Karma et réincarnation

Publié le 14 Octobre 2015

Karma et réincarnation

Ecrire sur le karma et la réincarnation n'est pas chose aisée tant on peut lire de choses diverses sur ces sujets. Sri Aurobindo a traité le sujet avec beaucoup de prudence et le Bouddha, quant à lui, l'a soigneusement contourné, ne préférant se concentrer que sur l'instant présent et la dissolution de la souffrance. Il y a donc ceux qui s'aventurent sur le sujet et d'autres qui ne préfèrent pas l'aborder. C'est pour dire que le sujet est épineux et qu'avancer une théorie généralisable à tout un chacun relèverait de l'ignorance, et n'ajouterait que davantage de confusion. Parce que pour en parler avec un minimum de crédibilité, il faut avoir expérimenté un panel d'événements intérieurs assez conséquent pour savoir comment fonctionnent l'esprit, la conscience, l'âme, les énergies,... et être rentré un minimum dans les lois des mondes et des dimensions. Je vais à mon tour m'aventurer sur le sujet en procédant comme à chaque fois : je prends appui sur mon expérience et sur les révélations divines, telle la Révélation d'Arès, et quoi qu'il en soit, ce que j'exprime est de mon propre fait, en toute humilité. J'invite le lecteur à prendre ce sujet comme outil de réflexion et d'ouverture, en espérant ne pas ajouter de confusion à mon tour. Pour cela, je suis obligé de laisser certaines portes ouvertes.

Il faut avoir en tête que l'être humain est un ensemble complexe de plans différents, un agrégat de dimensions qui fonctionnent chacune selon ses lois et qui trouvent en nous une interaction : par exemple, les lois du mental sont différentes des lois du vital, elles-mêmes différentes des lois biologiques, des lois énergétiques, ou des lois de l'esprit, pour ne parler que de celles-là, et pourtant elles "jouent" ensemble à travers notre corps. Chacune a ses entités, certaines peuvent passer d'une dimension à une autre, d'autres sont limitées,... Il existe une quantité astronomique de possibilités dont je ne sais si on peut les connaître toutes. Il faut donc être très prudent quand on aborde ce genre de sujet.

Des théories du karma et de réincarnation ont été placés en avant plan il me semble par la théosophie et par certains courants Rose Croix, de ce que je connais. La théosophie s'inspire de révélations de maîtres ascensionnés dont je n'ai pas vérifié jusqu'où ils avaient pu ascensionner. Donc peut-être qu'ils parlent à partir de plans où la Vérité n'est que partielle, comme peut le décrire Sri Aurobindo quand il décrit les plans intermédiaires du Surmental. Les Rose Croix, du moins ceux que je connais comme la Rose Croix d'Or, s'inspirent de leur fondateur, Jan Van Rickenborg, qui a retrouvé les enseignements fondamentaux de ce courant par son propre cheminement intérieur, et peut-être aussi parce qu'il avait un passé occulte.

Dans la philosophie Rose Croix, nous sommes dans un corps et un monde physique car notre microcosme a chuté (je renvoie le lecteur à l'article dans lequel je donne quelques éléments sur la Rose Croix d'Or). Le microcosme, c'est l'atome étincelle d'esprit, particule et héritage de Dieu, avec tout autour d'elle, l'essence des expériences inaccomplies. Lors de son incarnation, le microcosme construit une personnalité qui devrait lui permettre de résoudre et d'achever ses expériences, dans l'objectif de retourner dans le monde originel, le royaume de Dieu. Notre monde serait donc un monde de secours, créé dans le but de contrecarrer la chute, et voué à disparaître lorsque tous les microcosmes auront nettoyé leurs expériences, autrement dit leur karma. Une fois la vie physique terminée, le microscosme dissout les éléments de personnalité pour en extraire leur essence, jusqu'à la prochaine incarnation. Voilà en gros la théorie des R+C sur la question.

Tout le monde est à peu près d'accord pour dire que s'il y a réincarnation, ce n'est pas l'ego qui se réincarne. L'ego ne se réincarne pas car l'ego n'est pas une chose, c'est un mouvement dont la force est tournée vers l'intérieur. J'ai demandé une fois au moine bouddhiste qui m'enseignait ce qu'il savait ou pouvait me dire de la réincarnation. Il m'a répondu : "ce qui se réincarne, c'est la conscience", il ne m'en a pas dit davantage. Dans les enseignements bouddhistes, l'ego s'agglomère autour de 5 "skandhas" : forme, sensation, perception, formation mentale et conscience. Et il y a une part de réel dans cette explication, tout comme celle provenant de la Rose Croix.

Il est essentiel de comprendre que notre conscience ordinaire, qui va du conscient vers ce que l'on appelle l'inconscient, est fragmentée (la supraconscience fonctionne différemment). Elle est composée d'une très grande quantité d'expériences, de sensations, de perceptions, de formations en tout genre qui sont inaccomplies, inachevées, inassouvies. Ce sont des obstructions à la circulation des énergies de vie en nous. Ces formations poussent à être mises en conscience et à s'accomplir à travers nous. Ce qui est intéressant à observer, c'est qu'elles proviennent d'origines très diverses, et c'est certainement une des raisons pour que l'on parle de réincarnations. En effet, lorsque la particule divine intègre le corps, vers 4 à 5 mois après la conception, elle intègre un corps qui contient une partie de ces formations déjà présentes dans la conscience du foetus. Une partie de ces formations est générationnelle, les parents transmettant l'histoire de leur lignée respective à travers l'histoire de leur rencontre, de leur accouplement et de leur relation. J'ai même vu une fois une conscience d'enfant mettre "la pression" sur sa future mère pour qu'elle s'accouple avec un homme, de façon à ce qu'il trouve un corps pour s'incarner. Cet enfant est né alors que cette femme était pourtant considérée comme stérile par la médecine officielle... Une autre partie de ces formations tient à l'environnement, car l'on intègre en nous, par la nourriture, l'eau, l'air, ce que la Terre a recyclé, ou pas. Par le simple fait d'être incarné, nous sommes donc en lien avec l'ensemble de l'humanité, et nous portons donc un karma de groupe, qu'on ingère dans notre corps et qui se prolonge dans notre conscience. Tout ce que la Terre porte d'inaccompli trouve alors une résonance en nous qu'il nous faudra traiter d'une manière ou d'une autre, si nous en avons la force d'âme.

Plus l'on creuse en soi, ou pour être plus précis, plus une force divine va creuser en nous, car ce n'est pas l'esprit qui peut creuser et nous révéler ces éléments, l'esprit n'ayant pas la force et la lumière pour cela, il doit être aidé par une force capable de creuser dans les mémoires du corps, donc plus la force et la Lumière divines vont creuser, plus elle va révéler d'éléments profonds, donc structurant subtilement notre personnalité, nos expériences et donc nos comportements. Ca explique pourquoi il peut arriver tant d'aventures à certains et peu à d'autres. Non pas que certains ont davantage à vivre que d'autres, mais c'est qu'ils sont davantage armés pour vivre ce qu'ils ont à vivre. Il faut savoir qu'en travaillant une force divine, avec l'attitude juste, on peut accélérer la mise au jour de ces expériences pour les accomplir. Il est alors nécessaire de comprendre les mécanismes de connaissance de soi qui vont permettre d'intégrer ces expériences. C'est cela le processus de l'alchimie intérieure.

Un mot lorsque la Lumière divine nous montre un de ces éléments de conscience qui constitue notre personnalité et que l'on peut prendre comme une réminiscence d'une vie antérieure. Ce qui peut nous tromper, c'est la façon dont l'esprit, et l'ego à travers lui, va interpréter ce qui nous apparaît. J'ai constaté que c'est très souvent un mélange d'une situation passée avec des personnages de notre vie actuelle. Ainsi par exemple j'ai pu voir deux anciens collègues dans ce qui me semblait être un camp d'enfermement de prisonniers, dans une situation très spéciale. Sans analyse plus approfondie, je pourrais m'arrêter là et dire que j'ai retrouvé une vie antérieure, qui a trouvé sa finalité dans la vie d'aujourd'hui. Mais ce n'est pas juste car pour décrire cette expérience, il faut impérativement sortir des projections de l'ego, de ce qu'il met en oeuvre pour récupérer cette expérience à son profit et créer par là une forme plus subtile d'ego spirituel, et avec le risque de recréer un karma. C'est une des raisons pour lesquelles les maîtres anciens demandaient de ne pas parler des expériences intérieures aux profanes, pour éviter aussi bien la dispersion d'énergie que la fortification de l'ego. Il est impératif de faire preuve d'un discernement à toute épreuve pour pouvoir en parler. Dans ce cas précis, les deux collègues en question, dans cette vision, représentent des intentions très particulières, qui se sont trouvées "incarnées" chez ces deux collègues dans cette vie-ci. En vivant ce que j'avais à vivre avec eux, maintenant, cela a libéré les intentions, donc les énergies, de l'élément de conscience qui s'est révélé comme ce que l'on peut prendre pour une vie antérieure. Alors pour faire vite, on peut dire que la situation du passé a trouvé un aboutissement dans cette vie-ci. Mais attention au piège des mots : cette vie passée n'est pas mienne, elle a juste trouvé un accomplissement à travers moi, rien de plus. C'est assez difficile à décrire et à expliquer. Car ce n'est pas comme un rêve, qui fonctionne sous une autre lumière. J'arrive là à la limite de ce que l'on peut décrire avec les mots.

L'ego récupère tout pour lui, et crée l'identification, ou rejette ce qui ne correspond pas à ses désirs, et crée alors l'identification au rejet. En tout état de cause, il crée de l'identification, et l'ego se crée sur la base de l'identification. Ainsi, nous dirons que telle expérience est notre expérience, mais c'est en fait une expérience qui nous traverse, à condition toutefois de l'avoir intégrée. Dans le cas contraire, ou alors si nous retenons de toutes nos forces de ne pas entrer dans une expérience que nous jugeons à l'avance comme désagréable alors que tout nous y pousse, elle se renforce, ce qui va rendre notre vie insupportable et à notre mort, nous laissons cette obstruction en suspend jusqu'à ce qu'elle soit récupérée et intégrée par quelqu'un de notre lignée, ou qu'elle soit partagée entre plusieurs humains, formant ainsi un karma de groupe. C'est la raison pour laquelle il est important que les parents fassent un maximum de travail intérieur pour éviter que ce soit les enfants ou les descendants qui trinquent. Il faut briser les chaînes du karma. Ca explique peut-être pourquoi le monde est dans cet état aujourd'hui... En brisant la chaîne, on guérit à la fois le passé et le futur, mais aussi nos relations présentes. Et le genre de situations que l'on a traversées en rapport avec cet élément de conscience ne nous arrivent tout simplement plus, on passe naturellement à autre chose. L'impact vibratoire s'étend alors sur l'ensemble de la planète et donne la possibilité au reste de l'humanité de travailler à partir de cette vibration.

Alors à notre mort, que reste-t-il de nous qui devrait se réincarner ensuite sinon tous ces éléments sur lesquels nous n'avons pas travaillés ? Ici, je suis obligé de prendre en considération ce que nous dit Dieu dans la Révélation d'Arès : "l'homme n'a qu'une vie au soleil". C'est-à-dire que ce que nous sommes est unique dans le temps et l'espace, qu'il n'y aura personne d'autre comme nous, que nous existons une fois et puis c'est tout. Dieu nous dit que nous n'avons qu'une vie sur Terre pour accomplir le divin en l'humain, sinon l'humain disparaît tout simplement, les éléments qui composent notre conscience et qui n'ont pas été intégrés se dispersant chacun selon ses lois, ses mondes et ses dimensions. A moins de créer son âme, et d'avoir une chance de "terminer le travail" de la façon dont Dieu l'aura choisie pour nous (lorsque l'on fait un pèlerinage à Arès, nous répétons une prière qui indique que le pèlerinage commencé sur Terre se terminera devant la Face de Dieu). Il y a là un mystère qui, de mon point de vue, ne doit pas nous occuper et sur lequel je me garderais bien de spéculer. Le plus important est de s'occuper de notre vie présente.

On peut se poser ici la question de la métempsychose, la transmigration de l'âme d'un corps vers un autre après la mort. Là encore il est difficile de généraliser car il peut y avoir des cas où ça se passe effectivement. Il faut comprendre que l'âme se crée à partir des expériences intégrées et du travail d'une force divine qui va les structurer "autour" de la particule divine. J'en parle abondamment. L'âme qui grandit va en quelque sorte nous ressembler, à tel point que si on poursuit le travail jusqu'au bout, nous devenons elle, en corps, "âme" et esprit, dans des conditions totalement différentes. Or, je ne vois pas pourquoi, alors que notre âme se cisèle en adoptant la forme de notre corps, elle choisirait à un stade de changer de forme pour aller prendre une autre forme et des autres énergies dans un autre corps. Je crois que c'est mal connaître l'universalité de l'âme, même dans ses développements les plus minimes, et d'une façon générale, ce serait réduire le fonctionnement du Divin vis-à-vis de l'homme à une idée que l'on pourrait s'en faire. J'ai le sentiment que ce n'est pas aussi simpliste que cela... Et il faut avoir vécu l'obombrement de différentes énergies (ou d'humains décédés qui cherchent de la nourriture à travers les vivants, ou d'ET qui cherchent à nous abducter) pour comprendre que si c'est le cas, c'est alors un choix (supra)conscient et que ça ne peut pas être une généralité. Changer de corps n'est pas comme changer de voiture pour continuer la route, ça ressemble davantage à enfiler des vêtements portés par une autre personne pendant des années, chargés d'odeurs, non lavés,...; il faut le vouloir et avoir une bonne raison. C'est aussi pourquoi je ne crois pas qu'il peut y avoir réincarnation dans un animal ou une plante ou autre chose. Car seul l'être humain a la possibilité de se construire une âme, les animaux, les plantes et les minéraux ne l'ont pas.

Nous sommes considérablement attachés à qui nous sommes, surtout à qui nous croyons être, à l'image que nous avons de nous-même, et ce qu'elle soit négative ou positive. Nous dépensons une énergie considérable pour construire et maintenir nos illusions. Intégrer la conscience par morceau est mourir à soi-même à petit feu, c'est aussi renaître sous un jour nouveau. C'est également la découverte de la liberté intérieure que de se sentir dans une légèreté sans cesse croissante, face à la page blanche d'une existence qui est de moins en moins le jouet de forces inconscientes et incontrôlables. Lorsqu'il n'y a plus en nous d'accroches aux forces de la nature, la vie s'écoule dans un rythme différent, ce qui amène à percevoir l'humanité dans une agitation folle. Lâcher les rênes de notre existence sans pour autant se laisser emporter par la nature et laisser Dieu nous guider à travers notre âme, c'est faire en sorte de chevaucher l'existence et non plus de la subir. On n'est plus alors dans le contrôle, on entre dans la maîtrise. Car lorsque l'ego ne s'exprime plus, on ne crée plus de karma. Et le voile de maya se lève progressivement, car l'esprit se libère de ce qu'il portait, ce qui lui permet de s'ouvrir au réel, de poser un regard lucide et neuf sur le monde. Il n'est alors plus possible de suivre le flot comme avant, notre vie sort de ce cadre apparemment si solide que représente la vie "ordinaire".

Mais ici, deux possibilités s'ouvrent : soit on sort de la nature humaine et auquel cas on ne va pas jusqu'au bout de l'incarnation du divin, ce qui est l'objectif de la plupart des voies non duelles que de retrouver l'universalité et l'unité de la conscience lorsqu'elle est atteinte, soit on continue le chemin de la transformation intégrale, celle qui nous envoie au-delà des lois biologiques et physiques vers l'incarnation du Divin jusque dans la matière. Les dimensions et autres plans qui jusqu'alors fonctionnaient sur des lois différentes s'intègrent les unes dans les autres à travers nous et forment un nouvel Être Humain, lavé de l'ancien et qui fonctionne selon des lois divines nouvelles. C'est un choix qu'une humanité devra faire tôt ou tard, et c'est la raison pour laquelle selon moi autant de forces divines nous sont envoyées. Car je ne crois pas que notre monde soit un monde de secours. Je crois au contraire qu'il a une raison d'être qui nous dépasse et que le but de la vie humaine n'est pas un retour à l'origine ou une fuite dans un au-delà. Lorsque l'on apprend à embrasser l'existence, on ne cherche plus à la fuir. Bien au contraire.

En guise de clôture de cet article, je vais juste évoquer ce qui constitue un sujet connexe qui rejoint ce thème de karma et d'incarnation. Il existe des êtres humains dont la conscience est dominée par une entité, qui est attachée à l'un des plans qui nous traversent : un diable, un extra terrestre, ou autre chose. Quel ou quoi que ce soit qui se trouve dans ce cas, lorsque l'on naît humain, on acquière tous les attributs de l'humain, dont la possibilité de développer une âme. En cela, tous les êtres humains se ressemblent. Il faut bien se garder de tirer des conclusions trop hâtives sur les raisons de cet état de fait. L'être humain est un temple dont il faut chasser les "marchands" de toute origine pour retrouver le sacré qui ne demande qu'à naître en nous. Et ce n'est pas chose facile car tant que cette âme si précieuse n'a pas de force, il est très facile de se laisser usurper par tous ces renégats qui se nourrissent de nous.

Rédigé par Serge Z.

Publié dans #Réflexions

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