La Rose Croix d'Or

Publié le 9 Juin 2014

J'ai commencé à m'intéresser sérieusement à la Rose Croix d'Or à l'époque où j'ai également rencontré le Sahaj Marg, le Zen et Sukyo Mahikari. On est donc en 2006. Mes premiers contacts avec cet enseignement remontent aux années 90, à l'époque où j'entrais dans la vie active. J'avais vu une affiche pour une conférence organisée près de chez moi mais je n'y étais pas allée, bien que je me souvienne à la fois m'être senti attiré tout autant que mû par un sentiment de prudence. J'avais préféré leur écrire pour recevoir une documentation que j'ai longtemps étudiée avant de la laisser de côté le temps que les choses murissent en moi. A cette époque là, Intenet n'était pas très développé en France et il fallait avoir une démarche davantage volontariste qu'aujourd'hui pour s'approcher d'un enseignement ou d'un groupe spirituel.

Plus d'une dizaine d'années avaient passées et les circonstances méritaient que je m'y intéresse de nouveau. J'avais fait un bout de chemin depuis et les problèmes de pollutions psychiques qui me rongeaient nécessitait que j'aille chercher des énergies purifiantes dans toutes les formes de pratiques existantes. Sur Internet on trouve aujourd'hui beaucoup d'informations sur pleins de choses; il est à la fois plus aisé d'avoir des informations et plus facile d'entrer en contact qu'auparavant avec qui l'on souhaite.

Pour approcher puis ensuite entrer dans l'Ecole de la Rose Croix d'Or (RCO), c'est déjà tout un processus. Il faut venir à des réunions de présentation, entre 7 et 12, espacées d'un mois entre chaque, lors desquelles on reçoit une petite documentation relative au thème abordé lors de la réunion, à étudier pour la réunion suivante. A ce stade, et tant que l'on vient à ces présentations, on est appelé "intéressé". Une fois passé ce stade, et si l'on est intéressé pour aller un cran plus loin, on nous demande d'adhérer à l'association pour une somme modique et de participer à deux types d'activités spécifiques espacées de quelques mois chacune; on devient alors "sociétaire". Ces deux niveaux d'approche constituent le "parvis" de l'Ecole.

La première des activités que l'on nous propose d'appréhender est ce que l'on appelle dans l'Ecole des "services de temple". Ils constituent une des pratiques majeures des "élèves". Pour donner une idée, ce sont ce que l'on peut appeler "des messes gnostiques".  Dans le temple, un desservant debout à une chaire lit un texte pendant que les autres élèves, assis en face, écoutent dans le silence, et se mettent en réceptivité pour recevoir l'énergie en présence et apprendre de l'enseignement donné par le texte. Tout cela est très codifié : la préparation du temple, la manière dont on rentre, l'endroit où l'on doit s'asseoir, le discours et surtout le langage qui emploie des termes particuliers que je n'ai entendus que là, ou des termes dont la définition est particulière à l'Ecole. Ces services de temple se déroulent dans le centre le plus proche de chez soi où un groupe d'élèves local oeuvre : le centre de ville. Le second type d'activités se passe cette fois dans un endroit spécifique dans lequel sont accueillis plusieurs groupes d'élèves : le centre régional, pour une rencontre sur un week-end : "les conférences de renouvellement (de l'âme)". C'est une rencontre majeure mensuelle de tous les élèves qui sont rattachés géographiquement à ce centre. Elles consistent en plusieurs services de temple dont les textes s'enchaînent et exposent un seul thème développé pendant ces services. Lors de ces "conférences" et entre les services, les élèves sont sollicités pour des réunions d'échange, de réflexion et de partage. Le logement se fait sur place, dans des dortoirs, les repas se prennent en groupe et lorsque l'on n'est pas volontaire (ou désigné le plus souvent) pour effectuer des travaux d'intérêts généraux, on a tout le loisir de flâner dans la propriété ou dans les bois aux alentours.

A ce stade, compte tenu qu'il y avait dans ma vie les autres pratiques en parallèle que j'avais ensuite abandonnées les unes après les autres, il me semblait intéressant de poursuivre dans l'Ecole. La décision n'a pas été si facile à prendre et la manière dont j'en parle aujourd'hui ne rend pas forcément compte de ma difficulté à faire ce choix. Ce que je vais décrire à partir de maintenant ne tient qu'à moi, de ce que j'y ai vécu pendant cette période, de mes observations, de mes ressentis et d'une façon générale, de mon expérience compte tenu de ce que j'ai traversé en étant élève de cette école gnostique. Je préviens le lecteur que je ne mâche pas mes mots, même si j'essaie d'être le plus objectif  et factuel possible.

J'ai beaucoup échangé avec des élèves de groupes différents, et même des élèves étrangers car je suis allé également dans les centres fondateurs en Hollande où des élèves de tous horizons se retrouvent. En effet, l'Ecole gnostique a été fondée par des hollandais, les frères Leene (prononcer "line"), qui avaient été initiés au préalable à la rose-croix de Heindel (tous les renseignements figurent sur le site de l'Ecole). Ceux-ci ont été rejoints par une femme qui s'est renommée elle-même : Catharose de Petri. Cette branche de la RC, appelée Rose Croix d'Or pour se différencier d'autres courants existants à l'époque de sa fondation, est partie de ce pays. Ensuite elle s'est étendue tout autour en Europe puis ailleurs dans le monde et est arrivée en France dans les années 50 où elle prospère assez difficilement à mon sens. J'esquisse ce qui me semble être les raisons de ces difficultés plus bas.

Le caducée d'Hermès, symbole du renouveau de l'âme (image empruntée au site de l'Ecole)

Le caducée d'Hermès, symbole du renouveau de l'âme (image empruntée au site de l'Ecole)

L'Ecole hérite sa philosophie des cathares, il s'agit donc d'un enseignement spirituel qui se veut être dans la lignée du christianisme originel, avec comme but ultime le développement de l'âme, de l'esprit et du corps. C'est pour cette raison qu'elle se qualifie elle-même de "transfiguristique". On est loin des spiritualités orientales dans lesquelles je baignais depuis plusieurs années, dont j'ai tracées les grandes lignes des enseignements et des pratiques dans les articles précédents.

J'attire ici aussi l'attention du lecteur sur une subtilité à repérer dans le paragraphe précédent, pour mieux comprendre une des difficultés qui a été les miennes pendant cette période passée dans l'Ecole : dans l'Ecole, il n'y a pas de maîtres, pas d'enseignants, pas de guides, il y a "l'Ecole", ainsi que la ligne spirituelle tracée par les fondateurs qui ont lancé une démarche de développement spirituel et, par là, qui ont fondé un système d'évolution intérieure et de transmission de la connaissance par le passage à travers divers degrés et initiations (appelées "installations"); dans l'esprit du moins, parce que dans les faits, ce n'est évidemment pas aussi simple. Je ne veux pas dire non plus qu'un maître a toute la vérité et qu'il est un passage incontournable. Nombre d'entre eux ont démontré qu'il fallait garder tout son discernement et sa capacité à réfléchir par soi-même. La vérité doit se révéler par le coeur et non par la bouche d'un tiers, quel que soit ce tiers (je recommande pour les personnes qui le désire la lecture du livre d'Andrew Cohen <Autobiographie d'un éveil> qui raconte son histoire et désenchantement par rapport à son maître de l'époque, et du coup qui en tire des enseignements intéressants). Néanmoins, celui qui a parcouru le chemin est très souvent d'une aide précieuse qu'il ne faut pas négliger.

Donc "l'Ecole" est le terme qui désigne "l'autorité générale", mais une autorité qui n'a pas de visage et pas d'autre nom que celui-là. Les élèves emploient souvent ce terme pour faire passer des messages, et on attribue à "l'Ecole" de multiples enseignements et savoirs. L'Ecole est tout à la fois :

  • l'ensemble des élèves,
  • la littérature (ou de ce que les élèves en ont compris...),
  • les enseignements qui passent à travers les services (ou de ce que les élèves en ont compris...)
  • que ce qui peut avoir été une compréhension qui s'est faite à l'intérieur des élèves qui s'expriment (ou de ce qu'ils croient avoir compris...).

Donc souvent, "l'Ecole" porte bon nombre de chapeaux et au fur et à mesure, il n'est pas évident de retirer l'enseignement originel de tout ce que l'on reçoit comme informations tellement les sources et les compréhensions sont diverses et variées. Je découvrais cela dès les toutes premières réunions d'informations, car les élèves animant les réunions étaient rarement les mêmes, donc avec chacun sa compréhension et son expérience, et souvent peu d'écoute, de connaissance et d'expérience d'autre chose. Comme dans d'autres courants ou traditions, certains peuvent être très dogmatiques, voire carrément fermés et sectaires. J'ai entendu de multiples fois qu'il y a "l'Ecole qui est la Vérité" et "le reste qui est le monde du mensonge"... Ce n'est qu'un exemple parmi bien d'autres de phrases qui sont un peu dures à entendre et vis-à-vis desquelles je me suis à chaque fois insurgées. Tous les élèves ne sont pas comme cela mais le fait de se construire sa propre compréhension du chemin sans autre autorité qui la sienne peut amener autant de vérité que de mensonge. C'est un sujet de réflexion que le lecteur peut se faire... Et c'est pour moi en tous cas une des raisons pour lesquelles l'Ecole a des difficultés à se développer. Pour avoir participé à plusieurs conférences publiques (un moment où des élèves présentent l'Ecole à travers la soutenance d'un thème particulier présenté au public), je me suis aperçu que cette approche pose de multiples problèmes aussi bien aux élèves qu'au public lui-même, qui vient d'horizons très divers, et qui ne comprend pas toujours pourquoi l'un dit blanc, un autre gris et un troisième, noir. 

Il y a tout de même un point important sur lequel je souhaite insister, c'est la quailté d'énergie véhiculée à travers les pratiques et même à travers les conférences publiques, selon les élèves qui l'animent. Celle-ci vient toucher le coeur puis à travers la purification du corps astral, pénètre le sommet du crâne pour aller éveiller la kundalini du bassin. Ce processus est appelé dans l'Ecole "l'éveil des trois kundalinis" : la kundalini du coeur, la kundalini de la tête et la kundalini du bassin (évidemment pas en une seule fois...). Je reviendrai plus en détail sur ce processus et les qualités d'énergies un peu plus loin. Car dès les premières réunions, plusieurs perceptions m'ont confirmé la réalité de ce processus, ce qui m'arrangeait bien puisqu'il a aussi la particularité d'être purifiant. Et c'est uniquement cet aspect qui m'a tenu dans l'Ecole pendant un peu plus de cinq ans.

Sur le site français de l'Ecole, on trouve la définition de ce qu'est "être un élève" :

Être un élève d'une école d'initiation signifie changement et renouveau

L'état d'élève de la RCO implique plus qu'une adhésion. L’École internationale de la Rose-Croix d'Or est une école d'initiation visant à la réalisation du chemin de transfiguration, la grande métamorphose de l'homme selon l'esprit, l'âme et le corps. Cette métamorphose demande une disposition au changement et une volonté de renouvellement.

En partant d'une profonde auto-investigation, l'élève est prêt à ajuster sa vie étape par étape en direction du but spirituel selon un processus interne continu. Après une période de préparation, il adopte certains changements fondamentaux dans son style de vie, comme ne pas consommer d'alcool, de tabac ni de drogues et suivre un régime végétarien, tout en se détournant intérieurement d'une vie égoïste ou égocentrique.


La Lumière est l'enseignant et le maître

Toutes les étapes ultérieures sur le chemin vers une conscience renouvelée résultent d'une participation régulière aux réunions et de l'expérience de la puissance spirituelle de la Lumière à l'unisson avec les autres élèves. Aucun enseignant ou maître ne se tient entre l'élève et la Lumière. Chacun suit le chemin selon sa propre autorité et à son propre rythme. La lumière elle-même est l'enseignant et la connaissance directe résultant de la Lumière est appelée Gnose - ou connaissance de Dieu.

L'état d'élève vise à réaliser les enseignements de la sagesse universelle dans la vie quotidienne et à servir l'humanité à un niveau spirituel. Ces buts augmentent le désir et la nécessité d'assister aux services de temple réguliers organisés par le Lectorium Rosicrucianum. Dans les centres locaux de l’École Internationale de la Rose-Croix d'Or, plusieurs services cultuels sont offerts chaque mois. Ces services durent environ une heure. Les élèves participent également à des conférences de renouvellement de l’âme durant un week-end dans l'un des centres de conférences régionaux.

Site de l'Ecole de la Rose Croixd'Or

Je reprends les deux thèmes extraits pour m'aider à décrire comment ça se passe au sein de l'Ecole.

"Être un élève d'une école d'initiation signifie changement et renouveau"

Changement : oui, on est poussé à l'introspection et au travail sur soi, et en cela, l'Ecole met tout en oeuvre pour que la connaissance de soi soit le principe premier à appliquer pour la transformation dans laquelle on se sera engagée en entrant. Je n'irais pas jusqu'à dire que l'on souffre, car la souffrance est souvent relative à la manière dont on vit les situations, mais on est très souvent bousculé, ne serait-ce que parce que tous les élèves ensemble dans un mouvement de transformation, avec chacun ses problématiques et ses confrontations nécessaires, ça n'est confortable pour personne. Donc les interactions entre les élèves poussent au moins au questionnement sur soi-même, si on n'est pas complètement fermé et obtus. Donc des changements, il y en a, car plus on progresse dans les degrés, plus le rythme s'accélère (rythme des conférences, des réunions, des travaux à réaliser et donc des interactions entre élèves et avec le monde), plus on est sollicité (par les oeuvres pour lesquelles la direction spirituelle trace des lignes de force), et plus on peut se sentir bousculé (on peut ne pas être d'accord avec tout, ou ne pas avoir la disponibilité, ou l'argent, ou l'envie,...). Car de nombreuses résistances se lèvent, ce qui est plutôt normal quand le Divin oeuvre à conquérir le territoire humain devenu, pour la plupart d'entre nous, une terre en friche habitée par nombre d'indésirables.

Renouveau : j'en suis moins sûr... Certes, des petits changements successifs s'opèrent, en commençant par l'alimentation car l'Ecole demande à ce que l'on soit végétarien, si on ne l'était pas déjà. Mais de là à parler de renouveau, l'Ecole dans son stade de développement actuel, donc au final les élèves (puisque l'Ecole est avant toute chose le groupe des élèves en oeuvre), peuvent peut-être se sentir dans une forme de renouveau intellectuel, peut-être dans l'esprit, par le fait que l'énergie travaille en profondeur et oeuvre à la transformation, j'ai vu des coeurs s'ouvrir et d'autres rester fermés, mais je n'ai jamais vu personne (je ne dis pas qu'il n'y en a pas, seulement que je n'en ai jamais vus) qui a fait suffisamment de chemin pour démontrer une transformation. telle qu'enseignée. D'ailleurs, les élèves se nomment eux-mêmes "la jeune fraternité gnostique", preuve au moins d'une certaine lucidité. Pour être un peu plus mesuré, il est vrai que certains élèves ont vécu des expériences fortes qui ont changé leur vie, j'en conviens, mais pas au point de transformer l'humain en eux.

"La Lumière est l'enseignant et le maître"

Le propre de la Gnose, c'est que la connaissance vienne de l'intérieur de soi. Mais dans les faits, l'Ecole propose une abondante littérature en plus des services de temple ainsi qu'une revue trimestrielle. Certains élèves sont conférenciers, d'autres sont "ministres du culte", et lors des réunions, même si tout le monde a le droit de s'exprimer, il n'est pas rare d'entendre des inepties qui viennent d'élèves anciens ou de jeunes élèves qui se sentent pousser des ailes. Quand on est 15 ou 20 par réunion, que chacun veut exprimer quelque chose, souvent une problématique personnelle ou une incompréhension, et que la réunion ne dure qu'une heure juste avant le déjeuner, on n'a pas vraiment le temps d'approfondir les notions et de traiter chaque sujet. D'ailleurs, la plupart du temps, les réunions tournent au groupe de thérapie et l'on se retrouve pris en otage (du moins c'est l'effet que ça me faisait) à écouter les détails de la vie des uns et des autres à longueur de réunions, sans que le sujet initial lancé comme un pavé dans la mare au démarrage ne soit toujours recadré par l'animateur. Bref, pour moi au moins (mais aussi d'autres avec qui j'ai beaucoup discuté), les réunions étaient une vraie perte de temps et d'énergie. Mais encore une fois, ce n'est que la façon dont je les vivais, certains devaient y trouver leur compte. Donc sur le principe, et certainement pour des élèves avancés sur le chemin (je dis "avancés" pour signifier que le travail de connaissance de soi leur a permis des ouvertures énergétiques et des compréhensions profondes), des vérités personnelles ont pu se révéler et le processus progresser en eux. Pour ma part, c'est plutôt dans les expériences intérieures et dans les perceptions subtiles que j'ai exploré ce travail.

La Rose au centre de la Croix, symbole de l'âme naissante dans le Coeur (image prise sur le site de la RCO, Lille)

La Rose au centre de la Croix, symbole de l'âme naissante dans le Coeur (image prise sur le site de la RCO, Lille)

Dès les premières réunions d'informations, j'ai observé que l'énergie travaillait à la fois sur le coeur et par le sommet du crâne. Puis tout au long de mon parcours dans l'Ecole, l'énergie descendait le long de la colonne vertébrale avec parfois des sensations dans le sacrum. Tout mon problème était donc de laisser pénétrer l'énergie tout en permettant le nettoyage des forces qui avaient pris possession de mon système d'énergie et de l'esprit. Et en cela, l'énergie de la RCO m'a beaucoup aidé. Tous les élèves s'accordent à dire que la Lumière qui oeuvre dans l'Ecole est la Seule Vérité et en cela, en effet, Dieu qui est Lumière est la Seule Vérité. Tous les élèves ne ressentent pas ce processus aussi finement, d'ailleurs même, bien peu le ressentent vraiment oeuvrer en eux de la manière dont je l'expose. Par contre, la littérature en parle abondamment. Certes, ils vivent des expériences, parfois fortes, mais l'Ecole demande de ne pas en faire cas et de ne pas les exposer. Pour ma part, je trouve ça dommage, car même si, en effet, en parler peut poser des problèmes, ne pas en parler peut aussi être perturbant. Et j'ai souvent écouté des élèves anciens me parler de leurs expériences intérieures avec un grand sentiment de soulagement. C'est ce qui m'a convaincu que dans l'Ecole, il manquait ce que je pourrais appeler "un guide" (pour ne pas dire un maitre), qui a réalisé le processus d'éveil des kundalinis suffisamment loin pour servir les autres élèves. Il y a dans l'Ecole, du moins dans la période où je l'ai fréquentée, ce que j'avais pris au départ pour une pudeur, puis ensuite comme une règle de ne pas en parler, mais en fait c'est un déni pur et simple de ce genre d'expériences. Or, cela fait partie du chemin et tout élève sérieux sera un jour confronté à de telles expériences. J'espère que cela évoluera positivement avec l'évolution de la conscience des élèves.

Une fois le stade de sociétaire passé, on me proposa d'entrer véritablement dans l'Ecole et de devenir "élève préparatoire". On m'exposa les changements à mettre en oeuvre dans ma vie pour pouvoir accéder à ce niveau. Et l'un de ceux-ci était de signer une "profession de foi" dans laquelle on demande l'exclusivité de l'élève pour l'Ecole, d'abandonner toute pratique qui n'est pas en accord avec le chemin et de devenir végétarien, pour les grandes lignes. Un dirigeant me téléphona même une après-midi en semaine pour me demander d'arrêter le Reiki (que je ne pratiquais plus mais une fiche d'identité préalablement remplie demandait quelles étaient les pratiques en cours ou apprises, je n'avais signalé que le Reiki...). Pour être bousculé, j'ai été bousculé, même heurté. J'ai re rédigé la profession de foi à ma manière, c'est-à-dire en phase avec ma conscience, car sa rédaction ne me semblait pas juste et j'ai indiqué à l'élève qui m'avait appelé que je ne comprenais pas cette ingérence dans ma vie privée. Il m'expliqua que l'Ecole met tout en oeuvre pour garder le champ de forces aussi pur que possible ! Puis pus tard, un autre dirigeant m'appela pour me dire que j'avais mal interprété la profession de foi et qu'il fallait que je signe la leur et non la mienne, en m'expliquant bien que je gardais toute ma liberté... J'ai donc réfléchi plus longtemps puis j'ai fini par accepter car je voulais savoir ce que l'on vivait lors d'une "installation", mais il fallait attendre la suivante, j'avais loupé le coche de la session pour laquelle j'avais été inscrit, et il n'y en a que 2 ou 3 par an.

Le jour venu, le rituel était le même qu'un service de temple classique mais avec une partie réservée à "l'installation à l'état d'élève préparatoire", nous étions plusieurs ce jour-là à franchir ce pas. Je parle de rituel car l'initiation est très codifiée mais il n'y a aucune intervention physique sur nous. A l'appel de notre nom, on se lève, on dit que l'on accepte puis on se rassoit, rien de plus. Une fois mon tour passé, je me rassois donc et ferme les yeux. Je vois alors en face de moi des chevaliers cathares qui me regardent par ma gauche et sur ma droite, un rayon rectiligne aux 7 couleurs de l'arc-en-ciel qui descend du Ciel. En fait, par cette installation, on reçoit déjà tous les aspects des énergies du travail gnostique, tout degré confondu, de telle façon que tous les aspects de l'énergie en oeuvre dans l'Ecole soient à même de travailler sur nous dès l'entrée dans l'Ecole. Chaque installation suivante est une confirmation plus profonde de notre engagement et dans le travail gnostique, mais ce n'est pas tout. Quant aux chevaliers cathares, ils nous invitent à poursuivre le travail qu'ils ont commencé. J'ai d'ailleurs assez souvent vu des chevaliers cathares descendre autour de la chaire dans le temple lors des conférences de renouvellement, dans le subtil bien entendu. J'ai eu l'occasion de voir également d'autres phénomènes lors de ces conférences, initiés par le Ciel souvent.

Lors des premières conférences, il n'est pas rare de s'endormir pendant les services. C'est un phénomène que l'on rencontre régulièrement et pas que là. Dans le cas de la RCO, l'énergie qui travaille sur le corps astral libère d'entités qui créent des tensions psychiques et physiques, ce qui amène le corps et l'esprit à se détendre et donc le sommeil arrive naturellement. Une fois que la période sommeil est passée, qui peut durer plusieurs mois voire années, ou apparaître de temps à autres, j'ai surtout vécu des purifications conscientes d'entités lors du travail de l'énergie dans mon corps. L'effet purifiant de l'énergie est donc tout à fait avéré. Quand je me promenais dans le parc, il n'était pas rare non plus de voir des phénomènes lumineux, des éclairs dorés, des rayons blancs ou mauves,... Les centres de ville, mais surtout les centres régionaux (il y en trois en France) sont tout à fait enclins au travail énergétique et au travail sur soi, ils ont été convenablement préparés pour cela et sont quotidiennement entretenus en ce sens. Le centre international encore plus. Lorsque l'on pénètre dans ces lieux, on est vraiment travaillé(s) par les énergies, ils valent donc tout à fait le déplacement. Mon principal problème a surtout été les élèves eux-mêmes, ou plus exactement, l'interaction avec le groupe des élèves, ma propre "culture" n'a jamais réussi à véritablement s'intégrer à celle des élèves...

Au bout d'un an de préparatoire, on me proposa le deuxième niveau, celui "d'élève probatoire", considéré comme le niveau le plus difficile de l'Ecole, car étant celui qui nous confronte le plus à notre vérité intérieure. Pendant l'installation, l'énergie a été forte mais je ne me souviens pas avoir vécu quelque chose de particulier. Et il est vrai que cette année d'élève probatoire a été particulièrement difficile. D'abord j'étais très mal dans ma peau, les énergies shivaïtes faisant rage en moi, m'empêchaient de dormir et me mettaient dans des états intérieurs très sombres. A chaque fois que j'étais à un service, j'étais très agité, il me fallait faire de gros efforts pour ne pas me faire embarquer par le froid polaire qu'elles généraient en moi, provoqué par la confrontation avec les bonnes énergies. Et puis c'est lors de cette année de probatoire que j'ai pris conscience du mensonge sur lequel j'avais fondé mon couple et qu'il ne pouvait plus être possible de vivre ainsi. C'est donc cette année-là que je pris la douloureuse décision de quitter mon épouse et de divorcer pour vivre seul le chemin de mon côté. Un peu avant cela, j'avais repris mon travail en entreprise, que j'ai vécu comme un échec personnel puisque j'avais échoué dans mon travail de thérapeute. Bref, c'était une année de grand ménage et une grande remise à blanc de mes choix et de ma ligne de vie. Je n'aspirais qu'à de la paix, mais je n'étais pas au bout de mes peines. Je pense que c'est en partie grâce à ce travail que le nettoyage émotionnel a pu se faire relativement vite. En effet, je prenais appui sur le travail énergétique de la RCO pour me laisser pénétrer par le plus de Lumière possible, ce qui ouvrait des noeuds en moi qui, en décristallisant les émotions, me permettait également de me libérer des entités et des serpents shivaïtes qui entretenaient et s'accrochaient à tout ce chaos intérieur, jusqu'à un certain niveau du moins. En parallèle, je dois dire également que la Lumière Divine rencontrée grâce à Paul et l'énergie du Supramental de Sri Aurobindo continuaient à travailler en arrière plan. Et c'est presque avec soulagement qu'après un an passé à l'état probatoire, on me proposa de passer à l'état d'élève confessionnel.

Cette installation se passa dans le centre parisien avec plusieurs autres élèves de différents centres. Le rituel est à peu près le même que les précédents. Je me souviens d'un phénomène assez impressionnant ce jour-là : une fois avoir accepté l'état d'élève confessionnel, j'ai senti l'ensemble de mon corps monter en vibration d'un seul coup, comme si toute ma corporéité entrait dans l'état confessionnel, un peu comme si j'avais passé un portail énergétique. Après cela, énergétiquement parlant, je me suis senti beaucoup plus en phase avec l'état vibratoire de l'Ecole, c'est une expérience assez curieuse, je me sentais dans des vibrations plus hautes, plus empreintes de Vie. Mais ça n'allait pas durer bien longtemps car mon corps montant en vibration, les confrontations avec des aspects plus profonds de la conscience allaient devoir me faire faire des choix nécessaires, mais pas forcément dans l'axe de l'Ecole. Je m'explique.

Arrivé à ce stade, l'Ecole propose aux élèves de participer à des activités de développement. Elle demande donc de s'investir dans différents chantiers initiés par la direction spirituelle. Quand je dis qu'elle demande, en fait, on reçoit un courrier qui nous impose de participer au fonctionnement de l'Ecole et à son développement. En ce qui me concerne, il me fallait participer au "travail pour le public". Or, mon but n'a jamais été de faire la promotion de l'Ecole, en encore moins d'en faire le passage obligé de tout chercheur spirituel. Je devais me raccrocher au groupe déjà constitué oeuvrant à cette tâche et suivre la ligne de développement tracée, en étant toutefois sollicité pour donner mon avis sur la manière de développer l'Ecole dans l'axe déterminé. Finalement, il y avait peu de possibilités d'être créatif car toute initiative devait être validée par la direction du chantier, qui devait soumettre à la direction nationale puis à la direction spirituelle. Au final, il fallait distribuer des tracts et proposer des créneaux pour que les intéressés puissent nous aborder. Beaucoup de portes sont fermées aux groupes qui veulent se faire connaître et même si l'Ecole est reconnue aujourd'hui comme une association cultuelle (loi 1905), elle n'a pas beaucoup d'opportunités de se faire connaître sur la place publique. Donc il faut avoir une démarche disons "volontariste" pour aller à la rencontre du public, qui doit y trouver un intérêt suffisant pour appréhender les concepts et la démarche de l'Ecole.

Déjà ce n'est pas donner à tout le monde de faire ce travail de transformation intérieure. En plus, le faire dans l'Ecole de la RCO est un choix qui se réfléchit, car il existe d'autres possibilités. Et vouloir que l'Ecole soit connue par un grand nombre et qu'un maximum de personnes y adhère est une illusion et, pour moi en tous cas, une méconnaissance de l'état dégénéré du monde. De mon point de vue, ça ne peut passer que par le témoignage des élèves et par l'affichage clair de tout ce que représente l'Ecole. Or, c'est bien là que le bât blesse, car l'Ecole ne me semble pas claire dans sa communication, mais c'est à chacun d'apprécier... D'un côté, Elle demande à ce qu'on ne parle pas des expériences intérieures mais d'un autre côté, demande à ce que l'on expose la "carte du chemin". Donc les explications ne peuvent apparaître que comme mentales et donc décalées de la réalité, d'une réalité qui, quoi qu'il en soit, a clairement du mal à être exprimée par les élèves eux-mêmes. Mais en même temps, c'est normal, s'ils ne perçoivent pas le travail des énergies et qu'ils vont chercher l'enseignement dans les livres. Des personnes qui veulent entreprendre un travail spirituel visant à la transformation intérieure, il n'y en a déjà pas beaucoup, mais si en plus elles ne voient pas et ne sentent pas la réalité en l'interlocuteur, comment les faire adhérer ? Et si je pousse plus loin, est-ce qu'il y a quelque chose à faire pour que ceux qui se sentent poussés par ce  travail y adhèrent ?

Personnellement, je pense qu'il n'y a rien d'autre à faire que d'être dans l'information et dans l'accueil de ceux dont le coeur est "déjà semé", comme le dit la Révélation d'Arès. Donc je n'étais pas en phase avec cette démarche volontariste ni avec la ligne de travail imposée, et nombre de fois j'ai du aller à la confrontation du groupe de travail local pour leur expliquer que je n'étais pas partie prenante de la démarche et que je ne voyais pas les choses comme eux. Puis, las, j'ai demandé à la direction (je ne sais plus laquelle, il y en a beaucoup dans l'Ecole) de ne plus faire partie de ce travail, ni d'aucun autre d'ailleurs, et j'ai eu le droit à une remontrance nette d'un dirigeant en pleine conférence de renouvellement, ce qui m'a passablement et une fois encore heurté. Mais c'est aussi à cause de cela que je n'ai probablement pas pu accéder rapidement au niveau suivant (pure spéculation, j'en conviens !). Non seulement il fallait attendre le quota d'années, au minimum trois ans à ce stade, mais ma décision a certainement été prise comme une volonté de ne pas participer au fonctionnement de l'Ecole. Or, comme je l'ai signalé, ce qui m'importait était surtout le travail intérieur et le témoignage du vécu, dans une présentation comparée de plusieurs pratiques, ce que j'aurais trouvé plus intelligent. Et quand j'ai proposé de prendre en charge ce travail, je n'ai trouvé aucun sponsor interne, donc j'ai laissé tomber.

Quand je disais que l'interaction avec certains élèves me posaient pas mal de soucis, c'est parce que j'ai observé des comportements qui selon moi ne sont pas dignes de chercheurs spirituels sincères et c'est dans cette perspective que j'ai été obligé de faire face à mon propre engagement. Il faut savoir une chose, et c'est valable pour tous les chercheurs, qu'ils soient dans l'Ecole ou pas, c'est que quand l'ego se subtilise, il devient particulièrement dangereux, et c'est davantage là où il faut faire preuve d'humilité et d'une grande vigilance, pour soi et pour les autres. Ainsi, le travail énergétique peut être détourné au profit de l'ego qui peut devenir alors un très grand manipulateur, utilisant à son profit la force acquise dans le psychique par la purification. Et ce phénomène est fréquent parmi les élèves les plus anciens, ce qui constitue un blocage certain de l'évolution de la conscience de l'Ecole. Je ne vais pas davantage rentrer dans le détail, mais c'est le reproche majeur que je ferais à l'Ecole, c'est qu'à aujourd'hui, Elle n'est pas à la hauteur de ce qu'Elle prétend être, la nature humaine y est trop prégnante, les jeux de pouvoir trop présents, l'ignorance trop mélangée à la connaissance,... En même temps, vu l'état dégénéré dans lequel on se trouve, il est difficile d'en être autrement. D'ailleurs, certains services internes sont très durs envers les élèves ! L'Ecole, dans ses exigences et sa ligne directrice, ne transige avec rien, Elle demande beaucoup, mais en retour, les élèves ne suivent pas forcément. Ce que je veux dire, c'est que le constat que je fais, qui est dur je le reconnais, est fait également en interne, par certains élèves à l'esprit éclairé et intelligent.

Les énergies présentes creusent en l'humain mais cet humain résiste, souvent non pas frontalement, mais de façon très insidieuse, ce qui échappe à la plupart des élèves, même dans les degrés élevés. Et quand cette nature humaine est en groupe, il y a les jeux d'influences et de pouvoirs, il y a les aspects mondains et bourgeois qui tiennent des "salons où l'on cause" certes, mais souvent pour se faire plaisir, peu pour travailler sur soi... Je n'ai pas parlé non plus de l'argent, des temples qu'il faut entretenir, des appels au don permanents pour renflouer les caisses et les projets de rénovation, du prix toujours croissants des conférences où il faut aller de plus en plus souvent, chaque degré demandant d'aller à davantage de conférences, du tarif de l'adhésion lui aussi qui augmente avec le degré,... ni de la hiérarchie des directions qui en fait un système complexe et lourd.

Je n'ai plus supporté tout cela, même si je le répète, les énergies sont particulièrement fortes et permettent un travail profond sur soi. Je ne pouvais plus me sentir bousculé par les uns et les autres, et peut-être qu'à un autre moment, j'aurais eu la force de dépasser cela pour continuer dans l'Ecole. Mais il me fallait de la paix, une liberté et une créativité que l'Ecole ne m'offraient pas. Il me fallait certes sortir de l'ornière dans laquelle j'étais et même si l'Ecole m'offrait cette perspective, je n'avais pas la force ni la motivation pour aller à la confrontation de tout ce qu'il y a à revoir en son seing. J'ai donc continué le temps que s'ouvre une autre porte. Puis j'ai fermé celle-là.

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