Acquérir du discernement ou l'art d'apprendre à réfléchir par soi-même

Publié le 18 Novembre 2017

Acquérir du discernement ou l'art d'apprendre à réfléchir par soi-même

A notre époque où une quantité énormissime d'informations est à notre disposition, il est important de prendre conscience de la confusion engendrée si l'on ne prend pas garde à ce que l'on ingère et à ce qui constitue notre nourriture intellectuelle et spirituelle. Chacun a le droit de faire circuler l'information qu'il veut, quoique je considère que l'on a une certaine responsabilité dans cette diffusion. Mais on a surtout le devoir de bien considérer chaque élément avant de l'intégrer comme une vérité et de la partager au monde. Et lorsque l'on appréhende ces informations, adopter une juste mesure entre la méfiance totale et la confiance totale se révèle nécessaire, avec comme médiateur l'intelligence, ou mieux, la lucidité, et ce pour amener un peu de sagesse dans notre réflexion et nos comportements. Donc il est nécessaire de "traiter" l'information, c'est cela le discernement.

Le discernement va de pair avec l'expérience et avec la prise de recul. Lorsque l'on est impliqué affectivement et émotionnellement, on s'aperçoit facilement que nous ne sommes pas capables de faire preuve de discernement. Il suffit de voir combien de personnes se rendent compte après coup de la relation qu'elles ont vécue ou de l'implication dans une oeuvre qui finit par n'avoir plus de sens, une fois les émotions ou désirs épuisés, pour comprendre ce que peut être le discernement. Encore faut-il ne pas générer des sentiments inverses de l'origine, ce qui continuerait à être une implication affective. Alors qu'un tiers non impliqué peut avoir une vue plus juste de la situation justement parce qu'il aura su garder une distance nécessaire pour voir le tableau dans un spectre plus large. Pour voir les choses telles qu'elles sont, et quel que soit le domaine, donc pour acquérir dans un premier temps une lucidité nécessaire, il faut être apaisé, savoir mettre une distance et être dans la non implication, même si c'est temporaire. Mais on a aussi le droit de faire des erreurs. Si on dispose de ce droit, on a aussi le devoir d'en apprendre pour solutionner les problèmes qu'on aurait engendrés et ensuite pour éviter d'y replonger. C'est également un moyen d'acquérir du discernement que de passer par l'erreur et la chute, après en avoir appris toutes les composantes évidemment.

Alors tout ça, c'est très bien et on pourrait dire que c'est déjà assez difficile dans le domaine disons concret du quotidien. Lorsque l'on appréhende les sphères subtiles, les énergies, les groupes et les pratiques spirituelles, ça devient un peu plus compliqué. Comme je l'expliquais plus haut, sans expérience, pas de discernement. Mais on n'est pas non plus obligé d'aller se plonger dans des situations rocambolesques pour aller chercher de la sagesse. En tout, il faut une juste mesure. Le sage est donc celui qui expérimente et qui en tire des enseignements, qui a acquis de la lucidité et de l'intelligence. Ici, j'attire l'attention du lecteur. On pourrait se dire que la sagesse et le discernement pourraient s'acquérir sans avoir besoin de plonger dans l'expérience. Je ne le crois pas. D'abord parce que nous sommes des êtres incarnés, et que de fait on est envoyé dans l'existence justement pour participer à ce mouvement perpétuel qu'on appelle "la vie". Vivre, c'est expérimenter, c'est aller au bout de l'expérience, avec le plus de conscience, de présence et de vigilance possibles, même dans la pire des situations. J'ai connu bon nombre de personnes qui donnaient des conseils soi-disant "éclairés" mais qui étaient frileux quand il s'agissait de prendre le risque de sortir de leur quotidien ou de leur zone de confort. Ce n'est pas de la prudence, c'est de la frilosité, de la peur, de la paresse peut-être, ou même une façon de protéger l'image que l'on a de soi, mais dans ce cas, jamais je n'ai vu de personnes sages, au mieux sont-elles un peu éclairées, et encore. C'est un peu comme si on regardait la TV en se faisant une idée uniquement en voyant défiler les images et les commentaires choisis de ce qui est diffusé. Pas de discernement possible dans ce cas-là. Et c'est ce que je reproche à la "bien-pensance", soit dit en passant. Du haut d'une certaine bourgeoisie de l'esprit accolée à une morale relative, on regarde le monde en donnant son avis sur tout, et en ayant surtout un avis, comme disait Coluche :) C'était mon énervement du jour car je ne supporte pas le jugement, et encore moins quand il est empreint de condescendance :)

Fermons cette parenthèse et revenons à notre sujet : comment acquérir du discernement face au flux d'informations qui nous arrivent, et d'autant plus en ce qui concerne les informations à caractère spirituel. Commençons déjà par écarter le parti-pris. Telle personne a l'air tout à fait sérieuse, propre sur elle, les propos semblent cohérents, voire intelligents ou sérieux, la personne apparaît peut-être comme charismatique et sûre d'elle-même, etc. Tout nous pousse à nous y identifier, ou alors elle va complètement dans le sens de notre opinion. Dans tous les cas, aller voir ses détracteurs, remettre en question le sujet, s'ouvrir à une autre manière de voir ou percevoir le sujet sont des attitudes saines pour soupeser le propos, et tester sa pertinence. Mais le mieux si l'on peut, c'est d'en faire l'expérience soi-même, et d'apprendre à travailler sur cette expérience. Car même l'expérience peut être trompeuse, pour peu que les sens soient sollicités d'une manière inhabituelle, comme par exemple lorsque l'on approche la méditation ou le travail énergétique, ou toute situation à caractère traumatisant. Il y a un travail à effectuer sur chaque expérience, quelle qu'elle soit, pour ne pas en faire une vérité toute crue, ni sur soi-même, si sur le monde. Car l'ego a vite fait de s'approprier le sujet, de s'y identifier, et d'en faire sa raison d'être, son porte drapeau, et c'est comme cela que parfois des informations non vérifiées apparaissent comme des vérités acquises. Et c'est pour cela qu'il est difficile de remettre son savoir et son expérience en question. L'ego n'existe que parce qu'il s'accroche à tout ce à quoi il donne de la substance. Enlevez-lui ses garde-fous, il croit qu'il va mourir, ou alors, par une pirouette de l'esprit, il retourne sa veste et se raccroche à autre chose de complètement opposé. D'où l'importance de développer autre chose, l'ouverture du coeur en l'occurrence, au moins pour changer de polarité de fonctionnement et de point de vue. Et avec ce développement intérieur vont se développer un regard et une conscience qui vont fonctionner sur un mode complètement différent de la conscience-moi. Je ne vais pas rentrer dans le détail de ce sujet ici car c'est l'orientation de ce blog que de montrer comment ce regard et cette conscience peuvent se mettre en oeuvre et quelle approche ça peut donner sur le travail intérieur et sur le monde.

Pour donner un exemple un peu plus concret, je vais m'attacher au channeling. 

Il suffit de considérer comment cela fonctionne pour s'apercevoir que dans la majorité des cas, on se trouve face à une forme d'escroquerie, qu'elle soit terrestre ou subtile. Soit la personne qui dit recevoir ne reçoit rien ou ne reçoit plus rien, et auquel cas les messages transmis n'auront guère de fond et de substance car produits de son imaginaire. Soit la personne est effectivement canal de quelque chose, mais la question est de savoir si ce qui s'annonce est bien celui qu'il prétend être. Il n'y a pas 36 manières de s'en rendre compte. Pour savoir qui frappe à la porte, il faut ouvrir et avoir le regard suffisamment perçant pour déceler le vrai du faux. Mais ce n'est pas sans risques. Seule l'âme peut avoir ce regard, car elle est le regard de Dieu, et rien ne peut se cacher à ce regard. Et c'est aussi elle qui peut agir pour faire sortir les indésirables qui se seraient faufilés en nous. Il est très important de faire preuve d'une grande prudence. Or, combien de channels ont (ou pas) ce regard perçant et donc une âme suffisamment développée pour regarder qui frappe à la porte ? Combien peuvent affirmer la main sur le coeur que celui qui parle à l'esprit est bien celui-là qu'il prétend être ? L'ignorance en ce domaine est forte car ils prennent souvent pour argent comptant un message peu clair, noyé dans de la non information, évoquant des sujets qui n'en sont pas vraiment et provenant d'êtres de l'astral qui savent jouer avec le mental, les émotions et l'ego de l'humain. Là où la méfiance doit être à son comble, c'est lorsque les entités parlent de "la Source". Un être de l'astral qui envoie de "l'information" à un humain ne parle jamais de Dieu, car le mot "Dieu" en lui-même porte une vibration lumineuse qui montrerait cette entité pour ce qu'elle est. Ils préfèrent donc souvent parler de "la Source", qui évoque ce que l'on veut bien en entendre et qui, pour eux, leur permet de garder leur masque. C'est un de leur tour de passe-passe mais il y en a d'autres. Autres exemples, c'est la longueur des messages transmis, le verbiage employé, la provenance plus ou moins farfelue,... les êtres divins s'expriment de façon concise souvent, et se montrent quand ils nous parlent et quand ils le peuvent, par respect, cela fait toute la différence. On pourrait citer d'autres choses et bien d'autres formes de communication subtile. 

Il faut savoir qu'une personne qui a l'âme suffisamment développée pour que l'esprit soit ouvert sur d'autres dimensions ne canalise pas, elle s'exprime à partir de son Être. Son Être est aligné sur la vérité et est capable de l'exprimer ou de la percevoir. Comme dit Dieu dans la Révélation d'Arès : "Dieu souffle la Vérité dans la poitrine". C'est donc un indicateur fiable, à condition tout de même d'une certaine humilité. Car il y a des vérités que l'on ne peut pas recevoir immédiatement, pas avant un certain travail sur soi. Donc souvent, à moins d'une révélation intérieure accompagnée des énergies en rapport, mieux vaut poser les choses avant de les estimer et de les divulguer. Une vérité peut être aussi toute relative, circonstancielle, contextuelle, relative à notre espace personnel. On apprend donc à diffuser avec parcimonie. Et à recevoir également car même si notre âme est un tant soit peu développée (reste à savoir ce que ça veut dire exactement), nous sommes animés par deux natures contraires, tant que l'âme n'a pas pris le pas sur la totalité de la nature humaine. On ne peut donc pas se fier uniquement à ce qui est transmis, c'est quand même plus compliqué que cela.

A l'inverse et pour avoir une certaine honnêteté intellectuelle, j'ai eu l'occasion de rencontrer une medium qui pouvait donner de l'information à des personnes présentes dans un auditoire à partir d'informations reçues de l'au-delà. Assis au fond de la salle, j'ai remarqué une colonne lumineuse descendre du Ciel et toucher son esprit. Le temps de sa canalisation, elle était entourée d'une protection couleur or dans son aura, ce qui empêchait certaines entités de rentrer. En fait, elle canalisait des informations de Padre Pio, dont elle avait posé des images sur la table, et qu'elle priait beaucoup le reste du temps. Tout cela pour dire que tous les mediums ne sont pas des imposteurs ou des gens de bonne foi manipulés par des entités mal intentionnées. Encore une fois sur ce sujet comme ailleurs, le discernement est de mise.

Je vais prendre un autre exemple, celui de la kundalini.

Cherchez sur le Net les vidéos et articles traitant du sujet. Pour l'un c'est une calamité, pour l'autre c'est la panacée, et pour un autre encore, un moyen d'acquérir des pouvoirs. On parle de chakras mais qui perçoit ses chakras ? Dans le domaine de la perception subtile, la finesse de la perception est certes importante, mais ce n'est pas le seul critère de discernement. Car parfois des portes nous sont fermées simplement parce que ce n'est pas le moment pour nous d'accéder à des espaces ou à des perceptions particulières. Alors on croit tout connaître, souvent par orgueil, mais on ne nous a révélé que le dessous d'un petit coin du voile. Et puis plus tard nos frontières s'écroulent et nous découvrons une vérité plus vaste, qui peut même aller à l'encontre de ce qui nous avait été précédemment révélé, ou de ce que l'on a pu en comprendre. Un jour je parlais de l'espace du coeur à quelqu'un puis après un temps de conversation, je me suis aperçu qu'elle avait cru comprendre que je parlais du 4ème chakra. Du coup elle n'a pas compris mes propos, les rapportant à ce qu'elle croyait connaître. Discussion compliquée... Quand on parle de kundalini, il faut savoir exactement à quoi cela se rapporte et souvent, il est nécessaire de ne pas se précipiter dans les explications avant de bien cerner la qualité d'énergie en jeu. Car on ne peut se fier ni aux perceptions, ni aux couleurs, ni aux visions, avant de pouvoir évoquer certaines composantes du sujet. Je l'ai appris à mes dépens. Toutes les énergies qui passent par la colonne vertébrale ne sont pas forcément des kundalinis, et lorsque ça l'est, il existe plusieurs types de kundalinis avec des orientations différentes. Sachons faire preuve d'humilité face à cet univers si vaste qu'est l'être humain. Nous n'en sommes qu'à l'école maternelle de notre aventure dans ce monde. Tout fiers de notre technologie et de nos sciences que nous pouvons être, nous ne connaissons rien de ce que nous sommes vraiment, et de ce pour quoi Dieu nous a créés. Mais plus nous aiguiserons notre discernement et notre sensibilité, mieux nous pourrons distinguer le chemin que Dieu nous trace.

On voit donc bien qu'il ne faut pas partir sur des a priori. Dans ce monde, rien n'est simple, et surtout rien n'est donné sans un certain effort, sur soi évidemment. Il faut toujours aller voir ce qui se cache sous la surface apparente, sous des vérités que l'on croyait acquises, derrière les discours ou les aspects apparemment sensationnels ou phénoménaux. Il en est de même pour ce que l'on vit soi-même, à ne pas prendre systématiquement comme une vérité. Je renvoie à l'article sur l'humilité dans lequel j'ai indiqué la posture le plus adaptée par rapport à notre vie intérieure. En tout état de cause, sachons rester ouvert à ce qui est, dans tout le spectre de ce qui peut être. Car la Vie nous a été donnée pour nous découvrir nous-même, et découvrir le monde à travers notre âme que Dieu façonne selon Ses Lois. En remettant 100 fois l'ouvrage sur le métier, nous aiguisons notre acuité à distinguer les subtilités de cette création dans laquelle nous évoluons. Et n'oublions pas non plus que nous héritons de tout le travail qui n'a pas été fait par les générations précédentes en ce sens, et qu'il faut parfois se tromper beaucoup avant de sortir son épingle du jeu. C'est donc aussi par le discernement, une qualité indispensable, que l'on devient un humain véritable, libre, fort et responsable sur le chemin de la transformation intégrale.

Rédigé par Serge Z.

Publié dans #connaissance de soi

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :