De la création à la souveraineté de l'âme

Publié le 2 Octobre 2014

De la création à la souveraineté de l'âme

Dans un article précédent, j'ai parlé de la chute, de la distance qui s'est créée entre l'humain et le Divin et des conséquences que cela a eues sur le développement de l'être humain. Dans cet article, je vais donner quelques informations, toujours à travers mon expérience, sur la façon dont les choses se passent lorsque l'âme se développe et disons, pour entreprendre le chemin inverse de la chute.

D'abord il faut éclaircir un point. Le mot "âme" a pris un sens confus. Souvent, on confond l'âme de quelqu'un avec l'expression d'une certaine chaleur dans les sentiments ou avec la force de sa personnalité, en un mot, avec l'être vital de la personne. Quand on parle de l'âme d'un peuple, on parle de son identitié, de ce qui fait sa culture, son mode de fonctionnement typique. C'est très bien, mais ce n'est pas son sens premier, qui a été galvaudé. Dans la Révélation d'Arès, le principe-âme a été appelé et renommé "ha" pour lui permettre de recouvrer son sens véritable. J'utilise quant à moi de façon préférentielle le terme "Etre", qui permet à mon sens une meilleure compréhension du principe divin en l'homme, aussi bien que le terme "âme" qui, dans mon esprit, garde la connotation "d'âme divine". J'utilise également le terme "d'ouverture du coeur" qui renvoie à une brèche à travers la personnalité ayant permis une expression de l'Être.

Petite parenthèse. Lorsqu'un tel phénomène se produit, on peut vivre par exemple une grande bouffée poétique, une expression d'amour pure, des émotions élevées et/ou simplement une grande chaleur dans la région du sternum. Ces phénomènes ne sont pas exhaustifs mais permettent d'avoir un aperçu de ce que peut être l'expression de l'Être. Fermeture de la parenthèse.

Enfin, lorsque je parle d'étincelle divine, il s'agit du principe impersonnel du Divin en l'homme, autour duquel s'articule la création de l'Être.

On voit également dans le milieu New Age le terme de "moi supérieur". Personnellement, je n'ai jamais trop compris ce que c'était véritablement. Le New Age joue justement sur une définition ambigüe des termes. Mais il peut s'agir du Soi, terme plus usuellement utilisé en Inde. Le Soi est une conscience intégrée impersonnelle, qui influence par le haut. Or, on ne peut pas dire qu'il s'agisse vraiment de "notre" moi supérieur puisqu'Il ne nous appartient pas en propre. Cette notion de moi supérieur, d'ailleurs, reflète plutôt une identification et une projection de l'ego de celui qui l'emploie plutôt qu'une réalité à part entière.

Définir ce qu'est l'âme est un exercice délicat car les mots sont limitatifs et parfois tellement usurpés qu'il est nécessaire de faire preuve d'un réel effort de volonté et de recul pour essayer de se reconnecter à la réalité. Je dirais qu'il s'agit à la fois d'un principe et d'une énergie. Il s'agit en tout premier lieu d'un principe d'élévation qui va permettre un certain mouvement, celui d'arpenter les sentiers de la transformation intérieure, et souvent ce mouvement permet de s'extraire de situations vibratoirement basses pour s'élever vers des hauteurs insoupçonnées. Le terme principe-âme est ici emprunté à l'école gnostique de la Rose Croix d'Or.

Dans l'esprit de la plupart des gens, l'âme est une substance impalpable qui intègre le corps pour faire l'expérience de la matière, et qui voyagerait dans le temps pour se réincarner dans un autre corps après la mort du précédent, et ce dans un but d'apprentissage. Même s'il est bien pratique de penser de la sorte, la Révélation d'Arès nous explique qu'au contraire : "l'homme n'a qu'une vie au soleil", ce qui annihile toute idée de réincarnation, et qui encourage au contraire à se créer et développer une "ha" dans la vie présente par l'amour, la paix, le pardon, l'intelligence spirituelle, et en étant libre de tous préjugés, puis par des actes extérieurs tels que le don de soi, le service ou la moission (pour la Révélation d'Arès, la moisson est la recherche des âmes déjà "semées", c'est-à-dire déjà en oeuvre de création d'elles-mêmes, donc prêtes à entreprendre la spiritualisation du monde), ceci permettant de "cailler l'ha", c'est-à-dire de lui donner de la consistance, de la matière et donc de la force.

Et c'est également une énergie, ou plutôt une ouverture à l'intégration d'énergies transformatrices, destructrices du moi et de la conscience non intégrée, et en même temps nourrissantes pour elles-mêmes. L'âme en mouvement, en création d'elle-même, entraîne un mouvement de purifications, d'intégrations et d'élévations vibratoires. Elle va attirer à elle les énergies qui vont permettre la transformation progressive des cristallisations mentales, de nos énergies, de nos émotions, de nos désirs et en définitive de notre biologie et du corps. Et ce mouvement ascendant prend davantage de force lorsqu'il est confronté à des épreuves, des difficultés autant intérieures qu'extérieures, qui vont permettre, si l'on comprend l'intelligence que l'on doit y mettre, de créer voire de démultiplier une force intérieure, ou plutôt des forces intérieures, qui ne vont que la renforcer et ce pour un but défini, celui de s'incarner dans le corps et dans le monde. L'Acte Divin est l'autre moyen de donner de la force à l'âme. par l'autre bout, si je puis dire, Dieu va répondre à ce mouvement en "soufflant" des forces comme on souffle un bout de verre pour en faire une sculpture. Et par cet acte, le Divin prend corps dans l'âme, l'âme devenant à la fois le vaisseau qui navigue vers les Hauteurs mais aussi, elle est Dieu dans l'homme, le Divin incarnant par l'âme sa créature, en s'accomplissant à travers elle.

Alors Il pourra s'incarner dans le monde, tel un Gandhi qui de simple avocat timide et renfermé aura transcendé sa nature pour devenir un dirigeant influent incarnant des valeurs élevées sur une population d'un milliard d'habitants. L'influence d'une âme incarnée est considérable. Je cite Gandhi car il est un exemple frappant et significatif comme je pourrai citer Jesus ou Mahomet mais même des "forces d'Être" moins connues peuvent avoir une influence certaine sur une population plus limitée, et ce souvent par-delà l'Histoire. Ce qui compte est davantage ce qui est transmis qu'à combien de personnes c'est transmis. Juger quantitativement, mentalement et sur un plan horizontal uniquement ce qui est de l'ordre du transcendant est presque une hérésie.

Notre véritable identité est donc l'Être qui se développe à partir de l'étincelle divine dans le coeur. C'est assez logique. La personnalité, à laquelle on s'identifie et vis-à-vis de laquelle il y a nombre d'attachements, n'a de cohérence que parce qu'on lui en donne. La cohérence que l'on peut y trouver n'est qu'une vue de l'esprit, certes tenace et profondément ancrée, mais n'a pas d'existence dans le Réel car la personnalité est un agrégat, une construction avec de multiples éléments. Tant que nous ne sommes pas complètement fondu(e) dans l'Être, c'est-à-dire, tant que cet Être ne s'est pas suffisamment formé ou n'est pas suffisamment fort pour passer et rester au premier plan, nous pouvons régulièrement chuter ou nous laisser influencer par tout ce qui se cache dans notre personnalité, ou par des forces externes. Donc ce qui arrive le plus généralement quand on avance sur ce chemin, c'est que le contact avec notre âme, quand celle-ci commence à naître, ne se fait que de façon ponctuelle, soit lorsque nous focalisons notre attention dans le coeur, soit lorsque c'est l'Être qui s'impose de Lui-même à notre attention, ou alors lorsque, animé(e) d'une intention pure, nous nous tournons vers un frère ou une soeur humain dans le service ou le don de soi désintéressé, ou vers le Divin qui répond à une prière inspirée. Dans ce cas, l'ouverture du coeur peut se faire de façon spontanée, mettant en marche une dynamique qui va tendre à vouloir se renouveler d'elle-même, aux résistances près. Pourquoi ? Parce que l'on sent que la Vraie Vie est cela. Cette prise de conscience est comme une marque au fer rouge dans notre coeur, qui ne laisse jamais indifférent et qui bouleverse les valeurs figées de notre vie mentale et vitale habituelle. En cela, c'est une grâce, qui révèlera par là même les montagnes d'insconscience et d'obscurité à dépasser et à transcender. Nombre de mythes ont décrit ce travail.

Dès qu'une personne se met sérieusement sur le chemin de la transformation intérieure, l'étincelle divine va se mettre progressivement à faire son oeuvre, à l'arrière plan pour commencer, et va oeuvrer à créer l'Être en nous à travers les expériences qu'elle va placer sur le chemin. Les expériences vont nous permettre les prises de conscience salvatrices, et aussi souvent douloureuses, qui vont briser les illusions, l'ignorance, l'attachement et nous ouvrir à la compassion, à l'amour, à la bonté, à la douceur,...

Il nous est rappelé dans la Révélation d'Arès : "Nul ne peut savoir qui est sauvé de qui n'est pas sauvé.", cela signifie que l'on ne peut pas réellement savoir qui a réussi à s'ébaucher une âme de qui n'a pas réussi, les apparences de fonctionnement peuvent être trompeuses à nos yeux aveugles. Sauf à partir d'un certain moment où cet Être commence à devenir manifeste, et en ce cas une autre personne (ou soi-même !) qui aura elle-même eu une ouverture du coeur et un Être actif pourra percevoir en elle-même l'expression de l'âme de l'autre personne. L'humilité reste de mise. Car les Êtres de chacun ont beau avoir leurs particularités, ce qui fait de nous des individualités à part entière, le fonctionnement de l'Être n'a rien à voir avec notre fonctionnement ordinaire.

Nos Êtres ont beau être distincts, ils n'en sont pas moins UN. C'est-à-dire qu'il y aura unité d'action, de communication et de connaissance à un certain niveau dès lors qu'il y a mouvement vers un but commun. Dans le coeur, nous sommes tous UN, et ce d'autant plus lorsque nos Êtres se développent. C'est paradoxal d'ailleurs, car plus l'Être entre en expansion, plus on se sent être un individu à part entière, et en même temps, plus on se sent en relation avec les autres et le monde et moins il y a de barrières.  Ce qui rend l'ego obsolète à terme. Mais l'Être se développe aussi à travers la résistance, et les expériences considérées comme obscures sont toujours des possibilités de développement ultérieur. L'incarnation permet cela. Le développement de l'Être est le chemin de Job (le livre de Job): on perd tout, on se désidentifie de tout, on lâche tout, souvent avec moult difficultés, sans savoir qu'il nous sera peut-être rendu deux fois plus, mais bien différemment de ce que l'on aura lâché. Ce sera pendant longtemps un chemin de pertes successives pour une liberté intérieure grandissante. C'aest aussi la voie du bonheur, même si le bonheur en est un effet colatéral, ce n'est pas le but. LE chemin est lui-même le but !

Il faut bien comprendre que la personnalité est une construction, un agrégat d'éléments plus ou moins bien coordonnés, toujours incomplets, construite à partir de matériaux que l'on retrouve dans la conscience à différents niveaux. Les expériences de la vie à travers lesquelles on passe viennent interagir avec ces éléments, et ce sont ces interactions qui feront que nous nous renforcerons dans ce que nous sommes (c'est souvent le cas, la personnalité se renforce au fil des expériences, par l'action de l'ego), ou qui nous ferons changer d'une façon ou d'une autre plus ou moins facilement (en fonction de notre humilité), selon si l'on prend l'expérience comme une possibilité d'apprendre sur soi, et donc d'intégration, ou comme un fardeau à subir... L'ouverture que l'on adopte face à l'existence est primordiale. Renforcer la personnalité dans ses fonctionnements ordinaires voire pathologiques est le contraire de la création de l'âme.

Pour agir consciemment sur nous-même, nous devons avant toute chose faire preuve de vigilance dans nos comportements, pour déterminer ce qui en constitue l'origine, pour en définitive ouvrir le noeud du comportement. Et c'est de cette enquête sur nous-même et ce "retour à l'origine, aux causes" que nous avons une chance de déraciner les croyances ou les comportements dysfonctionnels, ou non alignés avec notre Être et notre vérité intérieure. Je dis "déraciner", mais c'est plus complexe que cela. Un comportement ou une croyance peut être tout à fait légitime pendant un moment et ne plus l'être ensuite, parce que l'on aura su évoluer sur un autre mode de pensée ou de fonctionnement. La lumière grandissante de l'âme aidera à ce processus, et le poussera davantage que la personnalité lâchera. Le développement de l'âme se fait par l'amour, la douceur, l'harmonie, la beauté, la bonté...mais pour en arriver à exprimer et à incarner ces vertus naturellement, il faudra peut-être au préalable vivre leur contraire, car la lumière se révèle souvent par contraste avec l'obscurité. Et plus l'obscurité est profonde, plus la lumière sera intense. Ce qui fait que le développement de l'âme n'échappe pas aux difficultés, et même souvent à des difficultés que l'on vit de façon très acérées, ou alors très nombreuses, ne nous laissant jamais vraiment tranquille. La joie de l'incarnation...

Développer l'Être passe nécessairement par la connaissance de soi. Ce travail sur soi est fondamental. Il va permettre d'intégrer la personnalité pour "faire de la place". Il faut bien avoir à l'esprit que l'intégration de la personnalité n'est pas une suite de frustrations mais une suite d'accomplissements. Il est très important de comprendre cela, surtout au plus fort des moments obscurs. Un proverbe chinois dit : "la nuit n'est jamais aussi noire qu'avant l'aurore.". Mais elle peut être longue, d'autant plus selon ce que l'on à a comprendre et du temps que l'on mettra pour comprendre et lâcher les anciens fionctionnements. Il faut pour cela être armé(e) d'une foi (foi = confiance) et d'une patience inébranlables. Lâcher un comportement ne veut pas dire en construire un autre à la place. Se libérer d'une image illusoire de soi n'est pas pour s'attacher à une autre tout aussi illusoire. Prendre conscience du faux, ce qui peut être déstabilisant, n'est pas pour  aller s'attacher à d'autres mensonges. Il s'agit au contraire d'un abandon, et d'une ouverture à la Vie, d'une ouverture totale à la Vie, sans attentes. Et plus l'on va se libérer, plus l'on va devenir disponible et aligné avec le Vrai. Rien de religieux là-dedans, bien au contraire, c'est complètement rationnel et pragmatique.

Le regard que l'on porte sur ce travail important qu'est la connaissance de soi peut être négatif. Certains, pour l'avoir déjà entendu, s'imaginent que c'est un reniement de soi ou que cela peut être une fracture en soi. On entend souvent. "Il y a mon ego qui agit d'un côté, et mon âme de l'autre qui "fait le boulot"". Cela ne fonctionne pas comme cela. Combien de fois ne se fait-on pas prendre au piège ? L'objectif n'est pas de créer une énième fracture en soi mais au contraire, de se réunifier, de se réintégrer. Il s'agit donc de prendre la personnalité comme elle est, sans jugement, et, avec une démarche rigoureuse et quasi scientifique, de prendre en considération chaque élément : émotion, désir, souvenir, orientations, comportement, réaction interne, égo... et de vérifier si chacun de ceux-ci est complet en soi, cohérent avec notre démarche d'évolution, aligné sur l'axe d'élévation. Ainsi on accueille chaque élément et l'on va l'accompagner jusqu'à son plein accomplissement. Prenez une émotion bloquée ou un souvenir qui fait remonter des émotions, gardez le en point de mire et ouvrez-vous à ce qu'il a à nous dire, sans attentes, en plongeant dedans. La réponse peut venir de multiples façons, nous libérera quoi qu'il en soit une énergie et nous amènera une compréhension, une intelligence de vie. C'est à la fois une démarche de guérison, mais surtout une démarche de liberté. Un élément accompli en nous est une énergie disponible, une connaissance vivante, et non plus un poids sur la conscience qui s'alourdit avec le temps. L'Être léger se libère du manteau de la personnalité et pourra un jour déployer ses ailes.

Cela ne signifie pas que tous les désirs doivent ête assouvis. La plupart ne sont que des énergies qui montent du bassin et qui se dissipent. Ceux à "étudier" sont ceux qui bloquent, qui ne circulent pas, qui sont récurrents. Accomplir ne veut pas dire assouvir. Car assouvir un désir est se libérer d'une tension et d'un conflit immédiats. La précision me paraît nécessaire.

L'erreur à ne pas commettre est de se dire que c'est soi-même qui nous construisons une âme. Ce n'est pas tout à fait exact, ou du moins, ce n'est pas l'ego qui se construit une âme, ni même la personnalité. L'acte individuel est surtout un acte d'abandon et de service : abandon de tout ce qui n'est pas dans l'axe, service à tous les actes créateurs (pardonner, faire la paix, apporter de la douceur, prendre le chaos sur ses épaules quand il le faut, faire preuve de respect, d'empathie, de bonté, de sagesse...)

La personnalité qui s'intègre devient donc progressivement intelligence de l'Être. L'Être se forme sur la personnalité, mais on ne peut plus dire d'une personnalité intégrée qu'elle est encore une personnalité, justement parce qu'elle n'a plus ce caractère plus ou moins figé qu'on lui connaît. Ainsi, intégrer sa personnalité tout en développant son âme est changer certes, mais ce changement garde en lui l'essence de ce que l'on a été et des expériences que l'on a traversées. L'essence, mais pas forcément la mémoire. En effet, intégrer la personnalité est dissoudre la mémoire dans la conscience et permet ainsi de libérer l'énergie, tout en gardant un souvenir de qui l'on a été. Mais même ce souvenir tend à s'effacer et à faire place nette. C'est un processus de mort intérieure, mort de la personnalité et renaissance dans l'Être. On devient quelqu'un d'autre même si l'essence reste, avec une intelligence de vie plus fine et une senbilité plus développée.

Une citation célèbre d'Alfred de Musset dit : “L'homme est un apprenti, la douleur est son maître. Et nul ne se connaît tant qu'il n'a pas souffert. C'est une dure loi, mais une loi suprême, vieille comme le monde et la fatalité, qu'il nous faut du malheur recevoir le baptême et qu'à ce triste prix tout doit être acheté...”. En d'autres termes : "plonge dans la douleur, elle a quelque chose à t'apprendre". Lorsque l'on a suffisamment de force intérieure, on n'attend plus que la vie nous envoie des épreuves, on va chercher à l'intérieur de soi ce qui peut les causer. Ce qui fait que la citation de de Musset est à moitié vraie. Cela fonctionne ainsi tant que l'on subit l'existence, mais dès qu'on la chevauche, les épreuves deviennent des voies d'accomplissement. Et il n'y a pas de fatalité au malheur et à l'épreuve. Pour les dépasser dans l'intelligence, la quête de sens intérieur est obligatoire. Notre existence terrestre ne nous épargne pas de tels moments. Attention toutefois car ce que je dis là ne doit pas être du masochisme, l'objectif n'est pas de se faire souffrir pour le plaisir; il s'agit d'une voie de libération.

Plus l'Être se développe, plus la personnalité apparaît comme un rideau, un voile ou un épouvantail qui prend une place devant et qui est ce qui participe à un certain jeu dans l'existence, c'est ce qui donne une forme et une orientation à notre existence jusqu'à ce que l'âme soit suffisamment développée pour s'accomplir dans le corps, prenant même en charge à terme le corps lui-même, la personnalité ayant été totalement transcendée, et pour s'accomplir dans le monde. Plus les barrières tombent, et plus l'on s'ailgne sur son axe, mieux l'on perçoit sa place dans le monde, et comment on peut y oeuvrer. Et plus on se sent en harmonie avec l'univers. C'est un renversement des pôles qui s'opère : du pôle de la personnalité au pôle de l'âme.

La plupart d'entre nous devons créer notre âme, mais il peut y avoir incarnation d'une âme dans un but précis, et auquel cas, sa "mission" lui apparaîtra suffisamment tôt pour qu'elle en soit consciente. Mais ce processus ne s'applique pas à tout le monde, il est même très rare. Cela rompt l'idée commune que nous naissons tous avec une âme. Ce qu'il advient si le processus n'est pas amené à terme, c'est-à-dire si l'âme n'est pas suffisamment développée pour prendre en charge le corps et l'amener dans un état divin est un mystère qui sera probablement éclairci au Jour de Dieu prédit par toutes les religions (sous-entendu monothéistes). A la mort du corps, tous les éléments physiques et biologiques se détachent, les éléments de conscience se désagglomèrent, les énergies non intégrées se reconstitueront dans d'autres personnalités à venir et ce qui aura été spiritualisé continuera probablement son existence sur le plan qui lui correspond. Mais dans quelles conditions ? Mystère...

En définitive, lorsque l'on comprend que notre présence sur Terre est la création et le développement de notre âme, alors la Vie prend un tout autre sens. La création jusqu'à la souveraineté de l'âme devrait en être le point de convergence et le but central de notre existence. Notre civilisation devrait être construite pour que chacun d'entre nous puissions réaliser cela, de la petite enfance jusqu'à la vieillesse, du moins jusque ce que la mort soit vaincue et que la jeunesse soit éternelle. Notre relation les uns avec les autres devraient permettre cela. C'est à cela que les âmes en création doivent s'attacher à mettre en oeuvre aujourd'hui, dès maintenant. Il n'y a pas de temps à perdre. Pour elles-mêmes d'abord mais surtout pour que ce processus puisse prendre de l'ampleur. Sinon, le monde court à sa perte et le choix d'Adam ne pourra plus être contrecarré. Il n'est pas encore trop tard, mais il ne faut pas tarder...

Publié dans #connaissance de soi

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