaie d'apporter mon aide d'une façon ou d'une autre. Quand j'étais plus jeune, mon père avait repéré cette faculté, même si elle était moins développée qu'après la kundalini. Il l'utilisait pour savoir à qui il avait affaire. Autant cette intention me dérangeait, autant me sentir être un instrument de pouvoir m'était insupportable. J'arrêtais donc ce système en ne lui révélant plus rien de ce que je pouvais ressentir de l'autre personne. L'être humain est complexe et avec l'expérience, j'ai appris à ne plus être autant attaché aux perceptions pour essayer d'avoir le regard le plus large possible sur l'être que j'ai face à moi. Mais c'est un autre sujet.

Donc, pour revenir à cette rencontre, j'avais l'habitude de ressentir toutes sortes de choses rien qu'en me mettant à l'écoute, mais là, je me retrouvais dépourvu. Mes perceptions qui d'habitude étaient on-ne-peut-plus claires, ne trouvaient pas d'accroche, ou du moins, pas au niveau où j'avais l'habitude d'en trouver. Je sondais, je ne trouvais pas. Il me fallait faire des efforts de concentration plus intenses pour détecter et ça me troublait, car en plus je m'attachais à répondre le plus justement possible aux quelques questions qu'il me posait, je voulais être le plus précis possible dans mes réponses. Chaque question me renvoyait à mon propre fonctionnement, que je n'avais pas approfondi plus que cela, disons, pas au niveau où lui me le demandait. Il cherchait à savoir comment je viviais les choses, comment je relationnais avec les choses et les êtres. J'étais de plus en plus troublé lorsque je rassemblais mes esprits pour lui poser les questions pour lesquelles j'étais venu, à savoir si ce que je vivais avait quelque chose à voir avec la kundalini et s'il pouvait m'aider.

A la première question il me répondit par une affirmative peu convaincante. A la seconde question, il m'expliqua les cours qu'il donnait pour aider au développement de l'énergie. Je lui posais quelques questions sur les pratiques proposées, sur sa façon de procéder, sur les éventuels prérequis qu'il attendait,... les réponses étaient minimalistes.

L'échange dura tout au plus une demie heure. Je n'avais pas eu la réponse claire que j'attendais. Je suis reparti avec des questions mais aucune vraie réponse et la preuve par neuf que je n'en étais qu'au début de mes découvertes, j'avais tout à apprendre et à découvrir, au moins sur moi-même et mon fonctionnement. J'analysais l'entretien sur le chemln du retour : on s'était parlé, mais je n'étais pas sûr que l'on se soit rencontrés, on avait été sur deux plans différents. Néanmoins j'étais bien décidé à aller plus loin avec lui car je sentais une aide et une connaissance réelles, bien que nous étions assez éloignés dans nos approches.

Cette rencontre allait s'avérer d'une importance que je ne soupçonnais pas à l'époque. Paul a expérimenté nombre d'énergies et d'enseignements. Je lui faisais confiance instantanément car au-delà de l'aide dont j'avais besoin et des processus d'énergie qu'il avait expérimentés et que je voulais découvrir à mon tour, quelque chose s'était passé en moi qui me l'avait fait "reconnaître". Lorsque ce genre de choses arrivent, c'est-à-dire lorsqu'un évènement que l'on pourrait dire "balisé" se met en place dans l'existence, je le décris comme le clic que l'on entend lorsque l'on cherche une combinaison d'un coffre fort en tournant les boutons. Lorsque l'on trouve une position qui correspond au prochain chiffre de la combinaison, on entend comme un clic sourd (mes références sont celles de vieilles séries télé...) et l'on sait que l'on est sur la bonne voie. Eh bien là c'était pareil. Pas de clic évidemment, mais cette profonde certitude dans le fond de ma poitrine que quelque chose d'important venait de se passer, malgré l'apparente difficulté de communiquer.

Paul me confia plus tard que sa difficulté à déterminer ce qui se passait en moi était due à la présence de plusieurs énergies et qu'il essayait de déterminer quel processus agissait au moment de cette première rencontre. Il m'expliqua qu'il existait plusieurs types de kundalinis, certaines pures et d'autres perverties. Si mon état d'être lui laissait présumer une ouverture certaine vers des plans supérieurs, il faisait preuve de prudence car il m'expliqua que j'avais à ce moment-là, "sur moi", des énergies qui, de ce qu'il avait connu, permettaient également une activation de la kundalini, mais vers des plans non divins. Or, comme ma kundalini n'était pas complètement déployée au-dessus de la tête, il n'a pas su capter immédiatement ce qui avait pu l'activer (ou peut-être s'en doutait-il mais il ne me l'a pas dit). Ces révélations aiguisaient ma soif de connaissance et m'ouvraient l'esprit à d'autres pans de la réalité que j'avais bien l'intention de découvrir et d'expérimenter à mon tour. A cette époque-là, je ne sentais pas encore ces énergies particulières et leur présence "sur moi" ne me gênaient pas.

La date du prochain stage kundalini qu'il avait planifié étant trop loin pour l'état d'impatience dans lequel je me trouvais. Pour faire plus ample connaissance, je décidais de participer à des activités de méditation qu'il proposait par ailleurs. Je pris donc date pour une méditation planifiée peu de temps après et dont le thème était le Supramental. Paul m'apprit également qu'il était un ancien pélerin d'Arès et me conseilla de m'intéresser.à cet enseignement.

Par la suite, j'ai fait quantité de stages de développement de la kundalini avec Paul. Grâce à ses enseignements et aux qualités d'énergies transmises, l'énergie se développait hamonieusement mais je n'ai pas vécu d'éveil à proprement parler. Néanmoins ce travail trouvait toute sa cohérence aussi bien dans ce que je faisais avec lui sur ce thème mais aussi dans les autres thèmes que j'ai pu expérimentés ultérieurement. A ce moment-là de mon histoire, même si certaines choses se précisaient, je ne savais pas encore bien dans quelle direction de travail je me situais. J'étais dans une phase de découverte et d'apprentissage que Paul m'aidait à intégrer par les travaux qu'il proposait. J'apprenais à vivre avec une kundalini sans cesse active dont j'intégrais progressivement les différentes facettes (les clochettes, les sons subtils ou la musique que l'on peut entendre quand l'énergie est active faisait partie intégrante de ce que je vivais). Grâce à ce travail, certains canaux (ou nadis) s'étaient ouverts et l'énergie avait fini par passer à travers le sommet du crâne pour ouvrir le 7eme chakra. De la même façon, lors du premier stage kundalini, le 6ème chakra (celui qui se trouve au niveau du front) s'est complètement ouvert, me donnant accès à une vision encore plus précise des mondes subtils et des plans de conscience supérieurs. Ca commençait vrament bien ! Le 5eme et le 4eme chakra étaient déjà équilibrés, je n'avais pas trop à m'en soucier. Ce travail sur la kundalini me montra avec encore plus d'acuité que mes difficultés se situaient bien dans la moitié basse de mes corps physique et subtils. Je continuais donc à être vigilant et à travailler sur moi par l'observation de ce qui se jouait dans la conscience. Les éléments les plus grossiers ayant disparus, du moins à mon sens, j'intégrais progressivement l'émotionnel que je ressentais cristallisé, tout en m'ouvrant à d'autres plans que la kundalini me faisait découvrir.

Beaucoup de portes venaient de s'ouvrir en très peu de temps grâce à cette rencontre.

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