L'âme se joue de nos insomnies

Publié le 1 Août 2018

L'âme se joue de nos insomnies

Parfois la nuit mon sommeil est léger, alors l'âme en profite pour s'exprimer. Une forte chaleur dans la poitrine qui s'étend de plus en plus profondément dans le corps, et une envie d'ailleurs, d'autre chose, une soif de divin dans cette vie et ce corps de plus en plus fortes me submergent. Une foi profonde nourrie par une soif de Dieu incommensurable.

J'ai pris conscience que cette spiritualité, celle qui m'a ravi il y a des des dizaines d'années, cette spiritualité-là n'est pas une spiritualité de l'esprit, mais une spiritualité du corps. Faire rentrer la Lumière divine dans cette incarnation, c'est s'offrir la possibilité d'une plus grande liberté, de plus grandes possibilités, que "simplement" faire un travail sur l'esprit ou la conscience.

Et de plus en plus, le corps La réclame, il en redemande. Il sent qu'il peut être débarrassé d'une lourdeur dont il n'avait pas conscience auparavant. Il sent qu'il est une banque de mémoires ancestrales qui ne demandent qu'à s'évacuer par tous les moyens, dès le moment où elles sont mises à jour. Il perçoit que ce fonctionnement automatique peut être remplacé par un "autre chose" dont il n'a aucune idée aujourd'hui.

Et c'est quand le mental pose une réflexion sur ces perceptions qu'une espèce de peur intervient, que le lâcher prise de l'ego devient difficile, car l'ego, tel une mâchoire, s'accroche à tout ce qu'il peut. La réalisation, l'accomplissement de cette spiritualité n'est pas vers les hauteurs de l'esprit, elle est l'accomplissement dans les cellules qui crépitent d'une joie jusqu'alors inconnue lorsque l'Eau divine les touchent et les nourrit. Le corps sent que la Vraie Vie est dans cet accomplissement-là, dans cette fusion de l'âme et du corps, en y intégrant l'esprit.

Mais combien de résistances ? combien de mémoires à déraciner ? La Lumière qui pénètre dans le bas du corps montre des structures enracinées là depuis combien de générations ? Des images de toutes sortes apparaissent, tels des films que l'on n'aimerait ne jamais avoir à regarder, ces films qui constituent notre nature humaine si chaotique. Le plus difficile à vivre, c'est que ces structures ou images engrammées, ou certaines d'entre elles en tous cas, résistent à la libération, qu'elles s'accrochent comme par désespoir à ce corps qu'elles ont tant vampirisées au point qu'elles ne veulent pas le lâcher, comme une nourriture qu'elles ne veulent pas laisser. Alors le travail devient galérien, herculéen, titanesque, laborieux, et lent, très lent, car combien faut-il de forces pour arracher ces archaïsmes à cette nature si fragile, sans la briser ? En ce moment et depuis quelques mois, ça se traduit par ces douleurs aux genoux qui ne veulent pas passer, comme si des déchets psychiques accumulés ici ne pouvaient pas circuler vers le bas pour être épurés. Ou comme ces pensées récurrentes, dont la source vient du bassin, trop présentes, qui annoncent une mise au jour de structures situées dans cette zone. Ou encore cette sensation désagréable de brûlures dans le ventre lors d'agressions verbales et émotionnelles, fréquentes ces dernières semaines, je ne sais pas pourquoi. Et d'ailleurs d'une façon générale, je comprends de moins en moins ce qui arrive, ce qui se passe. Comprendre, c'était encore me faire croire que je maîtrisais quoi que ce soit. L'illusion est tombée.

Alors il y a cette dichotomie dans cette conquête de territoire de la Lumière dans cette incarnation. Il y a cette obscurité qui se dévoile à chaque pas de la Lumière. Il y a cet ego qui ne veut pas laisser l'oeuvre divine se dérouler, à tel point qu'il récupère tout ce qu'il peut avant de laisser la place. Il y a ce monde autour de nous qui ne nous facilite pas la tâche, ce monde fait d'humains et de non humains. Il y a ces atavismes et ces automatismes ancrés dans les tréfonds de la chair qui font tourner la machine comme une folle jusqu'à la mort. Il y a tous ces mondes auxquels nous sommes reliés sans le savoir et qui nous tirent vers le bas ou vers l'arrière. Toute cette violence autour de nous et en nous, cette agressivité latente, cette laideur ou encore ce mensonge dans lequel on baigne, tout ce vieux monde qui n'en peut plus mais qui ne lâche pas.

Et l'âme dans sa chaleur douce porte le regard, la force et la lumière de Dieu dans cette nature en transformation. Cette âme qui gagne en force à chaque épreuve. Cette âme qui grandit et qui aspire à se fondre dans son Créateur. Cette âme qui est amour absolu, qui est unité, et qui, dans le silence du Coeur, fait son oeuvre que la raison et notre faible intelligence ne peuvent comprendre. Cette spiritualité-là est une relation qui se crée entre l'âme au corps, une relation d'amour, un amour que seuls certains élus ont pu connaître, mais qui ne sont pas restés sur Terre pour nous guider. Alors il faut avancer coûte que coûte, et parfois, dans un instant fugace que l'âme grave en elle, certains d'entre eux se montrent et nous apportent cet appui, cette force à l'âme pour permettre à la Lumière de creuser encore et encore. Le Ciel ne nous abandonne jamais, quoi qu'on en pense.

Encore faut-il faire le choix de l'abandon au Divin, de laisser cet ego si prenant ne plus prendre la première place, lui signifier simplement et avec douceur qu'il n'a pas raison, et que les mécanismes grégaires sur lesquels il se base ne sont plus d'actualité. C'est un choix en conscience, une conscience d'un autre ordre que celle du moi, qui voit, parce qu'elle est lucidité, que la distance à l'autre s'établit sur la base d'une souffrance qui doit guérir pour laisser place à l'Amour. Une conscience qui comprend, parce qu'elle est intelligence, que les seuls choix à faire sont ceux qui nourrissent l'âme. Une conscience qui vit cette fusion en quelque chose de plus grand qu'elle, de plus lumineux, de plus doux tout en étant puissant, ce quelque chose qui se donne à l'homme avec mesure tant que l'homme s'y donne sans mesure. Car il faut avoir la passion, pas celle destructrice et folle d'un amour humain hors norme, mais celle puissante du coeur qui aspire et se nourrit des parfums fleuris des énergies divines.

Alors oui l'âme se joue de nos insomnies comme d'une porte ouverte vers les mondes lumineux de la gloire divine qui s'invite à modeler sa créature tel qu'il lui a été promis...

Rédigé par Serge Z.

Publié dans #experience energetique spirituelle

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