Spiritualité et relation de couple

Publié le 13 Octobre 2019

Spiritualité et relation de couple

Toute relation est intéressante du point de vue de la connaissance de soi. Mais il semble bien que la relation au sein du couple soit particulièrement propice à un approfondissement et à un élargissement de notre nature et peut-être aussi de notre conscience. A tel point que dans la Révélation d'Arès, il est clairement indiqué qu'elle est un élément essentiel de la construction d'une société saine. Ce n'est pas pour rien non plus que l'adultère est particulièrement mis en avant comme le pêché par excellence dans cette même Révélation. Alors dans le cadre d'une spiritualité basée sur la transformation intérieure comme ça nous intéresse ici, regardons les éléments dont nous pouvons tirer profit à la fois pour construire une relation basée sur un amour partagé mais aussi pour nous aider à grandir l'un l'autre. En préambule, cet article, ici, peut être lu comme introduction au propos qui va suivre. Il donne une première idée de ce que peut être une relation qualitative, sans pour autant rentrer dans les détails.

Certains de mes amis sont dans ce cas : ils poursuivent un chemin spirituel, soit par des énergies christiques, soit par les énergies supramentales, et leur conjoint, non. D'autres poursuivent ensemble le même chemin, main dans la main si je puis dire. Dans un cas comme dans l'autre, ce n'est pas facile pour deux raisons majeures : d'un côté l'ego est trop souvent ce qui crée les tensions, de l'autre, les énergies vont exacerber les comportements pour les conscientiser et leur permettre d'être dépassés. C'est une bonne chose dans les deux cas mais il faut savoir gérer. Et c'est là où une démarche de connaissance de soi est fondamentale. Il existe aussi un autre cas, que l'on voit hélas parfois lorsque l'un ou l'autre démarre des pratiques spirituelles : ils se séparent de leur conjoint, n'imaginant pas trouver dans leur couple matière à évoluer selon la conception qu'ils peuvent se faire de l'avancée sur le chemin.

Il est clair que si l'un ou l'autre tire vers le bas, alors que notre impulsion est de nous élever, il est sans doute plus sain de couper court à la relation. Mais ceci doit être soupesé avec le plus grand soin et se faire en grande connaissance de cause et en pleine conscience. D'abord parce que le dicton qui dit que "l'herbe n'est pas plus verte ailleurs" est, selon mon humble expérience, tout à fait vrai. Ensuite parce que si l'on se sent tiré vers le bas, c'est qu'il existe une accroche en nous qui se sent tirée vers le bas. Je vais évoquer le cas de ce couple dont l'un travaille des énergies hindouistes et l'autre des énergies christiques. Ces énergies ne peuvent pas cohabiter. Que l'on me croit ou non, elles sont antagonistes et ne vont pas dans la même direction. Les dieux hindouistes sont quasiment toujours en arrière plan et tentent par tous les moyens, en utilisant souvent des gourous incarnés, de ramener vers eux les humains qui les sollicitent, pour les adouber. L'humain devient alors une sorte d'esclave dont ils savent tirer partie. Et parfois même, une libération d'ego, lorsqu'elle se produit dans ces conditions, peut cacher une soumission plus funeste. A l'inverse, les énergies christiques vont ouvrir le coeur et développer l'âme, ce qui va permettre de porter un regard éclairé sur le réel. Les deux ne peuvent marcher ensemble et je peux en témoigner, elles ne font pas bon ménage. Ces deux personnes ont fini par divorcer, dans des conditions assez peu "spirituelles" d'ailleurs, et dans une nature humaine mesquine qui ne sait que trop bien se manifester quand elle est sollicitée. Les grands principes ont alors laissé place à des comportements obscurs qui, comme tout un chacun, sont tapis dans l'ombre. Il aurait été intéressant pour l'un et l'autre de regarder cela en face plutôt que de se laisser emporter, et les soumettre à un grand discernement. Ils en avaient pourtant les moyens me semble-t-il, bien que je ne connaisse pas tous les dessous de l'affaire. 

Le fait que l'un suive un chemin et pas l'autre peut profiter aux deux, dans la mesure où celui-ci est partagé avec amour et bienveillance. Mais immanquablement, et si l'on est complètement investi dans la démarche, vont se révéler des structures profondes telles qu'on en porte tous en soi. Alors il est clair que le conjoint va tôt ou tard être confronté aux projections, aux peurs, aux structures obscures et inavouées et à des tas d'autres choses qui peuvent se faire jour chez l'autre. Les sens vont également devenir plus sensibles, plus subtils, et les perspectives d'élargir son champ de conscience vont permettre de voir des aspects qui nous échappaient auparavant. Inévitablement, la vie va s'enrichir de multiples aspects et dimensions qui n'étaient pas là auparavant. Le problème si je puis dire, c'est comment l'un et l'autre vont réagir à ces ouvertures. Il est fort à parier que l'un évolue plus vite que l'autre, ou de façon un peu différente. Peut-être que l'on va vous trouver changé(e) ou différent. Certains changements souhaités par l'un ne plaira pas forcément à l'autre. Il peut émerger de la jalousie, de l'envie, de l'agacement. Mais c'est l'occasion justement de pouvoir échanger et de grandir ensemble, en laissant émerger l'amour plutôt que les relations d'ego. Après tout, et ce n'est qu'un exemple parmi des tas d'autres, si l'un veut devenir végétarien et pas l'autre, en quoi est-ce que c'est gênant ? On peut alors échanger sur nos modes alimentaires et se poser des questions sur ce sujet qui n'étaient pas à l'ordre du jour jusqu'alors. L'important, c'est de rester alignés l'un à l'autre. et il est évident qu'une communication saine et apaisée permet de dépasser nombre de (faux) problèmes. En effet, imaginons que l'un des deux souhaite ajouter du piment dans la vie sexuelle et que l'autre ne l'entend pas de cette oreille car pas forcément conforme aux nouvelles valeurs que l'on souhaite mettre en place dans sa démarche intérieure, il peut en ressortir des tensions ou des questions plus problématiques. Imaginons pour prendre un autre exemple que certaines amitiés ne soient plus en rapport avec notre élargissement de conscience, ou que certains membres de la famille ou de la belle-famille se révèlent comme des éléments toxiques alors que supportés jusqu'à présent, peu importe la situation. L'important est ce qu'elle révèle de notre intériorité qui n'était pas conscient jusqu'alors, mais qui était, ou pouvait être, un élément de lien dans le couple. Si votre beau-frère ne vous fait plus rire ou votre meilleur pote ne vous comprend plus, certains ajustements se trouvent nécessaires, sans forcément non plus que ce soit une révolution dans vos relations. Tout est une question de mesure, mais pas de compromis. En effet, l'adage qui dit que "Dieu déteste les tièdes" est lui aussi tout à fait exact. Il ne peut pas y avoir de compromis dans notre démarche, si toutefois celle-ci est sincère. Notre engagement dans notre travail intérieur doit être total s'il veut donner des résultats. Mais même si l'on a un conjoint qui ne partage pas ce travail, ce n'est pas pour cela qu'il n'a pas quelque chose à faire dans notre vie et autre chose à nous apporter. La relation va alors se jouer sur davantage de profondeur. Cela va révéler des peurs, ou toute autre question qui jusqu'alors pouvaient ne jamais être abordées entre les conjoints.

Au niveau du couple, les enjeux sont plus intimes, et certainement aussi davantage karmiques. Il n'y a pas de hasard à nos rencontres. L'aspect vibratoire qui tend à nous rapprocher de quelqu'un ou à nous éloigner de quelqu'un d'autre est complexe à déterminer dans sa nature, car il est très souvent le produit de nombreux éléments de natures différentes. Je ne parle pas de l'ego qui s'appuie sur des désirs parfois contradictoires les uns vis-à-vis des autres. Lorsque la relation rentre dans une certaine profondeur, l'ego lui n'entre plus en jeu. Et c'est alors là qu'il est intéressant d'observer les relations qui existent entre ce que nous vivons dans notre vie de couple avec des événements qui se seraient produits plus tôt dans notre vie, ou ailleurs sur d'autres plans. C'est à ce moment-là que l'on peut en apprendre beaucoup sur soi et sur notre relation. Car lorsque l'on découvre la(es) raison(s) profonde(s) de ce qui nous a amené à rencontrer cet autre qui partage notre vie, alors nous pouvons vivre pleinement cette relation, voire même, cette relation peut finir par devenir transcendante selon l'ouverture de Coeur et d'esprit dont chacun peut faire preuve. Ne serait-ce qu'en laissant notre ego de côté au profit d'un "nous" qui peut être un moyen de voir émerger une âme de couple, à condition que chacun évolue dans l'ouverture du Coeur. C'est un petit peu ce genre de découverte et de création qui peut amener à ressentir l'autre lorsqu'il est loin, à ne plus avoir besoin de mots pour se comprendre, à ressentir une force d'union au-delà des épreuves,... Ce qu'il faut bien comprendre, même si tous les mystères ont loin d'avoir été tous levés, c'est que le couple, même s'il n'est pas obligatoire dans notre démarche, ce couple donc est une possibilité de pouvoir nous regarder dans notre réalité, d'être mis face à notre vérité intérieure, à notre capacité à accepter l'autre dans son entièreté, et d'être accepté soi-même dans notre entièreté puis à partager sur tous les plans. On peut alors comprendre comment faire évoluer la société, voire le monde, lorsque deux êtres apprennent à fonctionner ensemble dans leur plénitude. Et c'est en ce point que je comprends mieux, à titre personnel, pourquoi Dieu dans la Révélation d'Arès met l'accent sur le couple puis plus tard sur la famille comme fondement d'une société plus juste et équilibrée, au-delà de l'ego et du fonctionnement psychologique tel que nous pouvons le vivre aujourd'hui. Nous verrons plus tard la place que tiennent les enfants dans cette relation.

Pour finir, je laisse la conclusion à Christiane Singer :

Aimer, c'est faire en secret ce serment : Je m'engage de toutes mes forces à défendre ta liberté, à ménager autour de toi l'espace qui te sera nécessaire pour croître et fleurir ! Et même si je dois être surpris par l'évolution de l'autre, même s'il ne devient pas celui que j'attendais qu'il soit un jour, je m'engage à respecter son devenir ! C'est le défi que je relève. Que ta volonté soit faite et non la mienne ! Osons nous laisser surprendre ! N'emprisonnons pas nos proches -ni nos enfants !- dans la représentation que nous avons d'eux. Cassons les moules dans lesquels nous nous enfermons les uns les autres. Offrons-nous la confiance même de nous laisser errer, commettre des erreurs...
Que savons-nous du secret de nos destinées ? En devenant garant de la liberté de celui que j'aime, je lui épargne même de devoir fuir ! Rester ensemble n'est pas, comme au cimetière, une "concession perpétuelle" - c'est une offrande à renouveler chaque jour.

 

 
- Christiane SINGER, Derniers fragments d'un long voyage

Rédigé par Serge Z.

Publié dans #connaissance de soi

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